Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/09/2013

Kenro Izu

Kenro Izu 58.jpg

 

NOCES POURPRES

 

Elle est revenue tenter avec lui

L’alliance de la ronce et du lotus

Imaginer un futur

Dans le limon noir de ses yeux

Y puiser peut-être

Un parfum de racines

 

D’un plaisir brut

Patiemment épluché

Elle vient prendre des leçons

De renoncement, d’humilité

 

Sa fleur de soif vêtue

Offerte à sa paume

S’emperle dans leurs accrocs

Le pli de ses rêves échoués

Au bout d’une jetée blanchie

 

Profondeurs façonnées

De peau et d’âme

Sous leurs draps de ciel

Éclaboussés

 

Cette folie du

NOUS.

 

 

 

cg in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

 

 

24/09/2013

Fermin Noain

fermin noain_b.jpg

 

Sur l’iris de la mer ses moutons frémissants

qui débordent des gouffres de faïence ébréchée

Les pierres les oiseaux les alcôves sous le vaste ciel saturé de nos fumées de nos rires

Les sphères de lune brume l’ample trajectoire des plumes

La paume des nomades berceaux des fugues chiennes

Sur le miroir de nos transes

Piste nue des désirs intenses

 

Bleu

Si bleu

Grand

Disparaître

 

 

cg in Mystica perdita, 2009

(Eskhatiaï, Ed. de l'Atlantique 2010)

23/09/2013

T. Dylan Moore - Conservation of Energy

T Dylan Moore.jpg

 

La nature s’est soulée durant des semaines et elle avait soif. Sur la pelouse sèche, typique des causses, orchidées, globulaires, polygalas, linodores, piloselles, exposent leurs chairs délicates et je retrouve le vieux tapis de plage pour le bureau en plein air. Le coucou clame son forfait et les oiseaux plus convenables achèvent la construction des derniers nids. Un chien aboie comme il se doit. Ça pépie, ça ricane, ça siffle et bourdonne. Le grand jardin qui m’entoure ne cesse de m’extasier. J’ai décidé de faire de mon quotidien, un sanctuaire. Le noir, le sombre, l’obscur, on connaît, depuis des siècles et des siècles et je crois avoir compris quelque chose tout récemment.

Ce n’est pas la chose en elle-même qui est nouvelle, c’est ma compréhension. J’ai encore besoin de me raccrocher à un crayon, ce besoin de témoigner encore du vécu, comme si vivre simplement ne suffisait pas.

 

 

cg in A la loupe, tout est rituel

22/09/2013

Kalliope Amorphous

 kalliope amorphous.jpg

(c)Kalliope Amorphous

http://www.kalliopeamorphous.com/

 

  

Quand le vent enivre les seins, le corps devient vivante grotte, bois docilement courbé.

Le carillon diffuse le chi de l’ouest, ma chatte se sultane, appelle délicates caresses mais les pieds disent les pattes, la louve, la lionne, la vorace vulve, odorante animale.

Sur la table ronde comme il faut, la femme rabot noir est souveraine. Dans un panier de céramique blanche, brillent des pierres de lagunes.

Œuvre d’art constamment inédite, la beauté tient à peu de choses. Rayonnement des lampes de sel. Transformation, corrosion sensible, dissemblance des mémoires. Le rire des nuances si léger, si froid.

 

Cg in Chroniques du hamac, 2008

21/09/2013

Susan Sedon Boulet - In The Company Of Wolves, 1993

Susan Sedon Boulet_InTheCompanyOfWolves_1993_100.jpg

 

LES GARDIENS

 

Des loups hurlent dans la nuit froide.

Nous voilà immobiles, transis, hypnotisés.

 

Sursaut de frayeur

Avant le coup de griffes

Promptes à déchirer.

 

« Va, pour la danse insensée !

Va, pour la voix rauque venue du tréfonds

La flûte suraiguë et le tremblement des peaux.

Viens !  »

 

La fumée se tord comme diablesse

Hors des coffrets de terre cuite.

Les pupilles se dissipent

 

Des rêves éveillés

Tracent un pont

Au-dessus des abîmes.

 

« Viens, je suis le loup qui hurle dans la nuit froide !  »

 

 

cg in Ailleurs Simple (Ed. Nouveaux Délits 2012)

Kalliope Amorphous - Self portrait

 

Kalliope Amorphous self portrait.jpg

 

 (c)Kalliope Amorphous

 

http://www.kalliopeamorphous.com/

 

 

 

 

 

Alors vous faites quoi ce soir sur la planète Taire ? Moi je suis dehors en train de compter les étoiles une par une, je trie les étoiles comme on trie les lentilles, et demain matin pour mon petit déjeûner, j'en avalerai quelques-unes avec un soupçon de sel.

Vous avez déjà mangé une étoile de mer?

 

Le monde entier tient dans un écran carré, il a la gueule plate orné de quelques chiures de mouches... mais moi je m'en fous, puisque je suis dehors à embrasser les étoiles...avec la langue c'est meilleur... On reconnaît les baiseurs d'étoiles à leur langue phosphorescente... ça peut devenir pénible s'ils dorment la bouche ouverte.

D'ailleurs c'est très dangereux de dormir la bouchouverte, on ne sait jamais ce qui peut entrer...ou pire ce qui peut sortir... si jamais l'âme se piquait d'aller faire un tour et qu'elle se perdait quelque part entre la lampe et le chevet, entre la tête et le pied, qu'elle se trompait d'orifice pour rentrer... 

Quoique là dedans ça doit bien communiquer... tous nos éléments, nos organes, nos illusions disparates... ce tout éclaté qu'on nomme, que je nomme moi, que tu nommes toi, enfin non, toi aussi tu dis moi alors que tu n'es pas moi, mais toi ! Dis c'est bien toi ?

 

cg, Mon premier pas sur la toile, 2000 et des poussières

20/09/2013

Stinkfish - Uyuni, Bolivie

stinkfish_uyuni_bolivia_train_cementery_1000.jpg

 

Adios les peurs, bonjour l’inconnu. Un souffle, une étoile, suivre la musique. M’inonder de vie, de rythme, de rire, de plaisir véritable. Affronter le chemin, danser avec l’amie solitude autant qu’il le faudra pour ne pas tricher. J’ai cédé sur toute la ligne, j’ai accepté de me remettre entièrement en cause. Je sais à présent que je m’étais trompée de quotidien. J’étais simplement sur la touche, dans un wagon détaché sur une voie de garage. Je préfère partir à pied, une fleur entre les lèvres. Je me souviens de qui j’étais, et je ne braderai plus ce qu’il en reste, c'est-à-dire l’essentiel.  

cg in A la loupe, tout est rituel

Josef Hoflehner

Josef Hoflehner-01.jpg

 

Des cadeaux, encore des cadeaux de la vie ! C’est fou quand même. J’ai envie de rester, de découvrir l’immensité de cette terre du bout du monde… Du balcon, si je regarde en direction de l’océan que je ne vois pas - seulement le fleuve où s’égarent les requins - je peux flairer l’espace, le grand large, les confins du globe… Très loin en face, les côtes chiliennes. Au sud, le pôle et ses glaces, fouettées par les blizzards. Impossible d’être blasée, en moi il y a encore l’enfant qui voyage.

 

Cg in Calepin voyageurs

18/09/2013

Jorma Puranen - Icy prospects

Jorma Puranen 2005.jpg

 

Le vent

 

avant de partir elle mettra autour de son cou à lui

un collier de perles d’eau, un collier de sève

elle lissera ses mains et les parfumera

d’un crépuscule de mai

elle ôtera chaque plomb

de ses yeux, de sa chair

un à un elle retirera ceux qui criblent son cœur

et elle prendra entre ses mains son visage

elle baisera ses paupières si doucement

qu’il la prendra pour le vent.

 

cg in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

 

 

John Pfahl - Léviathan de la série Niagara sublime, 1994

John Pfahl    leviathan of Niagara sublime 1994.jpg

 

Inaccessible animus

 

Son désir est d’un autre temps, il est mort en pornocratie.

 

Monde et système pornographique où tout se résume à l’avidité, à la turgescence conquérante en quête d’orifices. Plus c’est étroit, plus c’est bon, mais l’esprit, plus c’est étroit, plus c’est con.

 

Elle est d’un autre temps, d’un ailleurs où les sentiments sont intenses et intègres. La mesquinerie la poignarde, la tiédeur la glace. Nulle dignité dans les désirs qui nous tenaillent. Nous sommes des nourrissons hideux, des monstres égrillards.

 

Il est en elle un homme d’une ancienne espèce, un homme de parole habité de vrais sentiments. Un homme sensible et farouche, un homme au grand courage, un de ces guerriers qui se détournent de la violence, qui travaillent à dompter leurs démons et qui savent parler avec leur cœur. Mais cet animus la torture, car rien ici ne lui ressemble, et il l’aiguillonne d’un amour impossible, d’un idéal à jamais inaccessible. Il lui souffle une musique qui lui rend ce monde intolérable. Répugnant.

 

La pureté d’une source, le chant d’un ruisseau, la fougue du torrent, la souplesse d’une rivière, la patience d’un fleuve, tel est cet homme, tel est celui qu’elle porte en elle.

 

Ô comme elle l’aime lui, l’inexistant

et comme nul en ce monde n’a pu le lui faire oublier.

 

Elle le sait, elle le sent, mais elle ne peut le toucher.

 

 

cg in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

Peter Clark

Peter Clark.jpg

 

 Je ne suis pas hyène, peut-être un peu panthère sur les bords.
Panthère en rond devant la cheminée, griffes et velours, banale en vérité.

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

17/09/2013

John Pfahl- Canyon Point, Zion National Park, Utah 1977

John pfahl-Canyon Point, Zion National Park, Utah 1977.jpg

 

Nous invoquerons le serpent sorcier

Son sillage d’amour

Sur les parois des canyons

Des torches entre les paumes

Pour éclairer ses entrailles

Poudre de suif baroque

Le frisson sur la nuque

Des visions dans le ventre

 

cg in Mordre le temps de mort, 2013

John Wimberley

John Wimberley.jpg

 

poisson je dois être

mais poisson ne se noie pas

moi si

vertige des eaux soûles

 

amour

et les glas sonnent

les ensevelis les fantômes

 

les hameçons oubliés se tordent

en fouille-chair

 

 

cg in Mon collier de sel

 

 

Jake Baddeley

Jake-Baddeley-507.jpg

 

Mes yeux sont des miroirs en flammes,

mon sexe un coquillage dans ta paume fraîche.

Poumons, torse, seins, veines.

Météores de désir aux frontières de chair. Écume de jasmin.

 

Les dés sont jetés. Exil de la flèche en déroutante verticalité.

Incision. Je décrypte le signe.

La chair, la sève et le squelette des rêves.

La substantielle énigme de verre.

 

 

Cg in Les mots allumettes (Cardère 2012)

 

 

16/09/2013

Jane Whiting Chrzanoska - Solitare

Jane Whiting Chrzanoska 7_n.jpg

 

Tears and despair 1

 

tears and despair

tears and despair

 

joli trousseau

comme un morceau de blues

un morceau dans la gorge que l’on ne peut

ni avaler ni recracher

ni avaler ni recracher

 

son homme is happy like a grave

her love is joyeux quand elle tombe

 

tears and despair

and a glass of champagne

rough silence

with a glass of pain

 

elle peut voir son reflet

lune pâle

pas même gothique

 

there’s surely something funny we can play

like a dark song entre deux cups of heavy rain

 

leur vie is like a lonely fellow

par une nuit d’hiver

loupant the last train

loupant the last train

  

 

cg in Le baume, le pire et la quintessence