Oscar Wilde
Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.
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Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.
Là où les Hommes oublient d’aller
les montagnes sont criblées de fleurs et de trous de serrures
orbites creuses des géants
bouche de la fée pétrifiée dans le sel
des enfants d’argile
des galeries pour l’âme
Si je marche là-bas
ma clé imaginaire ouvre toutes les portes
les sanctuaires dans la roche
La poésie toujours a sa demeure dans le ventre des montagnes
là où toutes les pierres ont un visage
À sa naissance, l’homme est faible et malléable. Quand il meurt, il est dur de chair et de cœur. Le bois de l’arbre qui pousse est tendre et souple. Quand il sèche et perd sa souplesse, l’arbre meurt. Cœur sec et force sont les compagnons de la mort. Malléabilité et faiblesse expriment la fraîcheur de l’existant. C’est pourquoi ce qui a durci ne peut vaincre.
De la souffrance vient la sensibilité dont naît l’intelligence..
Tout le monde parle de savoir-vivre, mais personne du savoir-souffrir..
Ce qui importe ce n’est pas le poids qui t'accable, c’est comment tu te courbes pour ne pas casser..
Ce n’est pas le bruit qui t’abasourdit, c’est comment tu écoutes les murmures du monde..
Ce n’est pas la force du vent qui t'emporte, c’est comment tu hisses tes voiles..
Ce n’est pas la hauteur des vagues qui te frappent, c’est comment tu t’y laves..
Ce n’est pas l’absence de lumière qui t'entoure,
c’est comment tu chantes dans le noir..
Ce n’est pas ce que tu perds, c’est comment tu ouvres ton cœur pour la suite..
Ce n’est pas la quantité de larmes que tu verses, c’est comment tu souris en pleurant..
Ce qui importe, ce n’est pas l’intensité du feu que tu traverses..
C’est comment tu danses dans les flammes.
Au-dessus de moi, par delà le treillis noir des fils électriques,
le ciel pendait tout près de la terre.
in La mitrailleuse d’argile
Tout l'univers est contenu dans un seul être humain : toi.
Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n'aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés. Ne cherche donc pas non plus Sheitan hors de toi. Le diable n'est pas une force extraordinaire qui t'attaque du dehors. C'est une voix ordinaire en toi.
Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience. Quand une personne se connaît, elle connaît Dieu.
in Le livre de Chams de Tabriz
à pleines mains plonger dans la poussière les excrétions la boue de soi
ce que nous avons rejeté pour être conforme au modèle.
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
J’ai quelque chose à dire de limpide et d’inconcevable.
Comme un chant d’oiseau en temps de guerre.
in Le soleil sait
L'indifférence du ciel a blanchi ses cheveux, rétréci son pays. La serpe du vivre a taillé son chemin, ses rires, ses rêves. Des souvenirs traînent un air nostalgique qu'elle balaie. Régulièrement. Une poignée d'épines dans le sucre fondu des jours, elle est riche d'anciens bouquets et en avance d'une fleur. Elle aime que le trou du mur soit refuge de souris. Elle connaît le chant des terres. Sa vivante sève. Minuscule déploiement de folle envergure, remise à grains inépuisable, elle écrit : "ma saison c'est l'amour," et elle sourit. Au brûlot d'écriture, elle rassemble sa maison, ranime le feu. Comme la vie même, elle défie la raison raisonneuse.
in Les pluriels du silence
nous avons brisé nos mâts de cocagne axe de rêve autour duquel tournait le monde nous avons trop cru au réel à notre idée confortable et rassurante du réel à présent il retourne notre peau à l’intérieur du miroir il faudrait trouver la prière pour invoquer qui nous sommes le sommer de revenir dans le cœur de la matière
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
que le jeu prenne place et grippe les rouages des machines à cadavres si il ne l’enraie point maintienne pour le moins un espace sensible au centre des émotions mortes
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
puis sentir et goûter le monde le renifler à plein désert le faire descendre sous la peau comme au cœur d’une mine obscure l’écouter le savourer plénitude du chant retrouvé
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
Je suis
de mèche avec la révolution essentielle du tournesol
profondément pour le printemps.