Saïd Mohamed
Comment apprécier l’insolence des moineaux
et convaincre l’ombre du bien-fondé de la lumière
Survivre aux ratages de l’existence et à cette nostalgie qui éreinte.
in L’éponge des mots
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Comment apprécier l’insolence des moineaux
et convaincre l’ombre du bien-fondé de la lumière
Survivre aux ratages de l’existence et à cette nostalgie qui éreinte.
in L’éponge des mots
L’amour avec la peur l’amour stérile l’amour sans amitié l’amour injuste par manque insuffisance que ce soit dans un lit un nid dans les buissons l’amour s’il n’est pas expansion universelle dans chaque fibre de matière chaque rayon de conscience l’amour sans amour est inutile
in L’Amour d’Amirat
De la forme sans contours appellée « rien »
Nous connaissons l’existence
depuis les temps anciens.
tes mains plus belles qu’une source
ton visage incertain et fuyant
je voyais tout je te voyais
partout où le jour recommence
in passé simple
Toutes les conquêtes
Sont des fosses
Communes
in Opus Incertum
Les enchanteurs pourrissent au fond des tranchées.
in Souffles
Pris dans la tourmente des loups dépouillés
Qui guettent l’étrange et le dérisoire.
Partout avec ces mots de pauvre, aller
Dans la perception des miroirs
En traversant sur les passages cloutés.
in L'éponge des mots
On vous demande des actes, des preuves, des œuvres, et tout ce que vous pouvez produire, ce sont des pleurs transformés.
in Pensées étranglées
J’ai connu les ventres outragés et le rire des singes,
L’ombre du feu avec dans la bouche
Les cendres des morts comme seule preuve de vie
Et combien de corbeaux, de singes, de najas,
D’étranges banyans et d’immenses
Oiseaux de nuit.
in L’éponge des mots
Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître
et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.
Il vous faut rester là longtemps
Jusqu’à que ce que cette barque qui est vous
Prenne âge de toute part
Et le chant cèdera
Qui vous retenait au monde.
in Triptyque du veilleur
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.
in L'usage du monde
Une erreur ne devient pas vérité parce que tout le monde y croit, pas plus qu'une vérité ne peut devenir erreur lorsque personne n'y adhère.
L’oisiveté est la mère des intuitions
in L’activité du monde contemporain (Pages Insulaires 26)
Je ne veux pas que ma maison soit murée de toutes parts, ni mes fenêtres bouchées, mais qu'y circule librement la brise que m'apportent les cultures de tous les pays.