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16/02/2015

Eugène Guillevic

 

Ce n’est pas

 En t’accrochant

 A plus en plus de choses.

  

En les parcourant,

 En les écoutant toutes

 Que tu éprouveras.

 

 Une seule chose parfois

 Peut suffire

  

Si tu lui donnes

 Assez de temps

 Pour communier.

 

  in Hôtes de Lumière

 

 

 

17:01 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Franz Bartelt

 

Je t’apprends plus que je ne te prends

 Pour te réciter plus tard

 Dans le silence blanc

 

 

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Alexandre Vallasidis

 

Briser la nuque surpeuplée des

 Silences d’ici,

 J’ai un ventre, des coudes

 Renversés, pour articuler la

 Hanche, et un visage enfermé dans le

 Grand miroir de la

 Chambre.

 Refais le chemin de mon

 Corps,

 Chaque route, pour toi, par la

 peau enflée

 

 

 

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15/02/2015

Michel Dunand

 

On peut voyager sans partir.

 Un tigre à domicile.

 Un buffle au bout du pinceau.

  

La jungle ?

 On la porte en soi

 

Depuis toujours.

 Enfer ou rêve.

  

On peut partir sans voyager.

   

 in Le Douanier Rousseau

 

 

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Lauri Otonkoski

 

 Je me languis de vous

comme l'arbre de ses copeaux.

 

 in En fuite

 

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Beb Kabahn

 

Quand il suffisait d’un câlin 

Que nous cherchions et qui était là 

Depuis toujours et à jamais 

Juste derrière la cloison 

Dont nous avions perdu la porte 

Trop occupé à péter le mur

 

 

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13/02/2015

Jean Gédéon

 

Et l’éternel enfant fouille inlassable

dans le puits d’ombre ses lambeaux éparpillés.

  

Pendant que le ciel 

et ses nuages 

trône parmi les ruines. 

   

in La peur

 

 

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11/02/2015

André Laude

 
 
  A la première parole un grand jardin public illumine
avec des perroquets des niagaras de soie noire et froissée des
arbres de perles tropicaux et sombres
avec des divinités au souffle vert aux paupières d'aurore boréale
un seul visage
entre l'herbe du désir et la poussière des attentes
et la blessure vomit
des tonnes de roses rouges.




L'ongle crisse au carreau de l'aurore déchiquetée
par les aigles translucides
le front creuse la distance irréparable
la voix s'annule à la neige des pas nomades
De quel nom t'appeler
alors que se lève sous mes pieds blessés de gel
un peuple inconnu, immonde, un peuple de goules et de lutins sardoniques
De quel amour t'enflammer
alors que ma veine saigne sous l'orage des mots.




la lumière des murs dresse mon procès
quelque part un supplice déchire mes chairs
quelque part au rivage duveteux de Thulé
Eurydice fouille des ongles la pourriture d'Orphée
Se tait l'été dans mon sang
Se noue le complot des silences
Se déchire la dernière parole
avec laquelle on tentait désespérément le passage
clandestinement
entre les figures détruites et la calligraphie des herbes juteuses.




Une cité de velours nocturne et de mica s'effondre dans
mes poignets meurtris
j'écoute silencieux accordé aux ruines promises
sur tes lèvres absentes
je quête un dieu forcené inaccessible
qui me roue d'angoisses de questions saugrenues d'énigmes de mie de pain
j'apprends ce dur métier d'absence
qui commence par la traversée des miroirs
sans déchirer les ailes fondamentales.




au bord de mort j'enterre ma dépouille de seigneur muselé
par les tempêtes glacées
surgies des obscures forêt de la parole où hantent
les animaux d'une préhistoire sanglante
leurs griffes rageuses cherchent et trouvent mes yeux
à chaque tentative
Au bord de mort j'enfouis mon nom au milieu des glands
des racines molles des monnaies des empires brisés par
l'éclat des femmes la lueur métallique des fruits
dérobés aux terres luxuriantes
Entre mes épaules le Sud à tâtons délimite l'espace de son
deuil définitif: couteaux rouillés, lampes de mutisme.
 

in 19 lettres brèves à Nora Nord

 

 


 

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10/02/2015

Patrick Joquel

 

Il m’arrive de sauter à pieds joints dans un rêve.

 Au cœur de la nuit.

 

Quand le corps ronronne.

 

Je m’y promène. L’accompagne. Le guide parfois. Evidemment à peine debout, il se faufile dans les vapeurs de la théière. Pourquoi, dis-le-moi si tu le peux, les rêves sont-ils aussi volatiles ? Et pourquoi, le jour, allons-nous ainsi à tâtons.

 

 

11:35 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

09/02/2015

Armand le poète

 

La mort est le domaine de ce qui existe deux fois

 

 in Là ou pas là ?

 

 

14:27 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Gaspard Hons

 

Qui dénude cette saison

à penser ?

 

 de la réalité des prés à 

l’égarement des simples 

abeilles une eau 

quelconque efface 

l’écriture des eaux. 

 

Est-ce la perspective

D’une rivière en feu

 

 

 

Gaspard Hons

11:34 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Moussa Akhmadov

 

J’ai mordu ce monde, mes dents ont heurté quelque chose de très dur. Peut-être est-ce une pierre ? Je commençais à étouffer quand le vertige jaune a commencé à m’emporter. J’ai réussi à serrer les mâchoires, j’ai arraché un morceau du monde et je suis tombé à la renverse…

 

 in Les loups

 

 

 

 

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08/02/2015

André Laude

 

je suis enterré dans un asile de cris écarlates
dans le poil de la peur
dans la lettre N qui est une galaxie un roman de la Table Ronde
dans la lettre N qui est la perle noire cachée dans l'huître du soleil
dans la lettre N qui est bambou de douleur monnaie de songe et
torche éclairant tendrement la paroi
dans la lettre N qui est Saint-Jean d'Eté
Ne me tuez pas de regards-couteaux
ne me battez pas jusqu'à l'évanouissement
ne me jetez pas pour me distraire
des cacahuètes des rubans des morceaux de miroirs des fleurs
je n'y suis pas
je suis ailleurs
sur une terre que nulle souffrance d'homme
n'avait encore foulée
avant mon irruption brutale d'alcool farouche
d'incendie détraqué.

 

 

in 19 lettres brèves à Nora Nord

 
 
 

23:45 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

André Laude

 

ici meurt sauvagement le vent
j'écris la perte le manque absolu
A grandes rafales de sang
je balaie le carrelage de l'aube
où mon corps chaud encore
diminue devient invisible
où mon index de lune froide
pointe encore un tropique
le ventre de la mère
sauvé de la destruction par la langue chair et suffocation.

 

in 19 lettres brèves à Nora Nord

 




 

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Jean Gédéon

 

Crainte d’une faille dans la mécanique 

par où s’engouffrerai l’entre-deux 

innommable.

 

Ce lieu de personne 

avec ses chemins de broussailles têtues 

où se cognent les rêves.

  

in Matières premières

 

 

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