Jean-François Sené
Et ils te lisaient
A l’oreille
Dans la procession
Indécise des cirrus
Les cillements du temps
A venir
in Amarante entre les lignes
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Et ils te lisaient
A l’oreille
Dans la procession
Indécise des cirrus
Les cillements du temps
A venir
in Amarante entre les lignes
Que peut-on à la fin
Retenir d’un poème
Sinon un vers
Peut-être deux
Et puis tout ce silence
Autour
in L’hostilité mortelle de l’inconnu
J’ignore d’où je viens
Si je ne me perds pas
in Un pas de plus
Dans la ville à front ridé,
Dans la ville des fumées,
Veillent de sourds marteaux-piqueurs,
Des hies tremblantes,
Dures d’oreilles,
Entre les mains dures de cals
De potentats déchus de leur trône de paille,
Rois en exil des sables,
Des vents,
Grands manitous qui ne manient plus rien
Que la défonce à front de bitume,
Aux vertèbres de papier.
in Crispations
Il y a une fillette folle
Qui répète colibri colibri
Puis par la fenêtre s’envole
Il y a dans les nuages
Un paon qui fait la roue
Il pleut des plumes rouges
in Eternité de la rose
on dit
« c’est un oiseau »
qu’en savons-nous ?
j’invente
un arbre
et
quelques baies
de ton amour
me suffisent
in Ecailles de nuit
Dans ce bol sans extérieur nous
Aimons boire.
Grands nuages de la faim, morcelés,
Souffrant nuages de la douleur sans nom,
Passants d’un autre monde sitôt oubliés,
Si riches d’espérances, de lendemains
Qui hantent,
Nuages fracassés.
in Crispations
Moulus aux meules de la nuit. Poèmes, dites-vous ?
Et moi qui m’étonnais…
in La solitude du poète
Ce qu’on fait de grand est invieillissable
Celui qui est mort sans dire son nom
Dans la barbarie de la guerre
Front immobile contre l’horizon
Celui qui dort au fond de la terre
Dans la paix des cimetières
Et nous attend
in je déserterai mon nom
Hommes-lierre, hommes-galets, sans angles, sans arrêtes,
Dévorés par les rouilles fugaces de la modernité,
Roulant avec le flot jusqu’à votre embouchure inexorable.
Hommes-galets,
Dans les murs de la peur journalière,
Hommes-lierre, accrochés à vos rêves effilochés,
Nourris par les écrans de la réalité virtuelle,
Vous acceptez l’abominable, parce que les images,
Les voix qui sont censées savoir vous ont affirmé,
(et vous les croyez), que l’inacceptable doit être accepté
Comme l’hiver succède à l’automne, l’automne à l’été.
Hommes de peur, de sang, consommateurs conditionnés,
Sommés chaque jour de consommer plus de dérisoire,
Vous avez trop longtemps accepté avec naïve confiance,
De confier vos pauvres vies à la cupidité, au mensonge.
in Crispations
Gardiens du temple obscur de nos vacuités,
Protecteurs sans rivages
Contre les puissances hagardes qui campent
A nos lisières
in Crispations
Sur le front, un rivage,
La trace, la blessure.
in Crispations