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03/07/2014

Jacques Réda

 

… «  mais les dieux, où sont-ils, les pauvres ?

- à la cave ;

Et n’en remontent que la nuit, chercher dans la poubelle

de quoi manger un peu. Les Dieux

ont tourné le coin de la rue. Les dieux

commandent humblement un grog à la buvette de la gare

et vomissent au petit jour contre un arbre. Les dieux

voudraient mourir. »

 

 

Denis Diderot

 

Si un homme, qui n’a vu que pendant un ou deux jours, se trouvait confondu dans un peuple d’aveugles, il faudrait qu’il prit le parti de se taire ou de passer pour un fou.

 

in Lettre aux aveugles

 

 

 

René de Obaldia

 

Les colombes ne demandent qu’à s’envoler,

qu’à aveugler l’azur.

 

in Le Centenaire

 

 

René Char

 

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront. 

 

in Rougeur des matinaux  

 

   

 

 

Victor Hugo

 

Vous voulez les misérables secourus. 

Je veux la misère supprimée.

 

 

 

 

Raoul Vaneigem

 

Ne permettez plus que les hommes politiques stigmatisent l'insupportable violence faite aux individus alors qu'ils la suscitent sciemment, dès l'enfance, vulgarisant, au nom de la rentabilité, un élevage concentrationnaire où, parqués de vingt-cinq à trente par classe, les écoliers se trouvent crétinisés par les principes de compétition et de concurrence, soumis aux lois de la prédation, initiés au fétichisme de l'argent, confits dans la peur de l'échec, infestés par l'arrivisme, livrés à des fonctionnaires amers et mal payés, moins enclins à nourrir la curiosité des jeunes générations qu'à se venger sur elle de leurs infortunes. Les collectivités d'enseignants, de parents et d'élèves n'ont-elles pas le pouvoir d'imposer des normes scolaires répondant, non à la rentabilité des malversations budgétaires, mais au souci de confier à un grand nombre d'accompagnateurs d'apprentissage, aussi avides d'enseigner que de s'instruire, de petits groupes d'enfants et d'adolescents à qui rien de ce qui est humain ne demeurera étranger ?

 Si elles ne l'ont pas, qu'elles le prennent ! Qu'elles exigent, à contre-courant des coupes et des concentrations opérées par l'économie parasitaire, la multiplication de petites écoles, permettant à l'enseignant d'individualiser son enseignement et de propager jusque dans le milieu familial et social cette intelligence sensible du vivant, seule capable de décourager la barbarie !

 

in Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante

 

 

André Malraux

 

Ceux qui croient que le pouvoir est amusant

confondent "pouvoir" et "abus de pouvoir". 

 

 

Suzy Cohen

 

Le poète descend du songe 
 

in la revue Microbe n°84

 

 

02/07/2014

Eugène Savitzkaya

 

Le temps ne passe pas, il monte rejoindre le grand fluide, le « tout-temps » qui se dilate et ne peut qu’accueillir le courant des objets, des êtres et des mots lâchés comme buée dans le feu du soleil.

 

in Fou trop poli

 

 

01/07/2014

Jean Anouilh

 

C'est sinistre la jeunesse. On peut tout et on ne peut rien. J'aime encore mieux avoir mal aux pieds et sentir que la mécanique s'enraye. Dans ces ruines, j'ai l'esprit libre. Mais à vingt ans... 

 

in Le directeur de l'Opéra

 

 

Henri Perruchot

 

Degas avait raison de dire qu'« il faut décourager les arts ». Les hommes qui doivent créer créeront en dépit de tous les obstacles. Ce sont des hommes-fleuves : on n'arrête pas les fleuves.

 

in La peinture

 

 (Note de cg : et les femmes ? Est-ce qu'on arrête les femmes fleuves ? non ne me dites pas que les femmes sont des rivières qui se jettent dans les bras des fleuves... Qu'importe la taille du lit (de l'eau), c'est le courant qui compte, créons, créons...)

 

 

 

Eugène Savitzkaya

 

Nous n’agissons pas, nous sommes agités,

affirme le fou dans son hamac.

 

in Fou trop poli

 

 

30/06/2014

Eugène Savitzkaya

 

la lune couvait tranquillement son œuf dans la buée du grand vent

 

 in Fou trop poli

 

 

Félix Leclerc

 

Ce qu'il faut de saleté pour faire une fleur !

 

in Le calepin d'un flâneur

 

 

René Char

 

Je te déteste d'amour. 

 

in Trois coups sous les arbres