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27/07/2015

Georges Friedenkraft

 

Toute complainte débute sur l’enfance déchirée

Tout blé en herbe pleure les poignards de la faucheuse

 

in Enfance

 

 

26/07/2015

Francis Krembel

 

Orages d’été,

 

Herbes de terres arables,

 

Des jardins, des landes et des marais.

 

Je salue votre unique identité,

 

Celle du vivant,

 

De la république des oiseaux.

 

 

 

 

Michel Ducasse

 

Il vit dans une cité que des communicants obscènes ont rebaptisée résidence

 

Comme si on pouvait changer son quotidien crasseux par leur mot plus classieux

 

Il regarde autour de lui et se demande pourquoi le ridicule n’envoie pas ces cons en enfer

 

Il ne cesse de penser à son frère overdosé et sa cousine qui racole à l’école de la vie

 

 

 

 in Droit de cité

 

 

 

Anne Jullien-Pérouas

 

En ce moment les mots de la gorge sont divorcés des images de tête, ce qui est assez difficile à vivre. Le même inconvénient atteint parfois les gestes eux aussi coincés quelque part, dans des nœuds coulants, sous les tendons des mains ou plaqués sous la peau, englués dans les mailles d’un fascia. On peut concevoir des oedèmes formés par des gestes captifs.

 

 A l’intérieur, il pleut des mots. Des paysages de tête

 

 

25/07/2015

Guénane

 

 

Les mouettes ouvrent et ferment

  Cette parenthèse

  Dans nos lignes de fugue

 Où l’océan ressasse.

 

 in Oceano Saxo Solo

 

 

Guénane

 

  Kê kê kêêê kup kup

 Kê kê kêêê hiié hiié !

Mouette tu le sais

 L’insolence est parfois la moindre des choses

 

 in Oceano Saxo Solo

 

 

 

 

Natsume Sôseki

 

Lumière éteinte
Du ciel limpide une étoile se détache
Et entre par la fenêtre 

 

 

 

Nathalie Ronvaux

 

Il est écrit qu’on ne part pas

En voyage à

L’aube d’un

Rêve

 

 

Anne Jullien-Perouas

 

Laura enfant sauvait les vers de terre des coups civilisateurs et bisautés de la pelle. Elle les recueillait dans la coupelle de ses mains pour les déposer plus loin, en leur expliquant la raison d’un tel déménagement. Ainsi je vénère les lombrics.

 

 

Georges Friedenkraft

 

Treize heures bourdonnent 

Au clocher des mouches 

La nuit secoue ses grands jupons 

 

in Etreinte

 

 

24/07/2015

Nan Shan

 

 

Difficultés sur la voie

 

 

 

      Parce qu'il a entendu tenir certains propos,
      parce qu'il a lu certaines choses,
      le pratiquant, s'il ne reçoit pas les conseils d'un maître de dharma,
      tend quelquefois à se conformer par force
      à une notion erronée de la voie.
      S'il a entendu dire que le moi est une illusion,
      s'il lit que les désirs sont haïssables,
      il s'efforce alors de nier ses désirs,
      il s'efforce de se nier lui-même.
      Il tombe alors dans l'ascétisme,
      dans le refoulement et la morbidité,
      et par sublimation négative,
      dans la distillation du mal.
      Refusant de s'écouter lui-même,
      incapable de suivre le naturel,
      il se conforme artificieusement
      à la loi d'une autorité,
      qu'infantile, il s'est choisie.
      Par erreur, ce faisant,
      il bafoue l'homme naturel,
      l'homme spontané,
      l'homme véritable.

      Décider par avance,
      décider par artifice,
      de ce que l'on doit désirer,
      de ce que l'on doit cesser de désirer,
      de ce que l'on doit être,c'est là, par arrogance suprême du moi,
      tomber dans les domaines de Mâra.
       


       Abandonner tout, une fois pour toute,
      réaliser l'impossible,
      c'est connaître la grande acceptation.
       



       L'éveil procède d'une disparition
      et non d'une affirmation,
      c'est une entité illusoire qui meurt,
      qui n'a jamais existé.

 

       Dès que le connu est vu comme vide,
      aucun ego ne peut être remis en question,
      plus besoin de parler d'illusion,
      sur quoi pourrait-on trébucher ?
      Sans doute, sans hésitation,
      l'affaire est tranchée,
      on peut enfin rentrer chez soi,
      tranquille, regarder les montagnes bleues.

 

in Au sud des nuages

 

 

Pierre Colin

 

Le grain des rêves est humide. Sable et rêve génèrent la même eau, la même femme à la voix de ténèbres. Il faut sans fin lever sa peau entre les sables de la nuit, effacer cette trace de ciel dans nos poitrines.

 

Pierre Colin

 

Depuis toujours, je polis l’airain noir de ton corps

 De tous mes mots, je pèse sur le fléau des villes

Tout ce qu’on peut tirer d’un arbre au crépuscule

 

 

 

22/07/2015

Pierre Colin

 

Peut-être saurons-nous un jour qui est l’âme du bleu ? Des mots, des rêves, d’autres mots, d’autres rêves, des écorces, des branches, l’en marche du désir, l’en marche de la pluie, les horizons errants sur chaque lèvre…

 

 

Pierre Colin

 

 

Tout revient pour germer. Tout revient pour gémir.

 

 Le corps enchevêtré du monde est sur nos pas, brûlant ses hanches, mendiant sa nuque, tirant les oripeaux du sexe sur la route. Etreinte aux ailes de grand froid.