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11/06/2015

Claude Roy

Si on aime vraiment, et si on sait rire vraiment, le résultat est le même : on s'oublie, ou du moins on s'efface. Le moi est haïssable, de qui n'aime que son moi. Le moi est haïssable, qui se prend au sérieux, parce qu'il ne voit que lui-même et sans aucune distance. L'amour rend gai, et souvent l'amour fou rejaillit en fou rire parce que les amants rient d'être libérés d'eux-mêmes - par l'autre. 

 

in Permis de séjour, 1977-1982

 

 

 

Albert Brie

 

La preuve que nous appartenons à l'espèce motorisée nous est fournie par le langage. Nous n'exprimons plus nos idées, nous les véhiculons. 

 

in Le mot du silencieux

 

 

 

Anne Archet

 

Le monothéisme est la doctrine qui suppose l’existence d’un être miséricordieux, omnipotent, omniscient et omniprésent qui, pour une raison inexpliquée, n’a rien de mieux à faire que de s’intéresser à ma vie sexuelle.

 

10/06/2015

Jean-Benjamin de Laborde

 

La loi est le fourneau où le puissant forge les fers du faible 

 

 

 

Édouard Herriot

 

Il est plus fou d'être sage parmi les fous

que d'être fou parmi les sages.

 

 

09/06/2015

Georges Picard

 

Un peu de folie sauve,

alors que le refus buté de toute folie

rend fou à coup sûr. 

 

in Tous fous

 

 

08/06/2015

Anaïs Nin

 

La vie se rétracte ou se dilate à proportion de notre courage.

 

 

Anne Archet

 

Je me demande si la loi sur le harcèlement psychologique me permettrait de déposer une plainte contre la mort…

 

 

 

Anne Jullien-Pérouas

 

N’être que cette marche

 

Au-milieu des odeurs de la terre

 

 

Anne Archet

 

Je pense tous les jours à la mort, mais juste comme ça,

histoire de ne pas être prise au dépourvu.

 

 

07/06/2015

Pierre Desproges

 

Torture, nom commun, trop commun, féminin, mais ce n’est pas de ma faute. Du latin tortura, action de tordre.
Bien plus que le costume trois-pièces ou la pince à vélo, c’est la pratique de la torture qui permet de distinguer à coup sûr l’homme de la bête.
L’homme est en effet le seul mammifère suffisamment évolué pour penser à enfoncer des tisonniers dans l’œil d’un lieutenant de vaisseau dans le seul but de lui faire avouer l’âge du capitaine.

La torture remonte à la nuit des temps. A peine eût-il inventé le gourdin, que l’homme de Cro-Magnon songeait aussitôt à en foutre un coup sur la gueule de la femme de Cro-Magnonne qui refusait de lui avouer l’âge de pierre.

Mais il fallut attendre l’avènement du christianisme pour que la pratique de la torture atteigne un degré de raffinement enfin digne de notre civilisation. Avant cet âge d’or, en effet, la plupart des supplices, en Haute-Egypte et jusqu’à Athènes, relevaient hélas de la plus navrante vulgarité. Les Spartiates, eux-mêmes, au risque d’accentuer la dégradation des sites, n’hésitaient pas à précipiter leurs collègues de bureau du haut des falaises lacédémoniennes pour leur faire avouer la recette de la macédoine. Quant à l’invasion de la Grèce par les légions romaines, on n’en retiendra que la sanglante boucherie au cours de laquelle le général Pinochus se fit révéler le théorème de Pythagore en filant des coups de pelle aux Ponèses.
Pour en revenir aux chrétiens, on n’oubliera pas qu’après avoir été, sous les Romains, les premières victimes de la torture civilisée, ils en devinrent les plus sinistres bourreaux pendant l’inquisition. Aujourd’hui encore, quand on fait l’inventaire des ustensiles de cuisine que les balaises du Jésus’fan Club n’hésitaient pas à enfoncer sous les ongles des hérétiques, ce n’est pas sans une légitime appréhension qu’on va chez sa manucure.
Aux portes de l’an 2000, l’usage de la torture en tant qu’instrument de gouvernement se porte encore bien, merci. Même si, sous nos climats, elle a tendance à tomber en désuétude. Pour citer un pays occidental, au hasard, nous sommes en mesure d’affirmer qu’à Monaco, par exemple, le nombre des bourreaux par habitant est actuellement de zéro pour mille. D’ailleurs, on voit mal quelles raisons pourraient pousser un croupier à empaler un milliardaire.
Hélas, quand on s’écarte un peu plus de l’Hexagone, que ce soit vers l’ouest, vers l’est ou vers le sud, on rencontre encore, dans des contrées exotiques pourtant ouvertes au progrès, à trois pas de la piscine du Hilton, ou dans les steppes démocratiques les plus populaires, des empêcheurs de penser en rond qui cognent et qui charcutent, qui enferment et qui massacrent, qui souillent et qui avilissent, et même –ah les cons !- qui arrachent les ailes des poètes au nom de l’avenir de l’homme.

 

 

 

Edgar Morin

Quand on a l'obsession de réfuter une idée, c'est contre soi qu'on veut la réfuter. Si on ne répond pas aux vrais arguments d'autrui, et qu'on en cherche seulement les défauts superficiels, c'est qu'on sent ces arguments terriblement valables.
Certes, je suis conscient du fait que la polémique, qui ferme l'esprit, peut aussi l'aiguiser. La polémique est un aspect du jeu dialectique « de la vérité ». Je ne propose pas la mort de la polémique. Je pose plutôt la nécessité de l'auto-polémique. Ne sommes-nous pas à nous-mêmes notre meilleur ennemi ? Oui, il faut une pensée toujours en lutte, aiguisée, hors du fourreau, mais contre l'ennemi intérieur ; il faut concevoir ce qu'il y a de juste dans une objection, en même temps qu'on fonce pour découvrir ce qu'il y a de faux. 

 

in Le vif du sujet

 

 

 

Angelus Silesius

 

Fou l'homme qui boit à une flaque
Et ignore la fontaine qui jaillit dans sa maison ! 


  in Le Voyageur chérubinique

 

 

06/06/2015

Albert Brie

 

Tant que les hommes d'aujourd'hui, y compris les femmes, vivront pour travailler à une ou plusieurs besognes qu'ils n'ont pas choisies, en vue d'assurer leur nécessaire, l'expression « société juste » sera la plus odieuse foutaise que les cerveaux technocratiques auront inventée à l'usage du peuple anesthésié. 


in Le mot du silencieux
 

 

 

Jean-Marc La Frenière

 

Celui qui crie devient-il moins pesant ?

Si oui, combien de grammes perd-il ?