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20/05/2015

Emil Michel Cioran

 

Ne me demandez plus mon programme ;

respirer, n'en est-ce pas un ?

 

in Syllogismes de l'amertume

 

 

19/05/2015

Guy Debord

Il n'est pas douteux que la solitude est préférable

à une action collective compromise.

 

 

Paul Carvel

Dictature : pouvoir absolu d'un seul.
Démocratie
 : pouvoir absolu de quelques-uns. 

  in Sel d'esprit (696)

 

 

17/05/2015

Serge Bouchard

  

La télévision est une plaie, une plaie d'autant plus vive que nul ne songe à la fermer. Alors, elle reste ouverte à longueur de journée et ce pâle reflet, qui ne veut pas guérir, devient un mal atroce dont on se met à jouir. 

  

in Quinze lieux communs

 

 

Hosai (1885-1926)

 

dans la boîte à clous

tous les clous

sont tordus

 

 

16/05/2015

Christian Bobin

 

 

Un poète, c'est joli quand un siècle a passé, que c'est mort dans la terre et vivant dans les textes. Mais quand c'est chez vous, un enfant épris d'absolu, bouclé dans sa chambre avec ses livres, comme un jeune fauve dans sa tanière enfumée par Dieu, comment l'élever ? Les enfants savent tout du ciel jusqu'au jour où ils commencent à apprendre des choses. Les poètes sont des enfants ininterrompus, des regardeurs de ciel, impossible à élever. 

 

in La dame blanche

 

 

13/05/2015

Philippe Jaccottet

 

Pour nous qui vivons de plus en plus entourés de masques et de schémas intellectuels, et qui étouffons dans la prison qu’ils élèvent autour  de nous, le regard du poète est le bélier qui renverse ces murs et nous rend, ne serait-ce qu’un instant, le réel ; et avec le réel, une chance de vie.

 

in L’entretien des Muses

 

 

 

Lao Tseu

 

L’esprit de la vallée ne meurt pas. Là réside la femelle obscure,

dans l’huis de la femelle obscure réside la racine de l’univers

 

in Tao Tö king

 

 

12/05/2015

Yuan Mei (1716-1797)

 
je me suis installé à l'écart du monde de poussière
 que je bouge ou que je me repose, je vis à ma guise
 mes grues blanches à ma place accueillent les visiteurs
 le vent printanier pour moi tourne les pages du livre

 

 

Octavio Paz

 

L’intelligence enfin s’incarne,

les deux moitiés ennemies se réconcilient,

 la conscience-miroir redevient eau,

elle est fontaine, source de fables :

homme, arbre d’images,

 paroles qui sont fleurs qui sont fruits qui sont actes

 

in Hymne parmi les ruines

dans « Liberté sur parole »

 

 

 

 

10/05/2015

Louis Savary

 

Dans certains milieux

 Le rire explosif

 Est assimilé

 A une forme de terrorisme

 

 in Voici venu le temps des larmes

 

 

 

Bashô

 

réclusion hivernale

de nouveau je m'adosse

à ce pilier

 

 

 

 

09/05/2015

Chiyo-ni (1703-1775)

 

fraîcheur ! le bas de ma robe

soulevé par le vent

dans le bosquet de bambous

 

 

08/05/2015

Yang Wan Li (1127-1206)

 

 

dans les gorges la rivière est limpide, dans les gorges la pluie est cinglante
 au milieu de la nuit "siao siao" le son froid commence
 sur une bassine en cristal sautillent dix mille perles
 le son clair de chaque goutte pénètre jusqu'à l'os
 sortant du rêve, je gratte ma tête et me lève pour écouter
 j'écoute, j'écoute, jusqu'à l'aube
 toute ma vie j'ai écouté la pluie et maintenant ma tête est blanche
 pourtant je n'avais pas encore compris le son de la pluie,
     la nuit, sur la rivière printanière

 

in le son de la pluie

 

 

07/05/2015

Cédric Le Penven

 

Novembre lentement pourrit ses feuilles dans les combes. Le ciel blanc cassé respire un temps sur deux. Sous le tas de bois, ce qu’il reste de l’amour quand l’orgueil s’est retiré, le silence de sa peau que je convoite, lors de mes errements nocturnes autour de la blancheur.

 

 in L’immobile serti de griffes