L’érotisme de vivre d'Alice Mendelson

Ne jamais bâcler de vivre.
5 février 2019
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Pour te plaire je dis
Qu’une main d’artisan façonne le temps
Qui nous gorge de cuivres, de peaux,
De futailles, d’étains…
Pour me plaire je dis
Que tu es la matière première
Brute et pourtant raffinée,
De l’amour.
(…)
Retiens mon vertige, grand arbre,
Mur,
Ma lancée,
Mon abri,
Ligature de terre et de ciel.
(…)
Je n’ai d’autres mots que sacrés,
Plus d’autres,
Pour dire combien tu me rends
Claire, et fervente,
Et surprise,
Inépuisablement.
in Chant des heures d’amour
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Le plaisir d’être douce
Encore
Et plus douce que l’eau sous la barque
Bois mon sillage
Et pour toi je respire
Plus douce que le lac au signal de la nuit
In Délire
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Tu traceras de tes mains toutes
Mes lignes de flux
Et chaque doigt et tes paumes et ta bouche
Dresseront derrière eux
Une fulgurante limaille de plaisir
Je ne suis pas à voir
Je suis à sillonner
Fais donc de moi tes champs et non ton paysage
(…)
Tracer de tes mains mes lignes de fierté
Mes lignes de défaites
in Si tu veux que je sois belle
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Mais tu mords dans ce jour avec moi
Dans la pulpe et l’écorce
Le jus de la joie
Buvons notre force.
In Beau fruit
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Protection : le cauchemar c’est c’qui s’arrête !
in Joies princières minimales
4 août 2020
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Peu, c’est déjà beaucoup.
C’est entre peu et rien qu’est le grand TROU.
30 juillet 2018
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Patience, mon ressuscité,
Mon lointain que je palpe,
Mon agonie.
Je cicatrise.
In Le retour
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Dans mille ans serons-nous mon amour
La dalle qui porte le vide et enfonce l’humus
Le cordage qui casse le vent
La chaîne qui lutte à chaque maillon
Le long couloir noir où s’étire la peur
Et naît le plaisir d’à peine mourir ?
In Dans mille ans mon amour
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Aimer simplement, en tranquillité, en couvrance, en magnanimité pour soi-même et l’autre, sans perdre la transe de simplement exister, quel bienfait pour les racines des plantes et des arbres !
in Le confort des racines
14 février 2020
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Pour bien vieillir il est bon d’avoir
le vice de la joie.
3 août 2018
Alice Mendelson in L’érotisme de vivre Rhubarbe Ed. décembre 2021
Le dimanche 1er avril 1649, Angleterre, un petit groupe d’individus visiblement fort pauvres prend illégalement possession des friches d’une colline dans le Surrey. Ils entendent faire de cette action le point de départ d’une vaste opération de réappropriation collective des terres d’Angleterre, et mettre en œuvre l’abolition complète de la propriété privée. C’est le début du mouvement des Diggers (qui inspirera un mouvement de contre culture à San Francisco dans les années 60/70 qui reprendra ce nom, voir livre sur le sujet par Alice Gaillard), qui se surnommaient “les vrais niveleurs”, et dont Gerrard Winstanley était le chef de file. De lui, on sait peu de choses. Il fut baptisé dans le Lancashire en 1609, il partit pour Londres en 1640 et y exerça la profession de marchand de drapier, avant de voir son activité ruinée par la guerre civile qui ravageait l’Angleterre. Sa tentative d’instaurer une communauté égalitaire et fraternelle, qui aurait vu la stricte application des principes bibliques, ne dura qu’un an, victime de la réaction des propriétaires terriens. Mais il reste de ce magnifique dessein le manifeste que Winstanley a laissé, L’Étendard déployé des vrais niveleurs, un texte fondateur du communisme libertaire.


