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02/01/2016

Erri de Luca

 

Vis en déserteur d’une guerre, proclame les vaincus non pas le vainqueur,

trinque à l’insurrection des cibles  

 

 

01/01/2016

Evangile des Égyptiens, texte gnostique du IIe siècle.

 

Le règne de la mort durera

jusqu’à ce que le masculin

et le féminin ne fassent plus

qu’un. 

 

Chief Dan George

 
Que les étoiles chassent votre tristesse
Que les fleurs remplissent votre cœur de beauté
Que l'espoir essuie définitivement vos larmes
Et que par dessus tout, le silence vous rende fort.
 
 

31/12/2015

Gilles Pajot

 

Mais où est donc la fuite ?

Par où ma vie perd-elle ce sens que j’invente laborieusement pour elle ?

 

Saïd Mohamed

 

Dans cette nuit espagnole, tu pointes un doigt vers le ciel

et désignes l’aube avec sa rivière

roulant des perles noires.

 

in L’éponge des mots

 

 

 

Cécile Sauvage

 

Ô mon fils, je tiendrai ta tête dans ma main,

Je dirai : j'ai pétri ce petit monde humain,

Sous ce front dont la courbe est une aurore étroite j'ai logé l'univers rajeuni qui miroite Et qui lave d'azur les chagrins pluvieux.

Je dirai : j'ai donné cette flamme à ces yeux,

J'ai tiré du sourire ambigu de la lune,

Des reflets de la mer, du velours de la prune

Ces deux astres naïfs ouverts sur l'infini.

Je dirai : j'ai formé cette joue et ce nid

De la bouche où l'oiseau de la voix se démène;

C'est mon oeuvre, ce monde avec sa face humaine.

O mon fils , je tiendrai ta tête dans ma main et, songeant que le jour monte, brille et s'éteint,

Je verrai sous tes chairs joyeuses et vermeilles

Couvertes d'un pétale à tromper les abeilles,

Je verrai s'enfoncer les orbites en creux, l'ossature du nez offrir ses trous ombreux,

Les dents rire sur la mâchoire dévastée

Et ta tête de mort, c'est moi qui l'ai sculptée.

 

in L'âme en bourgeon, un recueil de poésie de 1908, qu'elle dédie à son fils Olivier Messiaen

 

 

 

30/12/2015

Luis Sepúlveda

 

« - Comment avez-vous fait ? a demandé mon socio.

- Quoi donc ? s’est étonnée la vieille dame.

- La fleur, ai-je ajouté en montrant le rameau qui avait fleuri entre ses mains.

- Je ne sais pas. C’est un don, parait-il. Tout ce que je touche vit, a-t-elle répondu timidement. »

 

in Dernières nouvelles du Sud

 

 

Louis Raoul

 

Je te cherche encore

Sachant l’inutile

J’interroge les rues de tes pas

J’essaie des portes

Dans la chambre-seconde

Où ton souffle habitait. 

 

in Triptyque du veilleur

 

 

 

Erri de Luca

 

L’humanité sera rare, métisse, bohémienne

Et elle ira à pied. Elle aura pour butin la vie

La plus grande richesse à transmettre ses fils. 

 

 

Erri de Luca

 

Nous nous détachons de la moitié du monde, non pas du Sud

 

in Aller simple

 

 

 

Luis Sepúlveda

 

On a la nostalgie de ce qu’on vous arrache, non de choses imaginaires.

 

in Dernières nouvelles du Sud

 

 

 

Elisa Parre

 

L’âme dit au corps

j’ai besoin que tu cuises

ton argile crue

aux enfers

 

 in Quotidiens surpris

 

 

Jacques Coly

 

& la moelle & l’âme dans la gueule du loup ce sont toujours les mêmes personnages hirsutes qui posent l’indéchiffrable énigme saurions-nous marcher sans croix blanche dans le dos ? n’éveillez pas le chien qui dort dites-lui tout bas que la lune n’est pas une tranche de citron amer qu’elle saigne bel et bien fidèle & glacée

in  Livre d'Öpame

 

 

29/12/2015

Marthe Émon-Peyrat

 

seins de silence

arbres profonds

la lumière transperçait les feuilles

tu me montrais les sangliers

qui se baignaient dans l’eau du monde

et qui gîtaient contre mon ventre

 

 in tu as ouvert l’autre porte

 

 

 

Armand le Poète

 

Quand tu dors

(mais tu ne le sais pas)

tu deviens

le quartier général

des papillons 

 

in Mes plus beaux poèmes d’amour