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16/12/2015

Ile Eniger

 

Toujours le sens de l’épine et de l’épure. La croisée des mondes, sa lumière sur les vignes. L’étrange voix d’air par la bouche des feuilles. La traverse des nuits empruntées chaque soir. La neige gantée qui recoud les terres. Le ruisseau d’impatience en ses chaussures d’eau. La petite robe rouge dans la vigueur du jour. L’homme qui rentre par le chemin du soir. L’odeur chauffée des sueurs. Ces choses maintes fois dites, faites. La vie dans ce méli-mélo qui va sans instructions. Est-ce là le battement sidéral du panier quotidien ? L’ange a un rire d’alouette quand il ne répond pas.

 

 

Ji-Gen

 

 

Le son des cailloux

 Entre les dents du râteau

 Creuse le silence

 

 

 

Patrick Devaux

 

quand

 

 

 tombe

la nuit

 noire

 

  

l’aile

 blanche

 

  

en

 silence

 

  

se libère

 des ronciers

 

 

in l’archiviste du brouillard

 

 

 

Joseph Beaude

 

 

Les grives ébouriffées délaissent le chant pour le pain.

Le balcon enneigé retient leur prose fragile.

 

in Il neige

 

 

 

 

Patrick Devaux

 

 

Victoire du mauve, des bleus outremer, silence des flaques noires.

 

Absence d’oiseaux, surtout.

 

Angoisse d’étoiles.

 

 

in Les mouettes d’Ostende

 

 

 

 

 

15/12/2015

Éric Barbier

 

retrouver une distance

se tenir sur le fil

encore lâche du jour 

 

s’y dresser encore à nu

dans l’équilibre empierré de la mémoire

 

in Promesse achevée à bras nus

 

 

 

Proverbe malgache

 

Un sage qui se dispute avec un imbécile ne récolte que de la fatigue

 

 

Jean Dif

 

Les rencontres m’effraient

et pourtant je le sais

qu’on ne lave bien son âme

que dans le regard d’autrui

 

in Sous les couteaux des horloges

 

 

Saïd Mohamed

 

Il n’est de sommeil plus puissant

Que notre intelligence à ne pas vivre

 

in L’éponge des mots

 

 

 

Jean Michel Bongiraud

 

 

Et quelle main a déposé dans mes besaces

Autant de reptiles à la morsure fatale ?

Je suis la pauvreté, la poussière

Et le bourgeon séché sur la branche.

 

in Pour retendre l’arc de l’univers

 

 

 

 

12/12/2015

Anaïs Nin

 

Je fais reculer la mort à force de vivre, de souffrir, de me tromper,

de risquer, de donner et de perdre.

 

 

11/12/2015

Ariane Dreyfus

 

Les pierres ne quittent jamais le monde.

Elles lui laissent un peu de leur poids et un peu de leur forme.

Tu les écartes à peine en les lançant, leur exil n’est pas même un départ.

 

 in La terre voudrait recommencer

 

 

 

Louis Raoul

 

Vous entrez dans un autre pays

Une autre saison

La parole se fait maintenant plus lente

Elle peut dire ce bruit de paille

Dans le vent

D’une pluie coupée. 

 

in Triptyque du veilleur

 

 

 

 

10/12/2015

Isabel Pérez-Montalbán

 

Les plaies de la misère couvrent des larves.

La faim ouvre son sillon et s’échoue dans de vieux ports abandonnés

Sur le sable

Et au danger de la jungle.

Il n’y a pas assez de sépultures, de niches, de fosses communes,

D’extensions suffisantes,

Pour enterrer les nombreuses prises d’enfants

D’une seule journée. On les assiègent la nuit,

Pendant leur sommeil parmi les cartons de la rue.

Il paraît qu’ils font du tort du commerce.

 

in Tiers-Monde

 

 

Sir George Bernard Shaw

 

Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent ...

et pour les mêmes raisons.