Jules Renard
Chaque fleur attire sa mouche.
in Journal (1er octobre 1898)
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Chaque fleur attire sa mouche.
in Journal (1er octobre 1898)
Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait plus de cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien.
in Lettre à D.
Chacun fixe le seuil de ses ébahissements.
Les miens commencent dès l'animal.
Expliquez-moi le crapaud, je vous tiens quitte de l'homme.
in Carnet d'un biologiste
Qui joue son âme au poker flatteur,
couchera sous les ponts de l’Amour.
in Disparates
Ainsi, les malheurs des autres nous sont indifférents,
à moins qu'ils ne nous fassent plaisir.
in Journal (7 décembre 1894)
Avec les gens de cour, vos pareils, don Salluste,
Je vous laisse, et je reste avec mes chenapans.
Je vis avec les loups, non avec les serpents.
in Ruy Blas
Car la rencontre de deux personnes qui s'aiment inaugure une vie nouvelle, imprévue, incomparablement plus riche que la simple addition de leurs qualités respectives.
in Le miroir des idées
Lance ton cœur devant toi
Et cours pour l’attraper
Si la solitude existe, ce que j'ignore, on aurait bien le droit,
à l'occasion, d'en rêver comme d'un paradis.
in L'envers et l'endroit
Comme c’était facile de partir et d’oublier les gens, les lieux,
d’être neuf. C’était à cause du soleil, du vent, de la mer.
Ce que vous nommez environnement,
c’est ce qui reste de ce que vous avez détruit.
in Les Sociétés traditionnelles au secours des sociétés modernes
de Sabine Rabourdin (éd. Changer d’ère)
La solitude est un vin fort. Insupportable à l'enfant, elle enivre d'une joie âpre l'homme qui a su maîtriser, quand il s'y adonne, les battements de son cœur de lièvre.
in Vendredi ou les limbes du Pacifique
Je ne suis qu’entonnoir
Mon propre trou noir
In Potomanie
Je verrouille ta peau
À mes hanches
Allaitées par le ciel peint
Sur mes seins
Tendus à ta coupe
De pigeon qui roucoule
in Pour tes mains sources
La seule pensée qui puisse survivre dans un monde
où la folie gouverne en maîtresse absolue
est la pensée solitaire du primitif aux aguets
in Disparates