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02/10/2014

Jeremy Narby

 

La métaphore est ce qui permet de nommer les choses correctement, c'est-à-dire indirectement. C'est le langage double et entrelacé des chamanes, tsai yoshto yoshto comme disent les Yaminahua, language-twisting-twisting.

 

 

 

 

 

 

Claude Roy

 

Résumons la chose : langes, draps, linceul. 

 

in La fleur du temps, journal 1983-1987

 

 

 

 

Louis Savary

 

les mots réduits en fumée

dans le feu des autodafés

 ont tracé dans le ciel

un terrible poème

 

 

 

 

01/10/2014

Yves Béal

 

Tu me donnes ta brûlure, un cœur à découdre les routines, déjouer les complots. Arrive cette heure où nos yeux, au lieu de se courber sur l’ombre, s’ouvrent, s’écarquillent, encore à dire « sans doute ».

  

Le quotidien peut bien égrener sur notre dos sa malice grinçante, nous naissons de partout, la bouche plus affamée encore.

 

 Voilà, sans corde et sans fil, ce qui nous lie, ce que nous sommes.

 

in Beaucoup plus que l’aube…

 

 

Proverbe bahumbu, Congo

 

Pour arranger une palabre, on n’apporte pas un couteau qui tranche mais une aiguille qui coud

 

 

 

Carlo Dossi

 

Les fous ouvrent des voies qu'empruntent ensuite les sages.

 

 

Jean-Guy Angles

 

Plus d’hommes

Mais des graines antiques

Dans l’utérus des jarres

  

in Rendre au monde

 

 

29/09/2014

Revue Nouveaux Délits - édito du numéro 49

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Oct. nov. déc. 2014

 

 

En guise d’édito :

 

Le missionnaire européen était assis accroupi avec les Indiens Hurons en grand cercle autour d’un feu de camp. C’était une position à laquelle il n’était pas habitué, et il avait le sentiment qu’elle ne l’aiderait pas à convaincre les Indiens de partager son point de vue. Néanmoins il leur a exposé courageusement l’idée selon laquelle il n’était pas un mais deux. En l’entendant les guerriers ont éclaté de rire et ont commencé à jeter de gros bâtons et de la poussière dans le feu. Un étrange mélange de terreur et de ressentiment a alors envahi le cœur du missionnaire. Lorsque les rires ont cessé, il a poursuivi son exposé. Avec patience, il a expliqué aux sauvages que ce corps fait de chair et de sang qu’ils voyaient assis devant eux n’était qu’une coquille extérieure, et qu’en lui un corps invisible plus petit habitait, qui un jour s’envolerait pour vivre dans les cieux. Les Hurons ont gloussé de plus belle, en se faisant des signes de tête entendus tout en vidant les cendres de leurs pipes en pierre dans le feu crépitant. Le missionnaire avait le sentiment d’être profondément incompris, et était sur le point de se lever pour regagner sa tente, vexé, lorsqu’un vieil homme près de lui l’a arrêté en lui saisissant l’épaule. Il lui a expliqué que tous les guerriers et les chamans présents dans le cercle connaissaient l’existence de ces deux corps et qu’ils avaient également de petits êtres qui vivaient en eux, au cœur de leurs poitrines, et qui s’envolaient eux aussi au moment de la mort. Cette nouvelle a réjoui le missionnaire, et l’a convaincu que les Indiens étaient désormais sur le même chemin spirituel que lui. Avec un zèle renouvelé, il a demandé au vieil homme où, selon son peuple, ces petits êtres intérieurs s’en allaient. Les Hurons ont tous recommencé à rire, et le vieil homme a désigné du doigt la cime d’un énorme cèdre millénaire dont la silhouette se dressait dans la lueur du feu. Il a dit au missionnaire que ces « petits êtres » allaient au sommet de cet arbre puis descendaient dans son tronc et ses branches, où ils vivaient pour l’éternité, et que c’était pour cela qu’il ne pouvait pas l’abattre pour construire sa petite chapelle.

Sam Shepard in Chroniques des jours enfuis

 

 http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 

 

 

24/09/2014

Proverbe baoule, Côte d’Ivoire

 

On ne fait pas de feu sous un arbre en fleurs

 

 

 

22/09/2014

Proverbe rwandais

 

La langue n’a pas d’os, mais n’en est pas moins très puissante

 

 

 

21/09/2014

Alexandra David-Néel

 

 

Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d'herbe, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C'est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et on n'est jamais seule quand on sait la voir et la sentir.



 in Journal de Voyage, Tome 1

 

18/09/2014

Proverbe wolof, Sénégal

 

La hyène qui veut manger son fils

Trouve qu’il pue la chèvre

 

 

Proverbe rwandais

 

On n' a pas l’heure, on a le temps.

 

 

Proverbe bambara, Mali

 

Il a un pied dans la gueule du caïman

et n’en continue pas moins à vouloir pêcher la sardine

 

 

 

Proverbe wluwa, Congo

 

On ne cache pas sa nudité à l’eau