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15/07/2015

Anne Jullien-Pérouas

 

 Le corps en général est assez bien organisé mais il laisse la place à des fouillis, à des mangroves, à des bifurcations. On y rencontre souvent des armées en déroute, fusils en bandoulière et hâvresacs vides.

 

 

 

Jules Renard

 

Fourmis, petites perles noires dont le fil est cassé. 

in Journal (11 mai 1906)

 

 

Jorge Luis Borges

 

Dieu meut le joueur et le joueur, la pièce.
Quel dieu, derrière Dieu, commence cette trame
De poussière et de temps, de rêves et de larmes ? 

 

 

14/07/2015

Antoine Blondin

 

L’homme se distingue de l’animal en ceci

qu’il est doué d’arrière-pensées.

 

 

 

 

 

 

Anne Archet

 

L’État se fait toujours appeler Patrie

lorsqu’il est sur le point de commettre un meurtre.

 

 

André Breton

 

Rien ne sert d’être vivant le temps qu’on travaille.

 

 

 

Edmond Thiaudière

 

Il en est du poète comme de l'araignée. C'est aussi de son propre fond qu'il tire les fils ténus dont il tisse sa toile, et cette toile sans consistance, dès qu'il a fini de l'ourdir, il la contemple avec le même puéril orgueil et la même sereine immobilité, mais il n'y prendra jamais autant de lecteurs que l'araignée de mouches, et, en prit-il autant, il n'a point, hélas ! la ressource de les manger. 


in La Proie du Néant (Notes d'un pessimiste)

 

 

Pierre Colin

 

La nuit entre par tous les mots.

Car la nuit trompe ses vieux amants.

 

 

 

Pierre Colin

 

Les mots sont l’océan de nos barques de pierre.

 Nous avons mis des siècles à dépouiller la nuit de nos chimères.

   

Car nous avons gagné le droit du large, chacun

 Dans son manteau d’écailles et d’horizons.

 Chacun dans le gisant des mots, l’étoile au sec.

  

 La nuit dort sur le flanc, vieux chien de nos poitrines.

 

in Je ne suis jamais sorti de Babylone

 

 

 

 

 

Anne Jullien-Pérouas

 

Sans oublier qu’il existe des mots carnassiers envers d’autres mots plus débonnaires, pacifiques ou simples d’esprit. Les mots carnanssiers n’en font qu’une bouchée. Toute cette histoire est un vrai carnage. Toute cette histoire se passe à l’intérieur de ma gorge, dans un lac d’eaux mortes sommeillant à la fourche de l’os hyoïde.

 

 

Charles Juliet

 

 

À tout moment la vie abonde, ruisselle, irrigue ce quotidien auquel nous ne savons pas nous arrêter. C'est du plus ordinaire que filtre l'eau de la source. Mais il y a tant à débroussailler avant d'être à même de le comprendre, de l'admettre. 

 

in Dans la lumière des saisons

 

 

13/07/2015

Pierre Colin

 

Les passereaux emportent les destins, frères aux jabots de feu, fées aux longs yeux d’amantes, pluies sacrées. L’étreinte à l’âge des clavicordes.

 

Chants de nos cygnes intimes, trouvés morts dans l’aurore, quand le ciel lentement se défait de ses linges de femmes sur le seuil.

 

 Ce goût de vieux futur dans la bouche indécise.

 

in Je ne suis jamais sorti de Babylone

 

 

 

 

Pierre Colin

 

Dans la cour, les guerriers mangent la chair des tours.

Buvez, mangez. Anne est nue dans sa tour.

 

Anne au genou fier, aux chevilles légères. Anne du vent.

Mais de la nuit, que savons-nous, bergère des ifs blancs ?

 

in Je ne suis jamais sorti de Babylone

 

 

 

 

Mark Twain

 

  Il y a des gens qui, à propos de certains problèmes, font preuve d’une grande tolérance. C’est souvent parce qu’ils s’en foutent.

 

 

12/07/2015

Pierre Colin

 

Tout l’impensé du monde est sur nos traces.