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CITATIONS - Page 56

  • Catherine Gil Alcala

     

    Les paroles innommables clouent des sortilèges dans le ciel.

    Des nations en marche me piétinent sur la pointe des pieds en remontant leur montre dans un battement de cœur synchronisé. 

    in Zoartoïste

     

     

     

  • Fanny Sheper

     

    Comme des singes cinglés,

    Picolent et racontent des histoires de vivants.

    Avec leurs corps d’enfants mal aimés,

    Ils donnent leur amour à la rue des hasards.

     

    in Cheval Rouge

     

     

     

  • José Emilio Pacheco

     

    Pas de happy end en poésie

    Les poètes finissent

    par vivre leur folie.

    On les dépèce comme des bœufs

    (voyez Dario)

    Ou bien on les lapide et ils se jettent

    de dépit à la mer,

    mâchent quelques cristaux de cyanure,

    ou c’est l’alcoolisme qui les tue,

    la toxicomanie la misère.

    Bien pire encore :

    ils deviennent poètes officiels

    amères momies d’un sarcophage

    appelé Œuvres complètes.

     

    traduit par Laurent Bouisset

    in Traction Brabant 80

     

     

     

  • Saïd Mohamed

     

     

    Notre père qui êtes aux cieux

    Donnez-nous notre poésie du quotidien

    Aussi inutile soit-elle. Nous ferons avec si peu

    De chaque instant, celui de la beauté et du désir.

    Donnez-nous la force de foutre cul par-dessus tête

    L’ordre des souverains avec de simples mots.

     

    in Paroles & Chansons comme ci – comme ça

     

     

     

  • Fanny Sheper

     

    Tu te baladeras dans le pays gris

    Des taupes à cul rose.

    Et avec tes grands yeux, tu pourras même cajoler

    Des requins noirs aux dents de satin.

     

    in Cheval Rouge

     

     

     

     

  • Empédocle

     

    Ne cesserez-vous pas ce meurtre au bruit funeste ?

    Ne voyez-vous pas que vous vous dévorez les uns les autres

    dans l'étourderie de vos cœurs ? 

     

     

     

     

  • Sarah Roubato

     

    Un animal a envie de chialer en moi. Mais il a perdu son cri. Je me sens sec. Sec comme un arbre mort qui a encore assez de feuilles pour ne pas que ça se voie. Il faudrait quelque chose pour me rendre à nouveau vivant. Un autre regard qui se poserait sur ma vie. Quelqu’un qui verrait ce que je ne m‘autorise pas à être. Quelqu’un qui ferait bien plus que m’apprécier. Qui pourrait m’espérer.

     

    In 30 ans dans une heure 

     

     

     

  • Jiddu Krishnamurti

     

    Indéniablement, l'amour, c'est être en communion avec quelqu'un, mais y a-t-il une communion - autre que physique - entre vous et votre femme? La connaissez-vous - excepté physiquement ? Et elle, vous connaît-elle? N'êtes vous pas l'un comme l'autre isolés, l'un comme l'autre à la poursuite de vos propres intérêts, de vos propres ambitions, chacun attendant de l'autre une gratification, une sécurité d'ordre économique ou psychologique? Une telle relation n'en est pas vraiment une - c'est un processus d'enfermement réciproque et de repli sur soi, né d'une nécessité psychologique, biologique et économique, dont le résultat évident est le conflit, le malheur, les reproches incessants, une possessivité doublée de peur, de jalousie et ainsi de suite.

     

    in Amour, sexe et chasteté 

     

     

     

     

     

     

  • Antoine Emaz

     

    Ce monde est sale de bêtise, d’injustice et de violence ; à mon avis, le poète
    ne doit pas répondre par une salve de rêves ou un enchantement de langue ;
    il n’y a pas à oublier, fuir ou se divertir. Il faut être avec ceux qui se taisent
    ou qui sont réduits au silence. J’écris donc à partir de ce qui reste vivant dans
    la défaite et le futur comme fermé. S’il n’est pas facile d’écrire sans illusion,
    il serait encore moins simple de cesser et supporter en silence. Donc, j’aime
    à penser la poésie comme un lichen ou un lierre, avec le mince espoir que
    le lierre aura raison du mur.

    in Entretien, in revue "Scherzo" n° 12-13, été 2001

     

     

     

  • Louis Calaferte

     

    LE MONDE EST NOUS TOUS, OU RIEN

    Haïssez celui qui n’est pas de votre race.
    Haïssez celui qui n’a pas votre foi.
    Haïssez celui qui n’est pas de votre rang social.
    Haïssez, haïssez, vous serez haï.
    De la haine, on passera à la croisade,
    Vous tuerez ou vous serez tué.
    Quoi qu’il en soit,
    vous serez les victimes de votre haine.
    La loi est ainsi :
    Vous ne pouvez être heureux seul.
    Si l’autre n’est pas heureux,
    vous ne le serez pas non plus,
    Si l’autre n’a pas d’avenir,
    vous n’en aurez pas non plus,
    Si l’autre vit d’amertume,
    vous en vivrez aussi,
    Si l’autre est sans amour,
    vous le serez aussi.
    Le monde est nous tous, ou rien.
    L’abri de votre égoïsme est sans effet dans l’éternité.
    Si l’autre n’existe pas, vous n’existez pas non plus.



     

  • Jorge Amado

     

    (…) c’était encore trop pour les pauvres de vivre, vivre en résistant à tant de misère, à des difficultés sans fin, à cette extrême pauvreté, aux maladies, au manque total d’assistance, vive quand ils n’avaient que les moyens de mourir. Pourtant ils vivaient, c’étaient des gens obstinés, et ils ne se laissaient pas liquider facilement. Leur capacité de résistance à la misère, à la faim, aux maladies, venait de loin, elle était née sur les bateaux des négriers, et elle s’était affermie dans l’esclavage. Leurs corps étaient aguerris ; ils s’étaient endurcis au dénuement.

    Et non contents de vivre, ils vivaient heureux, qui plus est. Et plus ils avaient des difficultés, plus ils riaient au son des guitares et des harmonicas (…). Ils affrontaient la misère avec allégresse, se moquaient de leur pauvreté et allaient de l’avant. Lorsqu'ils ne retrouvaient pas dès leur naissance les angelots des cieux, élus par Dieu et par la dysenterie, la faim et le manque de soins, les enfants s’élevaient à cette dure et joyeuse école de la vie, ils héritaient de leurs parents la résistance et la capacité de rire et de vivre. Ils ne se rendaient pas, ils ne se soumettaient pas au destin, humiliés et vaincus. Non, ils résistaient à tout, affrontaient la vie et ne la trouvaient pas nue et froide, ils la revêtaient de rires, de musique, de chaleur humaine et de gentillesse (…).

    Voilà comment ils sont ces gens simples, des durs à cuire. Voilà comment nous sommes nous hommes du peuple, joyeux et obstinés. C’est ceux de la haute qui sont des mous, des piliers de pharmacie bourrés de barbituriques, rongés d’angoisse et de psychanalyse (…).

     

     in Les pâtres de la nuit (1970)

     

     

     

     

     

     

  • Jean Giono

     

    Dès que les sens sont suffisamment aiguisés, ils trouvent partout ce qu’il faut pour découper les minces lamelles destinées au microscope du bonheur. 
    Tout est de grande valeur : une foule, un visage, des visages, une démarche, un port de tête, des mains, une main, la solitude, un arbre, des arbres, une lumière, la nuit, des escaliers, des corridors, des bruits de pas, des rues désertes, des fleurs, un fleuve, des plaines, l’eau, le ciel, la terre, le feu, la mer, le battement d’un cœur, la pluie, le vent, le soleil, le chant du monde, le froid, le chaud, boire, manger, dormir, aimer.


    in La Chasse au bonheur