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30/12/2015

Erri de Luca

 

L’humanité sera rare, métisse, bohémienne

Et elle ira à pied. Elle aura pour butin la vie

La plus grande richesse à transmettre ses fils. 

 

 

Erri de Luca

 

Nous nous détachons de la moitié du monde, non pas du Sud

 

in Aller simple

 

 

 

Luis Sepúlveda

 

On a la nostalgie de ce qu’on vous arrache, non de choses imaginaires.

 

in Dernières nouvelles du Sud

 

 

 

Elisa Parre

 

L’âme dit au corps

j’ai besoin que tu cuises

ton argile crue

aux enfers

 

 in Quotidiens surpris

 

 

Jacques Coly

 

& la moelle & l’âme dans la gueule du loup ce sont toujours les mêmes personnages hirsutes qui posent l’indéchiffrable énigme saurions-nous marcher sans croix blanche dans le dos ? n’éveillez pas le chien qui dort dites-lui tout bas que la lune n’est pas une tranche de citron amer qu’elle saigne bel et bien fidèle & glacée

in  Livre d'Öpame

 

 

29/12/2015

Marthe Émon-Peyrat

 

seins de silence

arbres profonds

la lumière transperçait les feuilles

tu me montrais les sangliers

qui se baignaient dans l’eau du monde

et qui gîtaient contre mon ventre

 

 in tu as ouvert l’autre porte

 

 

 

Armand le Poète

 

Quand tu dors

(mais tu ne le sais pas)

tu deviens

le quartier général

des papillons 

 

in Mes plus beaux poèmes d’amour

 

 

 

28/12/2015

Ile Eniger

 

– Tu comprends, à choisir un code je n’en vois qu’un : l’amour. Je me fiche que cela paraisse désuet, ou décrété impossible par une tonne de crétins. Il y a une perfection quelque part, je la cherche. Je ne vis pas à contre-courant, j’essaie d’aller dans mon courant. 

 

 in La femme en vol

 

 

 

Georges Cathalo

 

sept ans de visites

ont achevé Lascaux

effacé 15000 ans d’Histoire

mais on a reconstitué

une grotte postiche

pour se souvenir du passé

après ça dépêchons-nous

de reproduire la planète

en photocopie-minute

car elle n’a pas de double

 

in Quotidiennes pour oublier

 

 

Saïd Mohamed

 

La dentelle des jours nous pousse à faire escale

dans les ports aux romances inachevées,

à chercher dans la multitude des petits riens

ces choses de peu qui manquent le plus.

 

in L’éponge des mots

 

 

André Laude

 

 Je longe le long sillon qui conduit aux morts muets.

Je songe à la neige, aux chevaux de feu,

à l’hiver des paroles.

Je vois des bois brûlés, des vaisseaux échoués,

des mouettes prises par le gel.

Je longe le fleuve de sang et de larmes

qui traverse les inquiétantes ruines.

Je sens l’odeur des prédateurs, l’urine

de la hyène, la matière fécale des jeunes bébés.

J’écris à partir d’un noyau de nuit.

J’écris à partir d’une tranchée noyée de boue.

J’écris corde au cou.

La trappe déjà tremble sous mes pieds.

Je longe le marbre froid qui donne le frisson

et chante une très étrange et vieille chanson,

qui dit qu’aujourd’hui et pour toujours

le ver est dans le fruit.

 

 

 

 

Lautréamont

 

 J'ai reçu la vie comme une blessure et j'ai défendu au suicide de guérir la cicatrice.

 

 

 

Roger-Gilbert Lecomte

 

Paroles du Thibet
Il est dit autrefois
Qu'errant éperdue dans l'informe
Eparse dans l'obscurité
La pauvre ombre sans graisse du mort
La bouche pleine de terre
Dans le noir sans mémoire tourbillonne il fait froid
L'espace ne connaît que le glissement glacé des larves

 

in Sacre et massacre de l’amour

 

 

 

Roger-Gilbert Lecomte

 

Du vieux foetus aïeul
A notre mère putride
La pourriture aïeule
En robe de phosphore
  

in Sacre et massacre de l’amour

 

 

 

27/12/2015

Jean-Louis Bernard

 

Voyage au bout

de l’inguérissable

où les dieux se sont perdus

où l’homme demeure

en transe éblouie

au centre de l’obscur

 

 in Dans la tanière obscure du soleil (Encres Vives 398)