Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/07/2013

Geoffrey Gilson

geoffrey gilson.jpg

 

 

La souricière est un piège, pas un nid de souris. Quand nos rêves, nos élans sentent le rance, c’est signe d’impatience ou d’impasse ?

 

Rien. Rien ne passe. Rien ne filtre.

 

Je ne demande que ça : être ! Sans retenue, sans suspicion. Avoir confiance. Ni mensonge, ni carapace mais il fait si froid pour celui qui se met à nu.

 

Poète poseur de mots, poseur de sens passé le mur du sens. Creuseur de parole, démineur de langue. Mineur d’un art mineur.

 

Je suis chercheuse. Je cherche. Questionnement mosaïque.

 

Après le nu, l’os.

 

 

Cg in Celle qui manque (Asphodèle 2011)

14/07/2013

Gema Gonzales

Gema-Gonzalez.jpg

 

Voir d’un séisme l’impossible éclore. Déraciner les visions, les poser entre les pattes d’un puma. Chercher le cercle vivifiant, la farouche saveur des marges où les plantes palpitent dans un froissement de forêt.

 

cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

 

13/07/2013

Jacques Prévert - Les amants

Jacques prevert-les amants.jpg

 

 

Impalpable

Caillou glissé

Sous les pas

Quotidiens

L’amour dérange

Interpelle et démange

L’amour n’a jamais

Le visage qu’on lui prête

L’amour se plait

Sans queue

Ni tête.

 

Cg 2002

in Histoires d'aimer, histoires d'amour

 

 

 

12/07/2013

Jacques Prévert et De profundis

jacques prévert 6_n.jpg

 

DE PROFUNDIS

 

Sous les girandoles salées

Creuser à mains nues

La fosse de l’âme 

Y saluer les licornes

Venues par deux

Jumeler silence

A la nacre du monde

 

Creuser

Creuser à mains nues

Les anfractuosités de l’être

Au parfum de fange

 

Poissons polychromes

Antédiluviens

 

Une barque en silence

De sa proue effilée

Pourfend ma mémoire

 

Je creuse et tu viens fantôme

A la flottante chevelure

Parmi les nénuphars clos

Je creuse jusqu’à ce que jaillisse

La source

 

Nue je creuse

Dans les sables de l’âme

Sa fosse océane.

 

 

cg in Mystica Perdita, 2009

11/07/2013

František Drtikol

František Drtikol5.jpg

 

 

La sève ruisselle. Son chant écorce l’univers et la nuit frissonne en songeant au festin.

Nous voici disloqués. Éblouis, transis, illuminés. 

 

Tout brûler et repartir, de déchirure en déchirure. Faisceaux d’un élan unique.

 

 La toile se recréé. Perdre en apparence, gagner en vigilance.

 

 

Cg in Les mots allumettes (Cardère 2012)

 

 

 

10/07/2013

Grace Kim - Constellations, 2012

Grace Kim constellations, 2012.jpg

 

 UN RATÉ DANS LE CŒUR

 

 Au mariage de mes prunelles, j’ai chaussé mes beaux souliers de passion, le cul en colimaçon et du désir plein les mamelles. Sur le magma frais de la nuit, toutes les étoiles formaient une mosaïque éclatée pour ma tête balbutiante. L’odeur de l’aventure m’enivrait.

 

Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d’homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C’est de bon cœur que je m’apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j’entendis pleurer les bombes et je vis l’automne passer sous les rails. Oui Monsieur ! J’ai donc ôté mes souliers et j’ai même ôté mes pieds avant de me glisser, sans rien de plus à dire, sous cet atome de soupir où vous m’avez trouvée.

 

 

 Cg, 2001

 

 (in Papillon de nuit - Franche Lippée, Ed. Clapàs, 2001)

 

 

 

 

09/07/2013

Frédéric Fontenoy - Allez, copulez maintenant !

Frédéric Fontenoi 2.jpg

 

ALLEZ, COPULEZ MAINTENANT !

 

Sexe ! Et l’amour devient risible… Voyez la bête à deux têtes ! Jolies queues et belles chattes font tourner le monde mieux que n’importe quelle sévère soutane ou stricte cravate, quoique celle du notaire a les mamelles fières. Pardonnez moi, je m’égare, et c’est si facile quand le hasard mouille au fond des culottes…

Je t’aime, moi mon cul, mais pourtant c’est pareil ! Notre cul, messieurs, c’est votre soleil, celui qui chauffe les entrailles de votre imagination, qui vous tient, qui vous tenaille et vous assomme avant le sommeil.

Notre cul encensé, convoité, censuré, idolâtré, montré du doigt voire de plusieurs, critiqué, exploité, malaxé, ouvert à pleines mains cette fois, exposé, tripoté, fouillé, défoncé, banni, maudit, brûlé vif sur des bûchers ! 

Si bien qu’aujourd’hui, si ça ne nous envoie pas en taule, ça paye très bien de le montrer ce cul, sur petit et grand écran ou papier plus ou moins glacé, professionnel ou amateur, dans tous les foyers grâce à la suprême maquerelle informatique ! Qui n’a pas eu son pain de fesses ?

Des milliers de crétins suspendus par la verge au plus beau cul de la semaine, peu importe de savoir à qui il appartient, ce qui est certain c’est qu'il rapporte. Et il rapporte quoi au juste ?

Qu'est-ce que ça peut nous faire ? Nous aurions tort de cracher sur ceux qui l’ont compris car si nous sommes assez cons pour nous payer des culs, sur tous les supports imaginables y compris la chair, alors qu'il y en a qui n’ont même pas assez à manger pour utiliser le leur à des fins pratiques, c’est à dire pour chier, il est normal parfois de se faire enc… quelque part, non ?!

Pardonnez moi, je deviens très grossière… Mais n’est-ce pas ce que vous aimez, les mots grossiers, les mots cochons susurrés à l’oreille, mots interdits qui donnent le petit frisson supplémentaire ?

 

Le plaisir a depuis toujours faussé compagnie à la morale et aux inquisitions. Le péché de chair a été inventé par des hommes vicieux, jaloux et avides de pouvoir, le diable a été inventé pour dominer les masses indisciplinées, et des siècles et des siècles plus tard, le joug est encore présent, imprimé dans nos cerveaux, mais certainement pas dans nos cellules. L’imagination mélomane aime les accords en rut majeur…

Danser la danse du loup. Forniquer, copuler. Trousser, harponner, croquer, saillir !

Viens-donc ! Je suis la femelle tant redoutée, la dévoreuse, l’insatiable, de celles que l’on a enfermées, pendues par les pieds, chassées, brûlées, réduites au silence pendant des siècles et que l’on pourchasse encore de par le monde ! Indomptables mais si généreuses…

Une femme n’a t-elle d’autre choix que le camp des salopes ou la névrose ?

Il est bien plus difficile d’assumer son plaisir que de critiquer celui des autres, n’est-ce pas ?

Quant aux hommes, vos queues ont déjà choisi pour vous et quoiqu’elles fassent, vous êtes toujours le sexe respectable. Un gars, une garce, un péripatéticien, une péripatéticienne, un entraineur, une entraineuse etc. Maintenant pour être une parfaite salope, mieux vaut avoir des atouts et comme encore une fois, c’est vous, messieurs, qui faites les règles du jeu, ce sont des atouts avant tout plastiques. Trop laide, trop maigre, trop grosse, trop vieille, pas assez comme ça ou trop comme ci, qu’une femelle désire assumer pleinement sa sexualité, ses désirs et la voilà sur un chemin de croix à défaut de cœur ? Vous riez ?

Pensez à toutes les saintes anonymes qui vous permettent de vous éponger sur elle, en échange de quelques billets, que vous soyez maigre, gros, sale, édenté, boutonneux, poilu, mou ou puant de la gueule, des pieds, de tout ? Vous riez encore ?

Hypocrisie puritaine, fanatisme religieux, négation et stigmatisation du naturel d’un côté et de l’autre :  exploitation de la chair et de votre misère sexuelle, explosion du sexbizness. Entre les deux, l’être humain. Une déviance, un non-sens, un monstre de beauté, un ange raté, un menteur éhonté.

Nous devrions être les propres peintres de notre sexualité. La toile n’a jamais été blanche mais à nous de jouer avec les couleurs, de projeter tous nos fantasmes, qu'ils aillent éclabousser les contours trop propres, de longues coulées de jus salée sur les lignes trop droites, brouiller la piste pour tout ceux qui suivront car non, il n’y a jamais eu de règles, tout est sans cesse à inventer, en mouvance, n’en déplaise à la pornographie institutionnelle patriarcale et judéo-chrétienne.

Trop de cul ! Pas assez ! Plus encore ! Jusqu’à la nausée, jusqu’à ce que ça ne veuille plus rien dire, alors on touchera à l’essentiel, au-delà, bien au-delà de nos agitations de fourmis lubriques, de cette quête éperdue que l’on ne comprendra jamais, car enfin, avouez, l’amour est bien peu dans tout ça.

L’amour, une belle couverture, un emballage digne, l’amour c’est de l’amitié au-delà du raisonnable, l’amour, c’est la plus belle et la plus étrange invention de l’homme pour justifier sa nature animale et contrer ses peurs viscérales. C’est peut être aussi une poussière d’étoile ou une goutte d’eau pure qui tombe sur nos paupières et nous réveille un beau matin, le cœur retourné vers le ciel.  

 

CG - 2001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04/07/2013

Horst P. Horst - Electric beauty 1939

 

 

Horst P. Horst Electric beauty 1939.jpg

 

 

 

Trafic compulsif de mégots, chaque surdose ouvre l’accès à une vidange.

A cause des fuites de fissures, chaque égratignure est un tag stratégique.

 

On risque la panne pour cause de grumeau dans la matière. Prendre la pose en ignorant la férocité des horaires, des objets lisses achetés en ligne et la puanteur colorante des somnifères qui s’affichent en pâtes de fruits. Des fantômes cauchemardesques taillent des pipes par poignées.

 

Architecture de puces frénétiques en batteries urbaines, les ornières pleines de gaz et d’ordures.

Toison et colifichets en vitrines, les aiguilleurs qui tripotent les trottoirs ont le catalogue élastique.

Dans des alvéoles en cartons, dorment des reptiles enchaînés de 12 centimètres. Le béton dégueule de pancartes, de discours qui font pousser sur les balcons des émotions grasses.  Les silos biodégradables encombrent les agendas.

 

Mais nous serons sauvés par les klaxons du culte, et nous suspendrons le moteur de nos crânes sur des cintres flasques. Nous entreposerons les cages hivernales, le gravier et les sondes dans les embrasures du métro. L’acide moribond au fond des casseroles, les panneaux compressés au fond des tiroirs. On posera un couvercle en skaï sur le millefeuille, consigné au bureau des décors accidentés. Le mot nucléaire sera liposucé car chacun sait que quand la passoire crépite, la tamponneuse de trachée.

 

Pour les statistiques, les colliers des pèlerins funambules seront confisqués et les origamis hallucinatoires autorisés uniquement sur le périphérique de l’évier. Une ordonnance sera délivrée pour les urgences, selon l’indice de voracité.

 

Pour les humiliations glauques, les charognes devront être sanglées dans les poubelles.

 

Muni d’un dé, chaque échéance pourra conduire à la déchéance.

Le nivellement de l’insolence se fait à hauteur de capot, sous peine d’être concassée à perpétuité.

 

 

Cathy Garcia, 4 juillet 2013

 

 

 

Edward Pustovoitov - Autumn Still Life, 1997.

Edward+Pustovoitov 8.jpg

 

 

Le hamac sous les vitraux feuillus est un ensorcellement. Ces journées toutes neuves d’automne ont la volupté d’un fruit mûr, un parfum de soleil poisseux et sucré.

 

 Cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

 

03/07/2013

Fernand Khnopff - Le silence de la Neige, 1916

Fernand Khnopff, le silence de la Neige 1916.jpg

 

TOI MORTE

 

Ton corps repose

D’un sommeil pâle

Je t'écoute rêver

 Sous la fraîcheur

De la dalle

Le vent souffle

Sur ma tristesse

Et toi lisse et douce

Tu cherches

La lumière.

 

Cg, 1993

 

01/07/2013

Art Venti - The Underside of Up

Art Venti - The Underside of Up. Colored pencils, 45x34 in_n.jpg

 

 Se perdre…

 

 Dans la touffeur du cœur, une quête

et l’aube dépose une nouvelle rose dans la boite d’allumettes. 

 

Chaque solution n’est toujours qu’une étape.

 

 L’animal, l’étoile, la graine, le vent, l’eau, l’acide, les limbes et les cimes.

 

 La cueillette du jour lavée au lait des nuits.

 

 

Cg in Les mots allumettes (Cardère 2012)

 

Alfred Kubin - The fear (1902-1903)

Alfred Kubin (1877 - 1959), the fear 1902-1903.jpg

  

ALLONS-Y

 

Le passé. Le passé réfugié derrière les remparts de la mémoire. Une clé avalée en entrant, en naissant je veux dire, né sans… Trop pleine déjà pourtant ! Déjà tracée l’étoile truquée, pour finir au panier de toute façon, oubliée. Automatiquement, fantomatique-ment oubliée.

 

Dans mon passé à moi, mon cher passé, d’un puits profond, une flamme tremblante ne cesse de remonter, remonter. Les a t’on déjà connu ces vents froids qui passent entre les grilles ?

La mémoire ! Forteresse et oubliettes.

 

Depuis quand cherche t’elle à remonter cette flamme ronge-cœur ?

 

Veuve. Femme frappée du destin.  Femme vidée, juste une enveloppe, refroidie, pétrifiée par les larmes.

 

L’enfant fuit à tire d’ailes, la femme deux fois amputée continue de marcher, continue de ronger. L’enfant fuit la mort, puis la défie à défaut de pouvoir la défaire. Attirer loin au-dehors cette contagieuse tristesse, afin que la vie puisse enfin éclairer le fond du puits. La vie, l’émoi, la joie d’être femme. Habitée, vivante !

 

Je suis l’enfant de la veuve. Ma mémoire aux fossés pleins de larmes, pose encore l’interdit sur la douleur, les mots que je voudrais expulser.

 

Tombe d’amour

Rongée de vers

Les vers, les vers

La rime et la mort

Toujours et encore

A jamais

Trop tard

Trop noir

 

Ce trou dans lequel on tombe et dont on ne se relève pas. Le couvercle se referme. Les prêtres corbeaux, les ombres affamées, les fleurs puantes déjà fanées. J’avais peur de ces journées trop grises où il fallait aller au cimetière.  J’avais peur des larmes de ma mère, peur de mon désert. Peur de la pluie quand elle engloutit.

 

J’ai encore peur de la boite où Mimie Jolie dort avec les asticots.

 

J’ai grandi portant en moi cette terreur en gestation. Elle m’a façonnée de l’intérieur, creusant grottes et gouffres. J’y ai mis des cauchemars, des monstres, des mystères et de méchantes humeurs. Je suis la petite fille près de son papa endormi. J’attends qu’il se réveille comme une princesse de son long sommeil. Je suis petit prince impuissant à soulager sa mère.

 

L’écriture fleuve révèle des secrets enfouis, destins inaccomplis. Chercher, fouiller, sonder la vase, arracher de leur écorce moisie les vieilles douleurs muettes.

 

Pourquoi ?   

 

CG, 2002

 

28/06/2013

Lucian Stanculescu - Cephalopoda

lucian stanculescu cephalopoda_by_negativefeedback-d3i8d67.jpg

 

 

GALIMAFRÉE

 

excentricités du ver

pour échapper au compresseur

éclater la trame des jours

conventionnés

 

aiguille toxine camisole

chimique spectre cataleptique

affaissement confirmé

 

des poulpes noirs

collent des ventouses

sur les bouches

étouffent

brûlent

 

des insectes

à carapaces molles

escaladent les vertèbres

mordent la nuque

mastiquent les yeux

 

ordures

insanités

et ça grouille ça rampe

ça s’amuse d’un rien

 

les pendules dépressives

se pendent

mais le temps impassible

nous fait en souriant

 

un gros doigt

de pourceau

 

 

CG

in Ombromanie (Encres Vives 2007)

27/06/2013

Flor Garduño - Como un suspiro

flor garduno como un suspiro.jpg

 

POÈME, POÉSIE, POÈTES

 

S’habillent de noir

Les yeux perdus

Dans les vagues

Trempent un journal

Dans leur café froid

 

Mèches frondeuses 

Fantaisies du dérisoire

Vin d’étoiles acrobates

Bleus maudits aux rimes

Du monde écorché

 

Poème, poésie, poètes

S’habillent d’œil mûr

D’animaux étranges

 

Ils plument tracent

Transent et dansent

Boivent vrillent

S’ouvrent méandres

Les pépins gauches

Du désir

 

Fièvre

Poème

(c)rimes

 

Poème, poésie, poètes

Saignent infiniment

À nos cous

Pour des clous piqués

A la nuit noire.

 

 

 

cg in Mystica perdita, 2009

 

 

26/06/2013

Louise Bourgeois - Maman, 1999

Louise-Bourgeois-1.jpg

 

 

MAMAN

 

tu ficelas mon cœur

à mon âme fit celle

qui n’entendait pas

 

tu m’as menti

maman dit

je t’ai mendié

de l’amour

et de l’amour encore

corps et âme

tu m’as tout repris

 

tu m’as menti maman dit

tu ne m’as pas donné la vie

mais l’envie de mort

de mordre à pleine dents

là où ça fait mal

 

le réel

leurrer

elle

maman

 

elle me ment

maman dit

elle me ment

la vie 

 

in Mon collier de sel