Elfi Cella

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Dans son jardin
il est tombé
bras étendus
sur la terre noire
c'était une belle et forte image
ce corps
mêlé aux feuilles mortes
comme son chien
l'année dernière
au même endroit du cœur
un battement de trop
de moins juste
après il a fermé les yeux
sans voir l'image
sans se préoccuper
des matières couleurs
lignes de fuite
simplement
une dernière esquisse
un crayonné inachevé
les jambes dispersées
hors cadre
dans un sourire d'herbes
et la nuit
qui posait sa couverture
délicatement
une dernière fois
sous sa nuque.
in C'est ici
Les Carnets du Dessert de Lune, 2025







La Kainfristanaise, 2021
Ce n'est qu'une cabane, posée sous les pins, au
bord du ruisseau qui cueille la lumière
Elle attend le promeneur et ce matin-là, j'ai poussé
la porte et j'ai dévalé des jours
des années
des siècles d'enfance.
(...)
Longtemps, j'ai voulu démêler l'ombre de la lumière. Comme on sépare le
mauvais grain de l'ivraie. J'ignorais alors qu'elles étaient l'endroit et l'envers,
l'étoffe de nos vies.
(...)
J'écris des cahiers de brume avec ta silhouette
dessinée à la lisière du poème
ta voix mêlée au ruisseau qui ne s'éteint pas
il n'y a que toi pour donner ce chant à la lumière
(...) des ruines sous leur voile de mousse
Tu verrais comme elles nous ressemblent
Elles portent la fragilité des choses et l'amour
égaré du monde
la force et la vanité de l'homme
(...)
Je suis l'enfant de la pleureuse de l'aube
et du tam-tam qui battait au loin dans la nuit
diaphane
Savais-tu toi que les rivières se tordent parce
qu'elles partent seules ?
(...)
Nous étions champs de rêves sous le soleil
(...) Il suffit d'une luciole pour ébrécher l'obscurité
(...)
Les ruines sont l'avenir du monde
L'homme c'est le temps qui s'effondre
Les heures qui se vident
Je sais des chemins
Ceux que j'aime sont d’encre
Parfois de brume
Le sel répandu dans la nuit
(...)
Écrire
Ma corde sur l’abîme de l'exil
J'ai habité le faîte des grandes solitudes et les
mirages
(...)
Je partirai en prenant sous mon bras mon ciel mes oiseaux et les fleurs du
printemps
La route sera un long sillon qui fissure la nuit
Je partirai pour la ville comme le fleuve à la mer
Jeté dans l'immensité
(...)
Quels mots peuvent recueillir la déflagration du silence
(...)
À la lune là dehors je demande
Qui suis-je ?
Je ne vois qu'un être fragile qui marche dans un monde friable
(...)
Je voulais une nuit au cœur des Pyrénées
Loin de tout ce qui nous agite
La fureur des horloges et le rite de la vitesse
Le déluge des images et l'empire des choses
(...)
Je me suis assis sur une pierre en face du ciel bleu
J'ai vu passer sous mes paupières close
La silhouette au bord du puits
Le garçon aux pieds nus derrière la maison de terre
(...)
Crois-tu que l'écriture puisse être une patrie
Le même vertige me saisit quand je me tiens au bord du gouffre de la page
Stève Wilifrid Mounguengui est né en 1976, à Mouila, dans le sud du Gabon. Il vit en France depuis 2002. Après des études de philosophie et de sociologie, il travaille dans le milieu éducatif et social. Il vit en Seine et Marne, à Lieusaint. Il a publié plusieurs recueils de poésie, dont L’Énigme des ruines (La Kainfristanaise) et L’Autre rivage de la nuit (Unicité). J’ai toujours marché avec ses rêves en moi (Mauconduit, 2025) est son deuxième récit, après Tu as fait de moi celui qui enjambe le monde (Mauconduit, 2023).






sous la direction d'Olivier Petitjean, Ivan du Roy
éditions de la Découverte, février 2025
Qu’on consomme leurs produits, qu’on admire leurs marques ou qu’on dénonce leurs pratiques, les multinationales sont omniprésentes. Mais les connaît-on vraiment ? Comment sont-elles devenues ce qu’elles sont aujourd’hui ? Cette somme ambitieuse, associant chercheurs et journalistes, offre une fresque mondiale et une généalogie critique inédites. Elle inscrit les entreprises et les marques dans la « grande histoire » et raconte les choix économiques, politiques, juridiques, techniques, financiers ou culturels qui ont rendu possible leur essor.
De la Compagnie française des pétroles à Total, des premiers câbles télégraphiques sous-marins aux géants du Web, de Rockefeller à Elon Musk, de la Compagnie des Indes orientales au « Commodity Trading », de IG Farben au RoundUp, de la machine à coudre Singer à ChatGPT, des « républiques bananières » au lobbying intensif, ce livre retrace la montée en puissance progressive des multinationales, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à nos jours, à travers une série de dates emblématiques complétées par des portraits et le récit de plusieurs épisodes clés.
L’histoire des multinationales épouse celles des relations entre États, des conflits et des grandes crises, qui sont souvent des moments d’enrichissement et de rupture. Elle suit de près la trajectoire des changements technologiques, que ces entreprises ont contribué à orienter et accélérer. Elle accompagne la transformation de nos vies quotidiennes, à travers l’avènement d’une société de consommation de masse à l’échelle du globe, et aujourd’hui le tout-numérique. Elle est aussi l’histoire de la transformation de notre environnement naturel, de l’extraction des matières premières, de la production d’énergie à une échelle toujours plus importante, jusqu’à engendrer des menaces inédites.
L’histoire des multinationales est donc notre histoire.
Voir : https://www.editionsladecouverte.fr/multinationales-9782348077074
Santé !
En fermentation depuis 6 mois
je l'avais déjà goûté mais là je l'ai filtré
(j'ai lancé un kombucha F2 avec les fruits)