Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/05/2021

Anne Jullien - l'envol du bœuf (extrait 1)

 

 

La gueule blanche, poème extrait de l'envol du bœuf d'Anne Jullien, paru aux éd. Jacques André  (coll. Poésie XXI n°51), en juin 2019. Lu par moi-même.

 

 

16/05/2021

Arvo Pärt - De Profundis

 

 

 

23:21 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (0)

Grisélidis Real - De Profundis



I

Au fond
Tout au fond du souvenir
Pourrit ta carcasse
Amour déchiqueté
Par les chiens de l'ombre
On ne triche pas
Avec le désespoir
Il ronge le cœur
Plus lentement
Qu'un cancer
Tout au fond de l'enfer
De solitude
Nue
Sous le fer des regards


II

Je me jette à la nuit
Comme on jette un cadavre
Au fond d'un puits
Défigurée
Par tant de cris
Qu'on ne me reconnaîtra plus
Ma chair sera ombre
Parmi les pierres
La terre une caresse
Immense
Sur mon sexe ouvert
Aux lèvres de la nuit


III

Tant de morsures
M'ont torturée
Tant de bouches
Ont craché sur moi
Je ne sais plus
Qui je suis
Moi
Ou vous
Bêtes affamées
Repues
Vautrées
Je suis nue
Sans peau et sans os
Enveloppée de vos désirs
Accrochés à mon corps
Vous buvez tout mon sang
Jusqu'à l'aube


IV

Homme de mon amour
Toi qui m'a transpercée
De tes paroles
Acérées
Et violée de tes yeux de silex
Toi aussi un jour
Tu seras dépecé
Par le vautour de l'ombre
Ta gorge sera trouée
Ta poitrine écrasée
Chacune de tes viscères
Te sera arrachée
Ta dernière heure
S'abattra sur ta bouche
T'étouffant de ses plumes
La MORT
Ce vieil oiseau de proie
Fondra sur toi
Pour se repaître de ton souffle
Et crever tes yeux verts


V

J'ai tant aimé ton corps
Qu'il sera comme un fleuve
Bruissant dans mes artères
J'ai tant aimé la source
Envoûtée de caresses
Brûlée de mes baisers
Faisant jaillir l'eau vive
De ton sexe
Dans ma bouche amoureuse
Que je n'aurai plus soif
D'un autre océan
Que ton sang
Et faim d'une autre chair
Que la tienne
Je ne serai consumée
Par d'autre feu que tes mains
Qui m'ont laissée en cendre
Dans le désert
Des nuits inhabitées

 

 

 

Grisélidis Real

Griselidis Real.jpg

 

 

Jacques Lacarrière

 

Redevenir levain, ferment, bufflesse, sauterelle ou oiseau. Redevenir sable.

 

 in Marie d’Égypte

 

 

23:11 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Joglaresa & Belinda Sykes - O Madalena Che Portasti

 

 

23:02 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (0)

Le Caravage - Marie-Madeleine en extase - 1606

Le Caravage Marie Madeleine en extase 1606.jpg

 

 

 

Jacques Lacarrière

 

Marie des sables, oiseau nu du désert, insecte orant, buisson mobile, bufflesse, lézard et nourrisson de Dieu, mue d’insecte, nuée musicale, conque hantée et maintenant…

 

Cendre absolue. Calcinée d’anges.

 

 in Marie d’Egypte

 

 

 

 

22:46 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Grisélidis Real

Griselidis Real-01_7iM.jpeg

 

LA VIE SELON LA PLUS ÉMOUVANTE DES PUTAINS

 

Se noircir toute la nuit

danser baiser

bourlinguer

traverser les frontières

et n’en avoir rien à foutre

 

in Bonzaïs hallucinogènes, Gros Textes 2017

 

 

 

 

 

 

Grisélidis Real - Mort d'une Putain



À Gabrielle Partenza

À toutes,

À nous autres



Enterrez-moi nue
Comme je suis venue
Au monde hors du ventre
De ma mère inconnue

Enterrez-moi droite
Sans argent sans vêtements
Sans bijoux sans fioritures
Sans fard sans ornement
Sans voile sans bague sans rien
Sans collier ni boucles d'or fin
Sans rouge à lèvres ni noir aux yeux

De mon regard fermé
Je veux voir le monde décroître
Les étoiles le soleil tomber
La nuit se répandre à sa source
Et m'ensevelir dans sa bouche
Muette la dernière couche
Où m'étendre enfin solitaire
Comme un diamant gorgé de terre

Me reposer dormir enfin
Dormir dormir dormir dormir
Sans plus jamais penser à rien
Mourir mourir mourir mourir
Pour te rejoindre enfin ma mère

Et retrouver dans ton sourire
L'innocence qui m'a manqué
Toute une vie à te chercher
Te trouver pour pouvoir te perdre
Et te dire que je t'aimais



écrit la nuit.  Clinique Le Cesco, Genève, 17 avril 2005

 

 

Grisélidis Réal (1975/76)

 

 

 

"Que vaut-il mieux prostituer : son cul ou son âme ? Le cul, bien entendu. C'est plus pénible physiquement, mais c'est plus propre." Quand à 30 ans, au début des années 60, Grisélidis fuit Genève avec ses deux enfants et son amant noir, c’est pour quitter une vie qu’elle trouve trop ennuyeuse. Sans économie et sans destination précise, elle vit au jour le jour. Cette quête de liberté ne la lâchera plus. Par choix, elle deviendra une catin révolutionnaire, une femme forte et combative - habitée par la rage de l’humanité. Toute sa vie, elle se prostituera "pour ne pas mourir", écrira "pour ne pas mourir" ; il en résulte cinq livres. En 2009, quatre ans après sa mort, son corps sera transféré au cimetière des rois de Genève, là où "sont enterrées les personnes qui ont fait l’histoire de Genève" - sur sa stèle l’épitaphe indique : "Peintre, Écrivain, Prostituée"."

est-il écrit en présentation du film "Grisélidis Real, carnet de bal" de Natacha Giler (2013).

Il y a très longtemps j'ai découvert Grisélidis Réal, avec son bouquin La passe imaginaire qui m'avait vraiment bouleversée, puis plus tard dans ce documentaire de Jean-François Davy qui date de 1976... Me reste à lire entre autre, dans mes innombrables piles de "à lire" : "Le noir est une couleur". J'ai souvent penser à faire de vraies lectures de cette écriture si forte, si humaine, à l'image de la femme qui l'a commise, ça viendra peut-être...

 

 

14/05/2021

Gao Xingjian

Gao Xingjian 226.jpg

 

Le mot juste. Un silence pointé. Un baiser.

 

Le mot juste, un souffle. Le premier déchire les poumons. Le dernier les recoud.

Le mot juste, pas un soufflet. Le mot juste ne dit pas je t’aime mais le fait. Il ouvre le cœur, ça fait mal, mais l’air est juste.

 

L’air qui sépare le mot de la mort.

 

in Les mots allumettes, Cardère 2012

 

 

Song Yumeji - Shigeru Umebayashi

 

 

12:15 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (1)

Marina Brydnya - Morning elf - 2011

Marina Brydnya Morning Elf 2011.png

 
Silence épinglé au ciel
Boutons d'étoiles mal cousus
Aux vestes des poucets
Chuchotis de rivière
Soupirs des fossés
Libellules ensorcelées
Par les folles herbes
 
*
in Au fond du tiroir, livre d'artiste 2012
 

 

13/05/2021

Gnawa Diffusion Gazel - Au Fond De La Nuit

 

 

 

 

23:41 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (0)