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06/08/2015

Francis Krembel

 

 

La fabrique du gel se prépare

Déjà les pierres tendent le dos

L’imaginaire rôde vers des taïgas indéfinies

Et on s’occupe à domestiquer un feu.

 

 

 

 

05/08/2015

Jean-Claude Roulet

 

Je me fous de l’enfer, je ne suis point paveur

 

 

 

01/08/2015

Olivier Verdun

Le joyeux est reconnaissable à dix lieues à la ronde. Il empeste. Il suinte le grand large. On l’envie. On le jalouse. La joie dérange à l’instar des rêves, des voyages, des amours : on s’y abandonnerai à priori mais quelque chose en eux nous effraie et nous empêche d’aller jusqu'au bout ; on leur préfère souvent la tristesse, la contrition, le conformisme, la médiocrité, voire la haine – moins amènes mais caressant davantage la bête dans le sens du poil. En quoi la joie, plus durable, plus dense et totalisante, ne serait réduit pas au plaisir, plus éphémère, partiel, impur, protéiforme ; il est en effet des plaisirs malheureux, des plaisirs de la tristesse, des plaisirs de la haine, des joies compensatoires en quelque sorte, des joies minables, des joies frelatées de peigne-cul : lorsque nous imaginons malheureux l’être que nous haïssons, nous éprouvons une étrange ivresse, empreinte de fureur, de tristesse, de bassesse. Ainsi la médisance – l’un des grands plaisirs de l’existence.

 

in La joie

 

 

 

Issa

 

Ne tue pas la mouche

 Vois comme elle tend

Vers toi les pattes

 

 

 

 

Francis Krembel

 

Aime t-on la personne

 Au souffle près de soi ?

Ou la vaine statue taillée

Impatiemment

Par les ciseaux abrupts d’un quotidien, trop peu regardant.

 

 

31/07/2015

Héléna L

 

Une salamandre au mur m’attire et m’écrase en elle ; je plonge dans un grand bac de lumière, de flammes, de bras tous maternels et beaux. Conneries ! Même un chien devient ma mère ! J’la vois partout, la sens qui tremble avec la terre et des volcans ! partout ! dis-je, des milliers de jets de pierres, de feu, et cet immense partout donc je n’aurais jamais profité !

 

 

Stefanu Cesari

 

 

Quelque part en montagne,  

le temps cède.

 

 

 

 

Sôseki

-         J’aimerais justement aller à cet étang du Miroir.

 -         Allez-y donc.

 -         Est-ce que c’est un endroit qu’on a envie de peindre ?

 -         C’est un endroit où l’on en a envie de se noyer

 

 

 in Oreiller d’herbes

 

 

 

Georges Friedenkraft

 

 Ils m’ont dit que tes mains seraient

 Moitié sapin moitié rizière

Aussi pâles que les bouleaux

Aussi dorées que les volcans

 

 Ils m’ont dit que tes dents seraient

Moitié tigre moitié panthère

Blanches et serrés comme un roc

Dures et bleues comme un couteau

 

Ils m’ont dit que tes yeux seraient

Moitié iris moitié jachère

Les bourgeons d’un saule amoureux

La rive fleurie d’un ruisseau

  

in Métissage

 

 

30/07/2015

Wei Ying - Wou

 

Le monastère du torrent bleu

 

 

 Quand surgit la lune aux monts d'Est
il médite en sa chambre des sommets
Dans la forêt vide, nul feu n'éclaire sa veille
Esseulé dans la nuit, il puise à la source froide
Trente années de vie, sans redescendre jamais
au monastère du Torrent bleu

 

 

 

29/07/2015

Christian Monginot

 

Le loup ravale sa faim de loup,
La carpe gobe une émeraude,
L’aigle reploie ses précipices,
Toi seul tu reste indécis ; 

 in Ce que l’on ne peut dire…

 

 

Saïd Mohamed

 

 

Parfois il faut boire, pour désigner l’indicible, 

Découvrir des territoires d’absence  

Et retrouver l’ivresse de la langue. Force obscure de la vie.  

C’est le seul mérite d’être élevé au rang des hommes.

 

 

 

Guénane

AMER INDIEN.

 

Son cœur soulève une canine de puma.
Oser un pas
vers cet orgueil dressé.

Visage d'avant le pillage
la cruauté
l'alcool et les bacilles
l'indifférence. 

Visage d'un Paradis massacré
d'un Premier Homme
histoire d'un silence.
Sur ses avant-bras pendent
des cascades de colliers.
« One dollar »
articule l' Indien sans ciller.

 Contretemps du rêve
accroc aux armoiries du Paradis
partir sans se retourner
peur de lire le mépris
sur des lèvres guarani. 

Le fleuve était gros.
Un concert de crapauds imprima son sillon
s'y lova l' Homme-Blason.
Océan
que n'as-tu englouti
les caravelles de Colomb? 

Humain perdu
à jamais tu rends visite
à l' Humaine qui m' habite.

 

 

28/07/2015

Jean-Damien Roumieux

 

Errance, ma patrie. Fraternelle, les nuages. Ne pouvoir vivre sans les sentences d’horizon. Avancer sur la terre fumante. (...) Même sous les ronces et les averses, l’exultation m’est familière.

 

in Veille le vent

 

 

 

27/07/2015

Maria Zambrano

 

Le poète n’a pas peur du néant

in Pensée et poésie