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15/11/2015

Jean-Michel Bongiraud

 

Toute fleur piétinée se relève

 

 in Une quinte sous nos doigts

 

 

 

11/11/2015

Octavio Paz

 

La poésie n’est pas incompréhensible, elle est inexplicable

 

 

 

Jean Dif

 

Mon sang n’est pas millésimé

Je n’ai jamais claqué des nageoires

au club des Otaries

ni à celui des Beaux Esprits

Mes songes n’impressionnent pas

l’obscur miroir des pellicules

 

in Sous les couteaux des horloges

 

 

 

Bruno Msika

 

Il mange des groseilles

Et les grenouilles en sueur

Testent ses réserves d’oxygène

 

in Prisme

 

 

 

Jean Michel Bongiraud

 

L’univers a hérité d’une terre

A la paille féconde, à l’exhalaison de l’amour,

D’un fruit aussi mûr qu’une bouffée de soleil

Et sur nos cuisses morfondues

Repose la litière de la vie

 

Mais tels de vieux perroquets

Pointant leur bec vers les étoiles

En cercles restreints sous les alcôves

Nous rabâchons nos chimères.

 

in Pour retendre l’arc de l’univers

 

 

 

Jean Dif

 

Ainsi chemine t-on

le soleil dans le dos

afin de piétiner son ombre

 

Pourquoi se plaindre

On arrive nu dans la vie

et on repart habillé

  

in Sous les couteaux des horloges

(385ème Encres Vives)

 

 

Guillaume Siaudeau

 

 

Et parfois quand la nuit avale

 Les dernières bouchées de crépuscule

 Elle se retrouve assise sur son lit

 Avec un avion sur la tempe

 

 in poèmes pour les chats borgnes

 

 

 

 

10/11/2015

Proverbe japonais

 

La vie est une bougie dans le vent
 

 

 

Romain Gary

 

Je suis a priori contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. (...) Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher. 

 

 

Cioran

 

Contre qui mener la lutte et où diriger l’assaut

quand l’injustice hante l’air de nos poumons, l’espace de nos pensées

et la stupeur des astres ?

 

in Précis de décomposition

 

 

09/11/2015

Robert Desnos

 

Heureux l’homme soumis à ses fantômes. Certes, il connaîtra des nuits désertes, d’inexplicables nostalgies, des mélancolies infinies, le désir sans raison, le spleen, l’implacable spleen. Mais il remettra la terre à sa place parmi les astres et l’homme parmi les créatures. Jamais l’or ne le détournera de son chemin. Jamais un boulet d’esclave n’entravera sa marche. Mieux, tout ce qu’il désirera, il l’obtiendra par la magie même de son imagination et les visites mystérieuses charmeront sa solitude. Libre, il agira librement en toute chose et sorti du dédale terrible de ses rêves, est-il quelque chose sur terre qui pourrait l’épouvanter ?   

in Puissance des fantômes, 1928

 

 

07/11/2015

Guillaume Siaudeau

 

 

Elle fait de la fumée sans feu

 Sur le bord de ses lèvres

 Pour les indiens morts

 Qui dansent dans sa tête

 

 

in poèmes pour les chats borgnes

 

 

 

 

06/11/2015

Roger-Gilbert Lecomte

 

Je viens dans ton sein accomplir le rite
Le rythmique retour au pays d'avant-naître
Le signe animal de l'extase ancienne


 in Sacre et massacre de l’amour

 

 

 

Jean-Louis Bernard

 

entre source et signe

un très ancien pacte

pour réinventer

les contrées du vent

 

in Entre trace et obscur

 

 

 

Jean-Louis Bernard

 

entrer en connivence

avec les temps qui n’ont plus cours

avec l’avant et puis l’ailleurs

avec la brûlure des signes

 

in Calligraphie de l’Ombre