Olivier Mattelart
Ma folie n’a de comparable que ma douceur.
cg in Journal 1995
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Ma folie n’a de comparable que ma douceur.
cg in Journal 1995
pencil on paper / 25.6” x 19.8”
Aux lèvres de l’abîme
Se penche un sourire
L’aube d’un désir
Grotesque et sublime
cg, 2001
in Toboggan de velours
Octobre, il fait chaud, quel bonheur ! |
Je marche tête basse pour mieux voir les formes, éclats, morceaux de calcaire. Je marche tête basse pour débusquer la beauté d’une racine, d’une branche tombée. Je marche tête basse pour ne pas écraser la fleur, l’insecte.
Quand vient le soir, je lève la tête pour boire au couchant. Quand vient la nuit je lève la tête pour m’enivrer d’un vin d’étoiles.
cg in Chroniques du hamac, 2008
Je ne veux plus être seule ! Je ne veux plus fréquenter des façades !
Je ne peux plus faire semblant de remonter la pente. Tout en moi a dégringolé au plus noir.
Bien sûr « je sais bien que » et « je sais aussi que » mais l’intellect est impuissant face au raz de marée qui me submerge. Je suis en manque, quel qu’en soit l’objet, je suis toujours manipulée par le manque !
Je ne m’aime pas, je ne me sens pas aimée et je me cache. Fuite dans l’impasse.
cg in Journal 1999
L’ABRUPT
Il y a ce moment honteux, irracontable, insupportable. L’orgueil léonin reste une forme d’amour, mais celui qui, sans même un dernier regard, s’éloigne hiératique vers le glacier du renoncement total, est-il sage, alpiniste ou suicidé ?
Pourquoi vivre est-il si violent ?
cg in Le baume, le pire et la quintessence
LARZAC
Plateau au-dessus de St Sauveur
Premier matin du monde
Lumière de l’Est
Un oiseau sautille sur la roue du ciel
Nuit dans le cercle de la yourte
Qui porte les traces de son ancienne vie nomade
Sur ses hauts plateaux natals
Pas d’artefacts pour touristes, tout est d’origine
La famille dort encore tandis que je vaque
Aux premières occupations du jour
Sur l’air des poules et des moutons
La vue s’étire à sa perte
Dans la lumière nourrissante
Cette sensation de pureté
Je rêve d’en faire mon quotidien.
cg, août 2008
J’aime les autres mais j’ai vraiment besoin de préserver un espace pour moi toute seule à l’extérieur comme à l’intérieur de moi-même. Un espace pour mon ombre, mon âme sœur, pour ma rencontre avec dieu. Je n’aime pas écrire ce mot, un mot peut être compris de dix mille façons alors que ce qu’il y a derrière est unique.
cg in Journal 1995
Jaillir, vivre. La source stagne au plus bas et dans les eaux stagnantes, pataugent les reptiles de l’esprit. Je me veux geyser, je veux jaillir, mais j’ai peur sans doute de mon coup de talon. Flamenco ? Trop de feu brûle, trop d’eau noie, trop d’air dissipe, trop de terre, enterre. Déterrez-moi, je vous le demande, déterrez-moi, je n’en peux plus de creuser.
cg in Journal 2010
Bains de solitude, de véritables bains de solitude et les yeux fermés,
palper les contours de l’ici et maintenant.
cg in Journal 2005
Un soleil baille et s’étire
Rayons érubescents
Dans l’échancré du jour
L'esquisse d’un chant
Mélopée d’amour
cg in Magie douce
Que les pensées lumineuses aillent rejoindre les ruisseaux de joie qui parcourent la terre,
quant aux autres elles sauront toujours trouver leur chemin, pas de soleil sans ombre…
cg in Journal 1998
Il y avait un ruisseau au fond du potager, l’Amazone,
et au-delà c’était la forêt, la grande, la vraie.
cg in Mon loup d'Amazonie
JOUR DE PLUIE
Dégringolé de déluge
Les murs
Accouchent
De ruisseaux
Un pianiste joue
Sur les gouttières
Je vois les toits
De Londres
Les minarets
D’Istanbul
Un vieil or de gare
Sous le lampadaire
Les filets du rideau capturent
Des poissons de lumière
cg 2001
in Magie douce
Une minuscule ferme somnole aux pieds d’immenses pylônes électriques. Dans la cour, des pigeons blancs ou peut-être des colombes, sont perchés sur une petite caravane cabossée. Grande étendue d'eau où le ciel vient se confondre. Moutons dodus mais gris comme le reste.
cg, novembre 1997, en route pour Zeebruge, Belgique
in Calepins voyageurs et après ?
Je suis dans un entre deux exaspérant, trop mais pas assez. Toujours des complications probablement parce que c’est plus intense et que c’est ce que l’on cherche, l’intensité, certains d’entre nous en tout cas. Les mangeurs d’étincelles. La poésie me sauve, elle est cette branche, elle amortit ma chute, permet de jouer avec l’apesanteur, elle canalise ma folie.
cg in Journal 2005