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05/10/2014

Philippe Claudel

 

j'avais dévalé la nuit. Le jour me prenait dans les parfums de fritures. Des ivrognes à l'angle d'un immeuble éboulé s'accrochaient à leur aube de tromperies et d'alcool de canne.

 

in Barrio Flores

 

 

Philippe Claudel

 

Dans le matin du quartier de tôles et de carton, dans le matin hésitant des chiens maigres et des loups de fortune

 

in Barrio Flores

 

 

04/10/2014

Jean-Marc La Frenière

 

La forêt par là est une zone érogène. Les arbres  y vivent au corps-à-corps, emmêlant leurs racines et le chant des oiseaux 

 

in Parce que

 

 

Henri Tramoy

 

J’habite un pays égaré. L’ivraie juste sous mes fenêtres. Il n’y a pas de corde à mon arc. Les cordes sont si tendues pour qui veut s’y pendre. Et juste entre mes doigts se plisse un paysage. Esquisse d’hymen-fourragère. Temps blafard. L’effroi seul altère mes déserts, ne garantit pas l’insolence des lianes. Le ciel, à tenir les étoiles, s’est fourvoyé dans les roseaux.

 

03/10/2014

Chief Luther Standing Bear, Teton Sioux

 

Le monde était une bibliothèque et les pierres, les feuilles, l’herbe, les ruisseaux, les oiseaux et les animaux en étaient les livres qui partageaient, pareils à nous, les bienfaits et les tourments de la terre. Nous apprîmes ce que seul apprend celui qui étudie la nature : à ressentir la beauté.

 

 

Jean-Marc La Frenière

 

 

Quand l’homme rêve c’est le réel qui dort. 

 

in Parce que

 

 

Sylviane Werner

 

Offre-moi des départs et des rades

le bât fardé de nos fourreaux m’évide

 il pleut des bordées de bruyères

 

il pleut

 

Arrime-moi tout près de Nantes

aux bleus-matins

 aux rets de rouille

 

in Désir

 

 

Masaoka Shiki

 

Descendant du cheval
dans le vent d'automne
j'ai demandé le nom du fleuve 

 

 

02/10/2014

Anne-Marie Schönfeld

 

Nous portons l’effroi

au plus profond

 de nous

 

Nous l’offrons en partage

à chaque nouvelle

naissance

 

 in La part de l’ombre

 

 

 

 

Proverbe toucouleur, Sénégal

 

A la richesse appartient la graisse à oindre les testicules

 

 

 

Jeremy Narby

 

La métaphore est ce qui permet de nommer les choses correctement, c'est-à-dire indirectement. C'est le langage double et entrelacé des chamanes, tsai yoshto yoshto comme disent les Yaminahua, language-twisting-twisting.

 

 

 

 

 

 

Claude Roy

 

Résumons la chose : langes, draps, linceul. 

 

in La fleur du temps, journal 1983-1987

 

 

 

 

Louis Savary

 

les mots réduits en fumée

dans le feu des autodafés

 ont tracé dans le ciel

un terrible poème

 

 

 

 

01/10/2014

Yves Béal

 

Tu me donnes ta brûlure, un cœur à découdre les routines, déjouer les complots. Arrive cette heure où nos yeux, au lieu de se courber sur l’ombre, s’ouvrent, s’écarquillent, encore à dire « sans doute ».

  

Le quotidien peut bien égrener sur notre dos sa malice grinçante, nous naissons de partout, la bouche plus affamée encore.

 

 Voilà, sans corde et sans fil, ce qui nous lie, ce que nous sommes.

 

in Beaucoup plus que l’aube…

 

 

Proverbe bahumbu, Congo

 

Pour arranger une palabre, on n’apporte pas un couteau qui tranche mais une aiguille qui coud