Will Burrard-Lucas
crépuscule des déesses sauvages
ne te met jamais sur leur chemin
si tu n’as ni la force ni le courage
de véritablement les aimer
in en cours
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crépuscule des déesses sauvages
ne te met jamais sur leur chemin
si tu n’as ni la force ni le courage
de véritablement les aimer
in en cours
Avec quelle ferveur parlera-t-on d'amour ?
Quel sera le degré de sa brûlure ?
Avec quoi la vie caressera-t-elle ma peau ?
Soleil, pluie, vent ?
Ou bien tes mains ?
Y aura-t-il un arc-en-ciel ?
in Philosovie
Ce besoin puissant de transe… Me sens tellement étrangère à ma culture. Cette culture détransée a perdu le sens, l’essence, l’essentiel. La musique nourrit les cellules, comme les parfums, les lumières… La basse qui avale, engloutit les sons dans une matrice aquatique.
Cette envie monumentale de glander en ce moment, glander et danser. Crise de fun. Salle de bal des mouches au plafond. Partir en Amazonie, chez un curandero et prendre la Madre, l’aya… quand ? Les possibilités s’approchent. Je sais que c’est mon chemin et mon défi va être de ne pas y renoncer. Affronter mes peurs, ma responsabilité et découvrir aussi la peur de la mort chez ma mère, de sa propre mort lorsque j’étais sous sa responsabilité. Moi, j’ai cette peur de mourir par rapport à ma fille. Je ne veux pas être pour elle ce que mon père est pour moi : le parent mort, disparu, le mythe, la grande béance… Prendre ses responsabilités, c’est aussi celle là : la possibilité de mourir. Avoir peur de mourir c’est avoir peur de vivre, les deux sont indissociables.
in Journal 2005
Ce qui est étonnant, ce sont les mots que j’emploie depuis que j’ai commencé à écrire alors qu’en fait, ce que je veux réellement écrire, c’est à quel point tout ça est à la fois incroyable et pas du tout incroyable : les méandres de ce fleuve-vie ne l’empêchent pas de nous mener là où nous devons aller.
in Journal 2005
Plus loin, il y a des portes qui donnent comme sur un grand corral fermé, un hangar, je suis dedans et je vois un grand troupeau de bêtes à cornes sauvages, genre des buffles ou autres animaux d’Afrique avec de grandes cornes torsadées, venir vers moi. Je suis surprise et je fais demi-tour vers les portes, espérant les atteindre et les refermer derrière moi. Je dis à une femme qui est là : « ils vont s’échapper », et la femme me répond « j’espère bien ».
Rêve de la nuit du 31 mai 2007
in Journal
Le train trace une jolie courbe, rayant au passage de fines rivières. Les peupliers dépouillés veillent les nids du printemps dernier, les champs exhibent une chair brune fumante, bien grasse. Nourrie à quoi ? Le temps se couvre, penser à l’hiver ne m’enchante guère mais au moins je me sens mieux que l’année dernière. Cette fois, c’est moi qui prends soin de moi, je ne laisse à personne d’autre cette responsabilité.
in Calepins voyageurs et après ?
Envolez-moi corbeaux
arrachez ma douleur
de vos becs habiles
ouvrez-moi le cœur
emportez-le corbeaux
emportez tout
in en cours
Seule une attention croissante et concentrée sur l’instant et mon environnement présent, permet au souffle de prendre place, à la pensée de s’apaiser jusqu’à me taire, et laisser l’être venir s’installer, me vivre, me respirer. Chercher sans chercher, mais s’ouvrir pour qu’il vienne, le secret, la clé. Tout alors prend sens parce qu’il n’y a plus de sens. Laisser venir, monter la voix intérieure, celle qui propose, conseille, guide parfois. Aller jusqu’au bout, profiter du délai difficile à affronter, en faire un espace de clarification, de choix conscients. Mais est-ce possible d’être ouverte à ce point ? Ouverte ou aveugle ? Il est ici question de spiritualité, comme on l’appelle, et de rien d’autre. Une effroyable envie de savoir, de comprendre toujours pourquoi. Ne peut-on vraiment rien faire pour améliorer ? Chacun fait sa part, accepter que chacun le fasse avec ce qu’il est, mais je suis toujours dans le devenir, or la clé pour moi est le présent. La pépite, la porte des palais. Parfois je me sens sur la voie et le mental arrête sa critique, son manque de foi, l’analyse, et là je sais. Je sais les gestes, l’état, le voyage intérieur. Suivre l’autre voie/voix, sans mettre de nom, sans chercher à comprendre par le mental. Juste ressentir et agir en osmose avec ce ressenti.
in Journal 2009
Alors vient sans qu'on ne l'ait vu venir
l'hiver de la vie
impossible de rebrousser
son chemin de silence
les flocons tombent
douceur et douleur
douleur et douceur
effacent les traces
d'un passé non résolu
in en cours
la pensée pénitentielle
condamne encore
et encore
enchaîne les mains
entrave l’espoir
in Ombromanie
Salamandres écrasées
Poucets bâillonnés
Sur le cœur
Silence épinglé
in Au fond du tiroir
Il y a ces trainées dans la mémoire
quand on passe le doigt sur le rugueux
des taches de rouilles
autour de la plaie
où vive encore la lave menace
de tout engloutir
il y a ces atomes de poussière
qui s'entrechoquent dans le sang
et puis soudain le temps dérape
un tête à queue sur le bitume
et le réel de nouveau
éclaté contre le mur du sens
in en cours
mais dieu oui, je t’aime !
alors comment
émousser les pointes
échapper aux bûchers
qui la nuit se dressent
sifflent serpents fourches
foudre de langues
et la mienne cousue vive
à mon sexe
oui je t’aime
mais puisque la chute
toujours n’est que chute
alors qu’on me rende mes ailes
pureté innocence
ne sont pas humaines
in Mon collier de sel
perspectives en vagues
déroulées
de vals en cimes
de sommets en ravines
ride on ride on
aventure solitaire
blanches crêtes
noires abysses
la quête intérieure
est sans fin
in en cours
La lune pleine est tombée
dans les bras de l'arbre
aux souhaits
in en cours