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08/11/2020

Joan Eardley - Catterline in winter

Joan Eardley Catterline in winter.jpg

 

Silence

un doigt

posé sur le monde

frisson de lune

 

cg, in Au fond du tiroir, Livre d'artiste n°2, 2012

 

 

 

 

07/11/2020

Alain Etchepare - Vie silencieuse #16 Pont du Rouffet - 2018

Alain Etchepare Vie silencieuse #16 Pont du Rouffet 2018.jpg

 

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, certains ont été emportés.

 

cg in à la loupe, tout est rituel, à tire d'ailes 2020

 

 

 

 

06/11/2020

Tessa Horrocks

Tessa Horrocks .jpg

 

J’atteindrai le mot ultime. Le mot qui a vu le visage de la mort. En attendant ce jour, je polis mes cailloux, mes pacotilles.

 

Vieilles mémoires à nettoyer, tiens Saturne, je te les offre. Prends ! Fais en des os, des pierres.

 

Cailloux, galets, encore libres de droits, de brevet, j’entends vos chants.

 

cg in Celle qui manque

 

 

 

Viviane Fontaine

Viviane Fontaine.JPG

 

sensible l'âme
simple et sensible
puissante aussi
ne craint pas de puiser
à même la fange
ce qui la fera grandir

 

cg in Petit livre des illuminations

 

 

 

 

 

05/11/2020

Zeynep Beler - Andromeda

Zeynep Beler Andromeda.jpg

 

Mes yeux sont des miroirs en flammes, mon sexe un coquillage dans ta paume fraîche.

Poumons, torse, seins, veines. Météores de désir aux frontières de chair. Écume de jasmin.

 

Les dés sont jetés. Exil de la flèche en déroutante verticalité. Incision. Je décrypte le signe.

La chair, la sève et le squelette des rêves. La substantielle énigme de verre.

 

cg in Les mots allumettes, Cardère éd. 2012

 

 

 

 

 

Auteur anonyme - Le Splendor Solis - Traité alchimique manuscrit allemand - 1582

Auteur anonyme - Le Splendor Solis - Traité alchimique manuscrit allemand - 1582 (2).jpg

 

Fleur parmi les fleurs
se tourner ouverte
vers la lumière

dans la brèche
laisser couler le miel
l'âme est une abeille

 

cg in Des volcans sur la lune

 

 

Christian Guerder

Christian Guerder 6.jpg

 

Silence épinglé au ciel

Boutons d'étoiles mal cousus

Aux vestes des poucets

Chuchotis de rivière

Soupirs des fossés

Libellules ensorcelées

Par les folles herbes

 

cg, in Au fond du tiroir, Livre d'artiste n°2, 2012

 

 

 

 

 

04/11/2020

Selva

Selva maquette.jpg

 

Selva

 

Ombres pâles sous la lune, le petit groupe avance, en silence. En tête, l’Ancien, celui qui sait. La nuit aux yeux d’onça les observe, les couve de désir phosphorescent, de douceur oppressante. Ténèbres végétales gorgées de sucs et de venins. Les transes stridentes des insectes s’élèvent, s’apaisent. Pulsations, ondulations, symphonies d’un autre monde. Océan de cuirasses, carapaces, antennes, crocs, mandibules, pattes, mâchoires. Copulation. Mutilation. Vie et mort s’entredévorent.

 

Les hommes marchent. Des traits rouge vif marquent leurs pommettes saillantes. Colliers, perles d’os, flûte gravée, calebasses remplie de feuilles, graines, poudres, pierres secrètes. Les hommes marchent vers le monde des morts. Bientôt leur terre ne sera plus. Atteinte depuis trop longtemps d’une étrange maladie, elle rétrécit et personne ne sait comment la guérir, pas même celui qui sait, l’Ancien.

 

Une étrange maladie et bien d’autres fléaux aux mains d’un envahisseur blanc, cruel, avide, au pouvoir venimeux. L’Ancien ne peut que s’incliner ; les Esprits semblent avoir rétréci avec son monde. Il ne les entend plus. Fouillés, prospectés, clôturés, abattus, démembrés, brûlés, souillés, massacrés, les Esprits ne parlent plus.

 

L’Ancien pourtant continue à marcher. Solide. D’autres le suivent. Ombres de plus en plus pâles sous la lune rouge. Et des ténèbres vers la voûte lactée, monte la plainte de la Mère qui pleure.

 

cg in Sursis (à tire d'ailes 2017)

Collage originale du même nom

 

 

 

02/11/2020

Mes fous chez Voix Dissonantes

extraction-de-la-pierre-de-folie-par-jerome-bosch

texte cathy garcia  / jérôme bosch  L’excision de la pierre de folie  1494

 

 

Il existe sur cette terre un peuple dont on ne parle jamais mais ils se reconnaissent entre eux ; ils s’aiment ou se haïssent mais surtout sans cesse, ils se renvoient la même question, la seule à leurs yeux qui mérite d’être posée. Ils cherchent, cherchent sans répit, sinon quelques plages de mensonges et certaines formes d’oubli. Cette question murmurée, implorée, chantée, hurlée, ils s’en frappent la tête. Ils s’en mettent le cœur à vif. Ils la boivent tel un vin rare, se saoulent et se régénèrent, la perdent pour mieux la retrouver jusqu’au bout des nuits blanches, des journées sans soleil. Ils la décortiquent, l’aspirent, la crachent et l’offrent parfois sans calcul comme un bouquet de fleurs à une âme de passage.

 

Certains disent qu’ils sont fous. Et alors ?

 

Il en faut des fous pour exorciser nos démons, pour donner corps à nos monstres et nous permettre de dormir en paix ! Il en faut des fous pour se mettre à nu et se poignarder avec tous nos pieux mensonges ! Il en faut des fous pour se lancer dans ce vide que nous n’affrontons pas même du regard. Il en faut des fous pour aller décrocher les étoiles qui brillent derrière nos paupières cousues.

 

 

Il en faut des fous pour accoucher le monde !

 

Fous ! Les fous battent la campagne et la breloque !

Fous ! désaxés ! détraqués ! dérangés !

Siphonnés, piqués, cinglés, timbrés, cintrés!

Mabouls, marteaux ! Toqués, tapés ! Tordus, toc-toc,

Cinoques, louftingues, dingues loufoques !

 

Z’ont perdu la raison,

La boule et la boussole,

Une araignée au plafond,

Mais qu’importe Monsieur,

Les fous travaillent et pas qu’un peu

Les fous travaillent du chapeau !

 

Les fourres tout

Les foutrement gais

Les inspirés

Chercheurs de vérité

Fous téméraires

Et foutu bordel !

 

Les fous à lier

Les fous de liberté

Les fous d’amour

Les fous de bonheur

Les fous de joie

Les fous de rire

Les fous des bois

Fous de toi

Et fous au galop

Les fous échappés du jeu de tarot

Les fous en marche

Sur l’échiquier

 

Il y a aussi les foutez-moi la paix

Les foutez-vous de ma gueule

Et tous ces fous qui en veulent

Il y a les vieux fous sans lendemain

Les fous qui combattent les moulins

 

 

Les fous parlent à leur chien

Les fous respectent la terre

Les fous donnent tout

Les fous ne mentent pas

Les fous flânent en chemin

Nourrissent les oiseaux

Les fous pleurent

La mort d’une fleur

Les fous se rient des frontières

Les fous traversent les déserts

Gravissent les montagnes

Franchissent les mers

À la nage ou à la rame

Les fous disent paix et tolérance

Brûlent leur carte d’identité

Pour être sans-papier

Refusent de s’alimenter

Parce que d’autres sont affamés

Les fous ne ferment jamais leur porte à clé

 

Les fous vivent dans les arbres

Les fous sèment des jardins

Les fous se couchent au sol

Devant les tanks les bulldozers

Il y a des fous qui aiment tellement les animaux qu’ils ne les mangent pas

Il y a les fous qui balaient devant leurs pas

pour ne pas écraser les fourmis

Les fous parlent d’amour quand on leur fait la guerre

Les fous pardonnent à leurs tortionnaires

Les fous luttent, résistent, inventent

Aiment et cultivent la différence

 

Les fous vivent leurs idéaux

Les fous crachent des poèmes

Sur les façades des cités

Les fous refusent télé, supermarchés

Refusent d’être vaccinés, pucés

S’entêtent à ne pas se résigner

 

Les fous un jour partent

Sans se retourner

Les fous voyagent à pied

À dos d’ânes, en roulottes

Il y a des fous qui vont dans une grotte

Méditer pendant des années

Il y a des fous qui peuvent

Se passer d’électricité

Les fous font de leurs rêves une réalité

Les fous s’aiment malgré tout

Les fous refusent le garde à vous

Les fous croient en la justice

Et pensent pouvoir changer le monde

 

Mais les fous craignent les fous

Les fous vraiment malades

Les fous nocifs, les fous dangereux

Les foutez-les dehors

Les fous qui veulent rester entre eux

Les fous offensifs

Führers et fous sanguinaires

Des fous pervers

Fous du violent

Foudre de guerre

Fous psychopathes

Et fous de la gâchette

Des fous furieux

Des fous maniaques

Des fous avides

Des fouilles-merde

Des fous stupides

Fous des grandeurs

Fous persécuteurs

Fous délirants

Fous paranoïaques

Et fous de la matraque

Des fous forcenés

Fous d’odieux

Des fous banquiers

Fous scientifiques

Fous fanatiques

Des fous déguisés en flic

Fous de fric de pouvoir

Des fous politicards

Fous qui veulent tout diriger

Fous qui veulent tout acheter

Y’a pas pire fous que ceux-là.

Fous qui pensent qu’ils n’en sont pas

 

Et qui proclament :

 

Est fou celui qui ne pense pas comme nous…

Est fou celui qui n’est pas comme nous…

 

Et ils enferment, détruisent, asservissent et assassinent.

 

Monde foutu par ceux-là ?

Planète foutue par ces fous ci ?

 

Plutôt fou-rire !

 

 cg, in Follement autre

 

 

Source et merci à :

http://voixdissonante.eklablog.com/dans-les-textes-les-fo...

 

 

 

28/10/2020

Trois profondes entailles, en partie créées par l’homme, entourées de deux chevaux - Paléolithique supérieur - Forêt de Fontainebleau

 

Emilie Lesvignes trois profondes entailles, en partie créées par l’homme paléolithique supérieur, entourées de deux chevaux Forêt de Fontainebleau. s.jpg

photo : Émilie Lesvignes 

 

 

RÉSURGENCE 

 

Je suis la Truie dit-elle

et la Lionne.

Mon jardin fut des plus fertiles,

ma fontaine des plus sacrées.

Je contiens tous les âges,

le temps devant moi

docilement s’inclinait.

 

Ils sont venus

en mon ventre

arracher le soleil.

Ils m’ont liée à la lune,

jetée à la nuit

mais jamais lumière

ne fut plus blanche

qu’entre mes cuisses

 

Toi le frère, le fils, le père

et l’Ancien qui a trahi,

tu te dresses en conquérant

sur des ruines et des cendres.

Tu invoques l’amour

glaive à la main,

des fusils des roquettes,

innombrables phallus

de destruction.

 

Tu n’as jamais été pourtant

aussi impuissant,

homme émasculé du sens,

depuis que les déesses de l’amour

tu as maudites.

 

Innana, Ishtar, Astarté

Brûlés le fruit le jardin

Symboles de ta perdition

 

Tu as réduit les mères nourricières

au rang de putains de l’agro-industrie,

tu leur a mis le joug

de tes folies mécanistes.

 

Cérès Déméter pleurent sans fin,

quelle que soit la saison,

Perséphone ne quitte plus les enfers.

La vulve de Gaïa est sèche,

ses seins sont crevés,

ses veines lourdes et souillées.

 

La vérité n’est plus voilée,

elle est violée sans répit

mais tu as beau pilonner homme

je reste l’Inviolable

et la Vierge éternelle

 

« car je suis la première et la dernière.

Je suis l’honorée et la méprisée.

Je suis la prostituée et la sainte.

(…)

Ayez du respect pour moi.

Je suis la scandaleuse et la Magnifique. » *

 

 

in Salines, 2007

 

 * transcrit de papyrus gnostiques traduits en copte au IIIe ou Ive siècle,

découvert vers 1945 à Nag’ Hammâdi, en Haute-Egypte

 

 

 

Adolf Munzer - Walpurgisnacht

Adolf Munzer Walpurgisnacht .jpg

 

ma paume sur ton épaule
a bu les vibrations du son
la musique est mon cheval
mon balai de sorcière
et tu traçais des formules
à la sueur de tes lèvres
 
 
in Des volcans sur la lune
 
 
 
 

 

Benes Knüpfer

Benes Knüpfer _o.jpg

 

le pli de ses rêves échoués

au bout d’une jetée blanchie

 

profondeurs façonnées

de peau et d’âme

sous leurs draps de ciel

éclaboussés

 

cg in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

 

27/10/2020

Eva Antonini

Eva Antonini e.jpg

 

Bâtir sa vie sur des chimères…

Je n’ai aimé que le rêve, à la folie.

 

cg in (c)ourse bipolaire

 

 

 

 

 

 

25/10/2020

Lilith au soleil

Cédrick Hoffmann.jpg

photo©Cédrick Hoffmann

 

L'homme du solaire et la femme du lunaire (si ce n'est par tempérament, au moins par l'éducation encore, quoiqu'en en dise, la plus généralement en vigueur). La femme tend vers le solaire (car sa nature profonde est solaire) et cela peut passer par la phase Lilith, la lunaire révoltée et donc pas encore libre puisqu'en réaction, en colère, et l'homme lui devra passer par le lunaire soumis pour devenir un lunaire évolué, à terme cela donne deux androgynes ultra évolués, complets.

Je suis restée longtemps bloquée entre la lunaire hypersensible et la lunaire révoltée et là je tends je crois, j'espère, vers la solaire. L'énergie masculine de la femme solaire, l'Animus, est mise au service de l'expression de ses qualités féminines, elle ose enfin être elle-même, douce et forte à la fois, sans contradiction. La femme solaire est une femme spirituelle branchée sur le cœur rayonnant, les pieds bien ancrés à la Terre où elle prend Source.

Les femmes lunaires révoltées attirent les lunaires soumis qui retrouvent en elles la mère inaccessible et dominante. Soit ils tentent de les dominer et c'est le conflit interminable, soient ils acceptent la transition : vivre leur faiblesse, accepter d'être ce qui n'est pas conforme à l'image de l'homme exigée par la société, rencontrer et accepter jusqu'au bout la part féminine qui est en eux : l'Anima. Le danger alors est de ne plus arriver à sortir de ça, afin de pouvoir passer au lunaire évolué et donc à l'androgyne accompli, car la société est impitoyable avec ces hommes sensibles qui paraissent faibles, fragiles, passifs, et les femmes aussi, surtout si ce sont des femmes lunaires révoltées, bloquées sur leur colère, parce qu'elles les détruisent en les voulant à la fois soumis pour ne pas être soumises, tout en ne supportant pas leur faiblesse. Alors qu'une femme solaire évoluée va accompagner l'homme dans cette traversée jusqu'à ce qu'il puisse renouer paisiblement avec sa force masculine et devenir ainsi un homme vraiment lumineux, en qui s'unissent harmonieusement part masculine et féminine. L'homme spirituel, fort et doux à la fois et donc l'action devient alors extrêmement féconde.

Voilà la voie qui nous est indiquée depuis les débuts de l'humanité, autant pour les individus que pour les sociétés.

 

cg, vers 2007

 

 

24/10/2020

Carol Nelson

carol nelson 0.jpg

 

 

nous invoquerons

le serpent sorcier

son sillage envoûtant

sur les parois des canyons

des torches entre les paumes

pour éclairer ses entrailles

poudre de suif baroque

le frisson sur la nuque

et des visions dans le ventre

nous poursuivrons le vertige

entre les cendres du rêve

 

cg in Aujourd'hui est habitable, Cardère 2018