CITATIONS - Page 32
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Mon père a laissé les choses quotidiennes - le journalisme - pour se consacrer à ce qu'il appelait le pérennialisme, c'est-à-dire s'occuper de choses pérennes. (...)Il voulait communiquer quelque chose d'éternel dont on ne parle peut-être plus. Comme faire confiance au cœur, à la tête, à ce que l'on ressent à l'intérieur sans s'encaisser nécessairement dans ces possibilités que la société offre. Comment dire... Fais ce que tu veux et ça marchera. Avoir bref le courage de faire sa vie, celle où finalement on peut se reconnaître.
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Djâlal-od-Dîn Rûmî
Tout l'univers est contenu dans un seul être humain : toi.
Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n'aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés. Ne cherche donc pas non plus Sheitan hors de toi. Le diable n'est pas une force extraordinaire qui t'attaque du dehors. C'est une voix ordinaire en toi.
Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience. Quand une personne se connaît, elle connaît Dieu.
in Le livre de Chams de Tabriz -
Pascal Perrot
à pleines mains plonger dans la poussière les excrétions la boue de soi
ce que nous avons rejeté pour être conforme au modèle.
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
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Nadia Anjuman, poétesse afghane assassinée pour avoir voulu devenir poète...
Mon cœur impatientA l’aubeRêve de la nuit solitaireSerré et lasIl fait du vacarme des joursSon excuseMais quand vient le soirLe même cœurSe met à chanter l’auroreEt quand vient la nuitLes branches de ses rêvesSe mettent à bourgeonnerInconscient de lui-mêmeIl s’envole sans limiteVers le cielAh ! si seulementCueillir la luneSi seulement la nuitPouvait pour le prixD’une seule étoileRacheter ma courbureSi seulement l’aubePouvait ne point jaillirAlors cette cité de la nuitJe l’habillerais de lumièreEt mon regardSerait pour l’éternitéBuveurs d’étoiles puresQue faire de ce cœurBrodeur de rêvesCe cœurQui noie mon êtreDans un tissu d’imaginaireJusqu’à quand cette vieille sorcièreMe jettera ses charmes de vierge ? -
Odysseas Elytis
J’ai quelque chose à dire de limpide et d’inconcevable.
Comme un chant d’oiseau en temps de guerre.
in Le soleil sait
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Ile Eniger
L'indifférence du ciel a blanchi ses cheveux, rétréci son pays. La serpe du vivre a taillé son chemin, ses rires, ses rêves. Des souvenirs traînent un air nostalgique qu'elle balaie. Régulièrement. Une poignée d'épines dans le sucre fondu des jours, elle est riche d'anciens bouquets et en avance d'une fleur. Elle aime que le trou du mur soit refuge de souris. Elle connaît le chant des terres. Sa vivante sève. Minuscule déploiement de folle envergure, remise à grains inépuisable, elle écrit : "ma saison c'est l'amour," et elle sourit. Au brûlot d'écriture, elle rassemble sa maison, ranime le feu. Comme la vie même, elle défie la raison raisonneuse.
in Les pluriels du silence
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Pascal Perrot
nous avons brisé nos mâts de cocagne axe de rêve autour duquel tournait le monde nous avons trop cru au réel à notre idée confortable et rassurante du réel à présent il retourne notre peau à l’intérieur du miroir il faudrait trouver la prière pour invoquer qui nous sommes le sommer de revenir dans le cœur de la matière
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
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Pascal Perrot
que le jeu prenne place et grippe les rouages des machines à cadavres si il ne l’enraie point maintienne pour le moins un espace sensible au centre des émotions mortes
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
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Pascal Perrot
puis sentir et goûter le monde le renifler à plein désert le faire descendre sous la peau comme au cœur d’une mine obscure l’écouter le savourer plénitude du chant retrouvé
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
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Ada Mondès
Je suis
de mèche avec la révolution essentielle du tournesol
profondément pour le printemps. -
Mme de Sévigné à sa fille, le jeudi 30 Avril 1687
"Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris.
Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements.
Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu'il nous fait livrer.
Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de Monsieur Corneille "Le Menteur", dont on dit le plus grand bien.
Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.
Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » ! « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »".
Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand'mode. tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer,
Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline. »
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Claude Cahun (Lucy Schwob)
Je t’aime. Cela devrait suffire à tout le système solaire.
in Aveux non avenus, 1930
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Claude Cahun (Lucy Schwob)
Brouiller les cartes.
Masculin, féminin ? Mais ça dépend des cas.in Aveux non avenus, 1930
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Paracelse
Ce mysterium magnum (grand mystère) a été une mère pour tous les éléments et en eux, de même une grand-mère pour toutes les étoiles, pour tous les arbres et pour les créatures de chair ; car toutes les créatures sensibles et insensibles et toutes les autres formes de vie sont nées du mysterium magnum, comme des enfants naissent d’une mère, et il est un mysterium magnum, une mère unique de toutes les choses mortelles, et elles ont leur origine en elle … -
Lao Tseu
