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08/08/2015

Fabienne Verdier

 

 

Aujourd'hui, dans mon ermitage, j'éprouve un sentiment profond d'osmose avec la nature. Tout espace intérieur possède une ouverture sur l'extérieur. La sève des arbres, le passage fugitif des saisons, la richesse et les variations sans fin de la lumière participent étroitement à la vie intérieure. J’aime mon « aquarium de sérénité », sa relation permanente avec le jardin qui entoure la maison. 

 

in Passagère du silence

 

 

 

Jean-Damien Roumieux

 

J'ai entendu, médiateur entre les hommes et les cieux,  

le chant des oiseaux de cette aube terrestre,  

qui dit les Harmonies sublimes d'où nous venons,  

et vers lesquelles,  

en un grand mouvement universel,  

nous nous tournons,  

plus nobles d'avoir ensemencé,  

plus grands d'avoir vécu.

 

 in Souffle de lumière

 

 

 

Anne Archet

 

J’aime bien me parler à moi-même ; je suis toujours présente,

toujours attentive et je n’interromps jamais.

 

 

 

07/08/2015

Buson

 

 

Au clair de lune

 

Le prunier blanc redevient

 

Un arbre d’hiver

 

 

 

Buson

 

La lune passe à l’ouest

 

L’ombre des fleurs

 

S’étire à l’est

 

 

 

06/08/2015

Francis Krembel

 

 

La fabrique du gel se prépare

Déjà les pierres tendent le dos

L’imaginaire rôde vers des taïgas indéfinies

Et on s’occupe à domestiquer un feu.

 

 

 

 

05/08/2015

Jean-Claude Roulet

 

Je me fous de l’enfer, je ne suis point paveur

 

 

 

01/08/2015

Olivier Verdun

Le joyeux est reconnaissable à dix lieues à la ronde. Il empeste. Il suinte le grand large. On l’envie. On le jalouse. La joie dérange à l’instar des rêves, des voyages, des amours : on s’y abandonnerai à priori mais quelque chose en eux nous effraie et nous empêche d’aller jusqu'au bout ; on leur préfère souvent la tristesse, la contrition, le conformisme, la médiocrité, voire la haine – moins amènes mais caressant davantage la bête dans le sens du poil. En quoi la joie, plus durable, plus dense et totalisante, ne serait réduit pas au plaisir, plus éphémère, partiel, impur, protéiforme ; il est en effet des plaisirs malheureux, des plaisirs de la tristesse, des plaisirs de la haine, des joies compensatoires en quelque sorte, des joies minables, des joies frelatées de peigne-cul : lorsque nous imaginons malheureux l’être que nous haïssons, nous éprouvons une étrange ivresse, empreinte de fureur, de tristesse, de bassesse. Ainsi la médisance – l’un des grands plaisirs de l’existence.

 

in La joie

 

 

 

Issa

 

Ne tue pas la mouche

 Vois comme elle tend

Vers toi les pattes

 

 

 

 

Francis Krembel

 

Aime t-on la personne

 Au souffle près de soi ?

Ou la vaine statue taillée

Impatiemment

Par les ciseaux abrupts d’un quotidien, trop peu regardant.

 

 

31/07/2015

Héléna L

 

Une salamandre au mur m’attire et m’écrase en elle ; je plonge dans un grand bac de lumière, de flammes, de bras tous maternels et beaux. Conneries ! Même un chien devient ma mère ! J’la vois partout, la sens qui tremble avec la terre et des volcans ! partout ! dis-je, des milliers de jets de pierres, de feu, et cet immense partout donc je n’aurais jamais profité !

 

 

Stefanu Cesari

 

 

Quelque part en montagne,  

le temps cède.

 

 

 

 

Sôseki

-         J’aimerais justement aller à cet étang du Miroir.

 -         Allez-y donc.

 -         Est-ce que c’est un endroit qu’on a envie de peindre ?

 -         C’est un endroit où l’on en a envie de se noyer

 

 

 in Oreiller d’herbes

 

 

 

Georges Friedenkraft

 

 Ils m’ont dit que tes mains seraient

 Moitié sapin moitié rizière

Aussi pâles que les bouleaux

Aussi dorées que les volcans

 

 Ils m’ont dit que tes dents seraient

Moitié tigre moitié panthère

Blanches et serrés comme un roc

Dures et bleues comme un couteau

 

Ils m’ont dit que tes yeux seraient

Moitié iris moitié jachère

Les bourgeons d’un saule amoureux

La rive fleurie d’un ruisseau

  

in Métissage

 

 

30/07/2015

Wei Ying - Wou

 

Le monastère du torrent bleu

 

 

 Quand surgit la lune aux monts d'Est
il médite en sa chambre des sommets
Dans la forêt vide, nul feu n'éclaire sa veille
Esseulé dans la nuit, il puise à la source froide
Trente années de vie, sans redescendre jamais
au monastère du Torrent bleu