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07/05/2015

Patrick Devaux

 

chaque abonné

 de la nuit

 

  

a

 

le pouvoir

 de tirer

 au sort

 

 

 

dans

 le chapeau noir

 des solitudes

 

 

 le rêve magique

 d’un lapin blanc

 

 

 

in Ecailles de nuit

 

 

 

Han Shan (IXème s. environ)

 

au pied d'un pin, j'interroge un jeune garçon

il répond: "le maître est parti cueillir des herbes

je sais seulement qu'il est dans la montagne

les nuages sont profonds, on ne sait où

 

 

Lu Yu (1125-1210

 

les nuées sur le mont Lu, la marée remontant le fleuve Che

tant que je n'y étais allé, mille regrets ne se dissipaient

j'y suis allé, j'en suis revenu, rien de spécial

les nuées sur le mont Lu, la marée remontant le fleuve Che

 

 

Santoka (1882-1940)

 

 

ne possédant rien

le cœur en paix

fraîcheur ! 

 

 

06/05/2015

Chiyo-ni (1703-1775)

 

nuit de neige

seul le son du seau

descendant dans le puits

 

 

Moki Mioke

Moki Mioke. (12).jpg

 

Ryokan

 

au onzième mois, l'hiver est sombre,
la pluie et la neige sont abondantes
mille montagnes, une même couleur
dix mille sentiers, de rares passants
mes voyages d'autrefois sont tous devenus des rêves
ma porte en herbes bien fermée,
toute la nuit brûle une bûche de bois blanc
tranquillement je lis les poèmes des anciens

 

 

 

Proverbe soufi

 

Considère le grain de poivre et l'ampleur de l'éternuement.

 

 

Lu Yu (1125-1210)


je balaie le sol, allume de l'encens et ferme la porte pour dormir
 la natte, comme des rides dans l'eau, la tenture comme de la fumée
 ici en étranger, je me réveille, où suis-je?
je soulève le store de la fenêtre à l'ouest, les vagues rejoignent le ciel

 

 

05/05/2015

Patrick Devaux

calme

 nuit

 de

 transparence

 

 tellement

 calme

 

 et

 tellement

 grise

  

que

 j’écoute

 mes tempes

 

 

 

in Ecailles de nuit

 

 

 

 

Patrick Devaux

humains

 

 il y avait

 du monde

 dans les cercles

 le long des routes

  

ou alors

 il y avait

 

 comme

 ce désir

  

de retourner

 à Stonehenge

 

in Ecailles de nuit

 

 

 

 

Ryokan

 

pour faire du feu
 le vent m'apporte
 assez de feuilles mortes

 

 

Jean Joubert

 

Ah ! Nuit plus que nuit,

 Parfum de gouffre

 Et souffle bas d’un spectre.

 

 Et l’égaré,

 Au creux de l’insomnie,

 Supplie en vain le coq

 De convoquer le jour.

  

 in Eternité de la rose

 

 

 

04/05/2015

Bashô (1644-1694)

 

   les montagnes et le jardin
 aussi s'invitent
 dans le salon d'été

 à Kyoto rêvant de Kyoto

 

 

Su Tung po (XIème s.)

 

décrivant ce qui se passe

 
bientôt la fin des prunes jaunes, le son de la pluie se fait rare
 le sentier est couvert de mousse, le vert gagne mon vêtement
 un vent violent se lève, la petite fenêtre n'a pas été fermée à temps
 pétales de fleurs et manuscrits de poèmes ensemble s'envolent