Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/11/2015

Jacques Canut

 

 

Dans la couleur de l’abeille

 le frémissement

 du miel.

 

  

in Clins d’œil

 

 

 

 

26/11/2015

Bashô

 

Tous les mouvements

 

du cœur dans un seul frisson

 

de saule pleureur

 

 

 

 

 

 

 

Chant inuit, Canada

 

Il y a de la joie à sentir la chaleur. Viens dans le grand monde et vois le soleil.

Suis les traces des anciens pas dans la nuit d'été.

Il y a de la peur à sentir le froid. Viens dans le grand monde et vois la lune.

Maintenant nouvelle lune, maintenant pleine lune.

Suis les traces des anciens pas dans la nuit d'hiver.

 

 

 

Joël Jaquet

 

L’homme est né simplement

 Pour tomber

  

…ne plus jamais se relever, une lance dans le dos

  

Le feu, l’arc, et sous le masque, la cicatrice ouverte  sur les étoiles,

tout ce qui lui a été appris, lui a été ravi par le flot impétueux du fossé,

 alors pourquoi continue-t-il à changer toujours les pierres de place ?

 

 

 

Delphine Gest

 

 

On a croisé l’enfant qui dodeline de la tête dans le désert des églises poussiéreuses.

On a lâché une pièce : il dodeline de plus belle

 

Commerce des sourires, des rouges à lèvres élastiques, des parures lisses et conformes

 

La rue se maquille, agitée par ses poches pleines de punaises, et ses trottoirs engainés dans leurs courses, où l’entrain se consomme en coups de vent

 

 

in A travers l’écran (Traction Brabant n°40)

 

 

 

25/11/2015

Marlène Tissot

 

Je ne sais pas ce qui m’a semblé le plus étrange

qu’elle appelle son chien « Amour » d’une voix tendre

ou qu’elle s’adresse à son mari en aboyant ?

 

 

 

Vincent Van Gogh

 

Car voilà : on a supposé la terre plate. C'était vrai elle l'est encore aujourd'hui, de Paris à Asnières par exemple. Seulement n'empêche pas que la science prouve que la terre est surtout ronde. Ce qu'actuellement personne ne conteste. Or, actuellement, on en est encore, malgré ça, à croire que la vie est plate et va de la naissance à la mort. 

in Lettre à Emile Bernard, Arles 1888

 

 

 

24/11/2015

Éric Barbier

 

J’erre dans la démesurée douceur

du songe 

 

in Promesse achevée à bras nus

 

 

 

Georges Cathalo

 

il ne lui reste pour amis

que quelques graminées

le merle espiègle du jardin

un crapaud sous une murette

un mimosa fragile

et les buissons ardents

qui ont tout vu tout entendu

et qui se souviennent

 

 in Quotidiennes pour oublier

 

 

 

23/11/2015

Stéphane Labat

 

et qui refuse la souffrance et la lucidité dans sa vie

refuse également la volupté et la connaissance

 

in La poésie de l’extase et le pouvoir chamanique du langage

 

 

 

Roger-Gilbert Lecomte

 

 

Mais qui saurait forcer le masque de ta face
Et l'opaque frontière des peaux
Atteindre le point nul en soi-même vibrant
Au centre le point mort et père des frissons
Roulant à l'infini leurs ondes circulaires
Tout immobile au fond du coeur l'astre absolu
Le point vide support de la vie et des formes
Qui deviennent selon le cercle des tourments
Le secret des métamorphoses aveugles

 

 

in Sacre et massacre de l’amour

 

 


 

 

 

Octavio Paz

 

La mer sculpte, têtue, dans chaque vague,

Le monument où elle s’écroule

 

in Liberté sur Paroles

 

 

22/11/2015

Tristan Tzara

Comment je suis devenu charmant, sympathique et délicieux "Je dors très tard. Je me suicide à 65 %. J’ai la vie très bon marché, elle n’est pour moi que 30 % de la vie. Ma vie a 30 % de la vie. Il lui manque des bras, des ficelles et quelques boutons. 5 % sont consacrés à un état de stupeur demi lucide accompagné de crépitements anémiques. Ces 5 % s’appellent DADA. Donc la vie est bon marché. La mort est un peu plus chère. Mais la vie est charmante et la mort aussi est charmante. J’étais il y a quelques jours, à une réunion d’imbéciles. Il y avait beaucoup de monde. Tout le monde était charmant. Tristan Tzara, un personnage petit, idiot et insignifiant faisait une conférence sur l’art de devenir charmant. Il était charmant d’ailleurs. Tout le monde est charmant. Et spirituel. C’est délicieux, n’est ce pas ? Tout le monde est délicieux, d’ailleurs. 9 degrés au dessous de zéro. C’est charmant n’est ce pas ? Non ce n’est pas charmant. Dieu n’est pas à la hauteur. Il n’est même pas dans le Bottin. Mais il est tout de même charmant. Les ambassadeurs, les poètes, les comtes, les princes, les musiciens, les journalistes, les acteurs, les écrivains, les diplomates, les directeurs, les couturiers, les socialistes, les princesses et les baronnes, c’est charmant. Vous tous, vous êtes charmants, très fins, spirituels et délicieux. Tristan Tzara vous dit : il veut bien faire autre chose, mais il préfère rester un idiot, un farceur et un fumiste. Soyez sincères un instant : ce que je viens de vous dire, est charmant ou idiot ? Il y a des gens (journalistes, avocats, amateurs, philosophes) qui tiennent même les affaires, les mariages, les visites, les guerres, les congrès divers, les sociétés anonymes, la politique, les accidents, les dancings, les crises économiques, les crises de nerfs, pour des variations de dada. N’étant pas impérialiste, je ne partage pas leurs opinions ; je crois plutôt que dada n’est qu’une divinité de second ordre, qu’il faut placer tout simplement à coté des autres formes du nouveau mécanisme à religions d’interrègne. La simplicité est elle simple ou dada ? Je me trouve assez sympathique.

in Comment je suis devenu charmant, sympathique et délicieux

 

 

Bertolt Brecht

 

 Et ils sciaient les branches sur lesquelles ils étaient assis, tout en se criant leurs expérience l'un à l'autre pour scier plus efficacement. Et ils chutèrent dans les profondeurs. Et ceux qui les regardaient hochèrent la tête et continuèrent de scier vigoureusement.

 

 

 

 

Jean Dif

 

Couché sous les éboulis

je fouille mes sédiments

à la recherche d’une racine

ou d’un rossignol

qui chanterait dans mes serrures

 

in Sous les couteaux des horloges