Auteur inconnu

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Le vent froisse les ramures, frissons de feuilles, chute des glands où dorment les rêves d’arbres futurs.
cg in Chroniques du hamac

Happée, tombée entre deux marches, en territoire insensé. Pays d’étouffoir où je tourne en rond et dans cette prison, les murs sont comme du verre. Dehors le monde, le vrai ! Et je glisse mes mains sur les parois lisses, y colle mon visage à ne plus pouvoir respirer.
cg in Sursis

Certains disent qu'elle s'est noyée, d’autres, mauvaises langues, que le bain a refroidi. Tout cela est faux. Elle est entrée en silence et y a découvert un vaste univers, nul besoin de revenir puisqu'elle n'est même pas partie. Elle est simplement entrée. Entrée en silence. Les pieds léchés par les vagues, la place immense où il ne fait jamais nuit, pas plus que jour d’ailleurs, il y fait seulement un léger, un merveilleux, un dense silence.
cg in Le baume, le pire et la quintessence

Trop agitée ! Mon esprit est un vaste bordel, ouvert aux quatre vents. Désordre et désolation ? N’importe qui y rentre comme dans un moulin… Ce qui me fait aussitôt penser à Don Quichotte…
cg in Journal 1999

Quel réveil ! Grand ciel bleu faïence et au loin les montagnes découpées, arides. Lumière mauve du matin. Nous roulons vers Madrid, cœur de l'Espagne, destination la Mancha, le fief de Don Quichotte. Paysage sec et pelé. Droit devant, l'horizon se noie dans les vapeurs jaunasses et fumeux de la capitale.
cg in Calepins voyageurs et après ?

Dans la touffeur du cœur, une quête
et l’aube dépose une nouvelle rose dans la boite d’allumettes.
cg in Les mots allumettes, Cardère 2012

Un véritable amour, qui nous donne des ailes, gonfle le cœur comme les voiles d’un bateau, prêt à prendre le large. Son absence ou son mensonge, et c’est le naufrage.
cg in A la loupe

Pourquoi certaines plantes poussent-elles si haut
qu’ensuite elles ploient sous le poids de leurs fleurs ?
cg in A la loupe

Nous irons célébrer l’élan
Avant le vermoulu de la neige
Et du vieux bois d’hiver
Quand les sarments seront noirs
Et qu’il nous faudra être chaste
À cause des filets tendus
Pour les papillons perdus
cg in Mordre les temps de mort

ici l’obscurité a des reflets
au fond des puits précieux
gisent des clés
mais rien ne se dit
tout se tait
ici s’achèvent les cycles
grande mer minérale
sa longue chevelure
agitée d’oiseaux
cg in Chroniques du hamac, 2008

Voilà que j’ai foi en ce pont sur l’abîme…
cg in Journal 2009

Je me cherche et je vais toujours plus loin,
parce que « je » tel l’horizon, s’éloigne à mesure que j’approche.
cg in Journal 2005

Ce qui s’écrit sur ce que j’écris n’est pas moi et ainsi à mon tour je deviens personnage.
Passe-passe, il y a toujours un magicien quelque part planqué au fond d’une armoire.
cg in Celle qui manque (Asphodèle 2011)

Ici est le pays sauvage, le pays solitude.
On s’y sent parfois plus près du cœur.
Ici est le pays caillasse, la terre rare et pauvre n’y retient pas la pluie. Le soleil y polit ses os, le sang se calcifie, le cœur ralentit, la parole s’épuise. Le regard se creuse pour accueillir ce que les mains ne savent retenir.
Ici pourtant en ce sobre écrin le ver encore luisant voit fleurir l’orchidée rare. Au pied des chênes, des diamants noirs dorment en rond, se dressent soudain, mégalithes plus anciennes que la mémoire. Dans les souches les murets vivent des créatures cachées, peut-être des gnomes ou bien des fées, des êtres de sève et de lune.
cg in Chroniques du hamac, 2008