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10/04/2014

Charles Baudelaire

 

Elle pleure, insensé, parce qu’elle a vécu !

 Et parce qu’elle vit ! Mais ce qu’elle déplore

Surtout, ce qui la fait frémir jusqu’aux genoux

C’est que demain, hélas !

Il faudra vivre encore

Demain, après-demain et toujours ! – comme nous ! 

 

 

 

Henri-François Guitard

 

Tel que je suis j’attends encore et crois encore aux anges

 Je sais les moments où le bleu de la mort

Se salit comme fange

Quand même j’attends et pense que le vent

Chante parfois à haute voix

Avec de pauvres  plumes.

Je rebâtis mon songe et puis

Confondant mystification et magie

En tordant le fer sans enclume

J’ai oublié toutes les lois

Pour me laisser à votre choix. 

 

 

Charles Baudelaire

 

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage
Traversé ça et là par de brillants soleils
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

 

 

Valérie Valère

 

J’ai erré dans les rues, sans cesse et sans but, j’ai marché des jours entiers sur leurs pavés d’indifférence à la recherche de quelque chose de différent. Je me suis perdue dans cet immense labyrinthe sans même penser à demander mon chemin. Car je n’en ai pas et je n’en aurai jamais. 

 

Estelle Lemaître

 

Les hasards qui faisaient surgir un lien impromptu, mais chargé de résonance, entre divers éléments avaient toujours exercé sur elle une emprise délicieuse. Ces rapprochements imprévisibles entre les multiples rives de son existence enchantaient son esprit, comme tout ce qui intensifiait sa vision du monde ou plutôt tout ce qui favorisait la fusion de son monde intérieur avec le monde extérieur. C’étaient enfin ses meilleurs moments: un fabuleux bouche-à-bouche. L’unité régnait à nouveau ici-bas. Elle était à la recherche de ces instants glorieux quand la place entière était cédée à la sidération. L’émotion qui naissait alors était porteuse d’une métamorphose. Cette idée la réjouissait. Se sentir transformée équivalait à une révélation. (…) Les coïncidences lui tournaient la tête, ouvraient ses yeux, ses lèvres, ses oreilles, lui procuraient la divine sensation de l'étonnement. Elle se laissait volontiers séduire par l’idée que d’autres réalités se dissimulaient derrière ces manifestations extérieures si elle était prête à les voir. La réalité était en cela comparable à une peinture à l’huile: toute en couches de pigments successives dont la superposition demeure invisible à l’œil nu. Les amoureux sont sensibles aux signes les plus infimes: elle était tout le temps amoureuse, donc très exercée à l’extra-lucidité et capable d’aller voir jusqu’à la couche la plus maigre pour découvrir le dessin originel. Faire cette descente, c’était en quelque sorte accéder aux causes premières et anticiper leurs effets.

 

in Swiftitudes

Henri-François Guitard

 

La vie n’est donc qu’une course éperdue

 Rien ne sert de courir

 Il faut partir à point

Il faut mourir à point

Chercher devant une ombre

Et se ronger les poings

L’on voudrait résister bien ou mal

Et mettre les poings sur les i d’idéal. 

 

 

 

 

 

 

Barbara

  

Toi que j’ai souvent cherché

A travers d’autres regards

 Et si l’on s’était trouvé

Et qu’il ne soit pas trop tard

Pour le temps qu’il me reste à vivre

Stopperais-tu ta vie ivre

Pour venir avec moi

Sur ton île aux mimosas. 

 

 

Jim Morrison

 

Love hides in the strangest places
 Love hides in the middle of your faces
 Love comes when you least expect It

 

 

Léo Perutz

 

Je ne pense guère de bien de ce que les gens racontent. Un sourd a entendu un muet raconter qu'un aveugle a vu un paralytique danser sur une corde raide.

 

in La Nuit sous le pont de pierre

 

 

08/04/2014

Charles Baudelaire

 

Issu de la pensée avide d’absolu qui ne trouve rien à sa mesure, le spleen garde de cette aspiration brisée quelque chose d’âpre et de tendu. Et d’autre part, d’avoir à son origine la sensation implacable du vide des choses et de la fugacité des êtres lui donne on ne sait quel air de condamnation perpétuelle et de paralysie sans remède. Démuni à la fois de résignation et d’espérance, le spleen est une sorte de violence immobile. 

 

 

Frédéric Nietzsche

 

Il faut avoir un chaos en soi-même

pour accoucher d'une étoile qui danse.

 

 

Serge Bouchard

 

 Qui n'aime pas les loups n'aime pas la nuit, la nuit pour ce qu'elle est, c'est-à-dire la face obscure de notre immense liberté. 

 

in Quinze lieux communs

 

 

Nicolas Grimaldi

 

A travers le moi, tout se révèle, tout se réfléchit, tout s’exprime. Mais par rapport à ce dont il se fait ainsi le médium, le moi est-il autre chose que ce qu’est une vague sur la mer ? Elle se forme de très loin, enfle, monte, se précipite, elle explose, elle se brise; et pourtant elle n’existe pas.

 

in Traité des solitudes

 

 

Christian Bobin

 

Ce qui ne peut danser au bord des lèvres

- s'en va hurler au fond de l'âme.

 

in L'autre visage

 

 

Maguerite Duras

 

C'est un état pratique d'être perdu. c'est là qu'on boit.

Puisqu'on est perdu, on n'a rien à perdre.