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18/11/2014

Nicolas Kurtovitch

 

Ce bol est beau, ce bol simple, sans histoire, ce bol du commun. Ce bol est mon corps. Si j'y ai laissé suffisamment de place, il contient le cosmos. Par lui, le cosmos se tient dans ma paume.

 

Il est beau, Prince. Mais il contient aussi la nuit, toute cette nuit qui va s'abattre sur nous si tu ne comprends pas que ce bol simple peut t'éveiller, te donner le sens de la justice. Le noir infini, l'insondable, l'absolu.

 

La vérité de ce bol te sautera au visage. Il ne peut en être autrement.

 

Silence.

 

Il me condamnera à l'oubli, seulement à l'oubli.

 

 in La commande

 

 

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Wislawa Szymborska

Que tu le veuilles ou non

 Tes gênes ont un passé politique

 Ta peau une teinte politique

 Tes yeux un aspect politique.

 

(…)

 

 Tu n’as même pas besoin d’être un homme

 Pour gagner de l’importance politique.

 Il suffit que tu sois pétrole,

 Fourrage substantiel ou encore matière recyclable.

 

  

Ou même une table de négociations

 Dont on a débattu la forme pendant des mois :

 A quelle table, ronde ou carrée,

 Doit-on discuter de la vie et de la mort.

 

 in Les enfants de l’époque

 

 

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J.-B. Pontalis

 

vouloir se démarquer du troupeau,

c'est encore subir la marque du berger.

 

in L'amour des commencements

 

 

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17/11/2014

Jéromine Pasteur

 

Si tu crois à travers les yeux d’autres hommes, tu ne t’accroches qu’à du vent. Tant que tu ne décides pas vraiment par toi-même, tu es fragile, dangereux. De ton incertitude naît la peur, et de ta peur viendra la cruauté

 

 in L’enfant qui rêvait le monde

 

 

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Antonin Artaud

Il me manque une concordance des mots avec la minutie de mes états. « Mais c’est normal, mais à tout le monde il manque des mots, mais vous êtes trop difficile avec vous-même, mais à vous entendre il n’y paraît pas, mais vous vous exprimer parfaitement en français, mais vous attachez trop d’importance à des mots. » Vous êtes des cons, depuis l’intelligent jusqu’au mince, depuis le perçant jusqu'à l’induré, vous êtes des cons, je veux dire que vous êtes des chiens, je veux dire que vous aboyez au dehors, que vous vous acharnez à ne pas comprendre. Je me connais, et cela me suffit, et cela doit suffire, je me connais parce que je m’assiste, j’assiste à Antonin Artaud. – Tu te connais, mais nous te voyons, nous voyons bien ce que tu fais. – Oui, mais vous ne voyez pas ma pensée. A chacun des stades de ma mécanique pensante, il y a des trous, des arrêts, je ne veux pas dire, comprenez-moi bien, dans le temps, je veux dire dans une certaine sorte d’espace (je me comprends) ; je ne veux pas dire une pensée en longueur, une pensée en durée de pensées, je veux dire une pensée, une seule, et une pensée en intérieur ; mais je ne veux pas dire une pensée de Pascal, une pensée de philosophe, je veux dire la fixation contournée, la sclérose d’un certain état. Et attrape ! Je me considère dans ma minutie. Je mets le doigt sur le point précis de la faille, du glissement inavoué. Car l’esprit est plus reptilien que vous-mêmes, Messieurs, il se dérobe comme les serpents, il se dérobe jusqu’à attenter à nos langues, je veux dire à les laisser en suspens. Je suis celui qui a le mieux senti le désarroi stupéfiant de sa langue dans ses relations avec la pensée. Je suis celui qui a le mieux repéré la minute de ses plus intimes, de ses plus insoupçonnables glissements. Je me perds dans ma pensée en vérité comme on rêve, comme on rentre subitement dans sa pensée. Je suis celui qui connaît les recoins de la perte.

 in Le Pèse-Nerfs

 

 

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16/11/2014

Paul Wano

 

J’ai choisi le camp sans portes

 Ou encore de l’indéfini

 A ma naissance, sur mon ethnicité

 Il y avait inscrit ceci :

Monde

 

 in Le pleurnicheur

 

 

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15/11/2014

Jean-Marie Gourio

 

Disneyland, tu fous du barbelé autour et tu enfermes les gens dedans,

ça fait une prison où tout le monde est fou. 

 

in L'intégrale des brèves de comptoir 1992-1993

 

 

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14/11/2014

Jean-Marc La Frenière

 

Les étoiles viennent boire dans les yeux des enfants.

 

in Parce que

 

 

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13/11/2014

Stefan Zweig


Qu'est-ce qu'un serment ? Un mot, emporté par le vent. 

 

in Thersite

 

 

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12/11/2014

Michel Bakounine

 

Ce que tous les autres hommes sont m’importe beaucoup, parce que tout indépendant que je m’imagine ou que je paraisse par ma position sociale, dussé-je être pape, tsar ou empereur ou même premier ministre, je suis incessamment le produit de ce que sont les derniers d’entre eux; s’ils sont ignorants, misérables, esclaves, mon existence est déterminée par leur ignorance, leur misère et leur esclavage.

 

Moi, homme éclairé ou intelligent, par exemple –si c’est le cas- je suis bête de leur sottise; moi brave, je suis l’esclave de leur esclavage; moi riche, je tremble devant leur misère; moi, privilégié, je pâlis devant leur justice. Moi, voulant être libre enfin, je ne le puis pas, parce qu’autour de moi tous les hommes ne veulent pas être libres encore, et ne le voulant pas, ils deviennent contre moi des instruments d’oppression…

 

 …Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes sont également libres… de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté… Je ne puis me dire libre vraiment, que lorsque ma liberté, ou ce qui veut dire la même chose, lorsque ma dignité d’être, mon droit humain, réfléchis par la conscience également libre de tous, me reviennent confirmés par l’assentiment de tout le monde..

 

 Ma liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tout le monde s’étend à l’infini…

  

in La Liberté

 

 

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J.-B. Pontalis

 

Aimer, par tous ses sens, l'éphémère. 


in Traversée des ombres

 

 

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Elsa Triolet

 

Les barricades n'ont que deux côtés.

 

 

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Richard Brautigan

 

Quand on habite dans cet hôtel, mourir, c'est gravir un échelon.

 

in La vengeance de la pelouse

 

 

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11/11/2014

Denise Missa

 

Le train fantôme siffle trois fois

 La nuit mord son croissant de carton

 Le jour saigne dans des tunnels de soie

 

 

 

 

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Eliane Joly

 

Je m’enfuis

 car hier j’ai assassiné

 mon huitième téléphone

 alors je rentre chez moi

 pour attendre des jours meilleurs

  

In Les vingt dernières minutes du quatrième mois de l’hiver

 

 

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