Jack Micheline
Le bleu du ciel c'est à travers
des picrates rouge sang
que je l'ai regardé
1958
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Le bleu du ciel c'est à travers
des picrates rouge sang
que je l'ai regardé
1958
D’une certaine façon, à l’échelle planétaire, tous les ressortissants des pays dits développés sont des parvenus, et cela dès la naissance : nous sommes en effet redevables aux très pauvres du Sud de toutes sortes de biens que nous leur volons, non pas nous personnellement, mais le système dans lequel nous vivons. L’organisation mondialisée de la dette du tiers-monde en est l’expression la plus évidente : nous vivons à crédit sur le dos des très pauvres, et en ce sens, par rapport à l’extrême misère que connaissent deux ou trois milliards d’humains, nous sommes bel et bien des parvenus.
in L'anarchie ou le chaos
Les hommes sont comme les pommes,
quand on les entasse ils pourrissent
L'enfer ?
L'enfer c'est le désert des déserts
cinquante jours par 45 degrés dans le Majâbat al-Koubrâ
sept chameaux squelettiques
le huitième s'est enfui
avec le dernier bidon d'eau
les djinns mangent l'ombre
on devient fou
in Traction Brabant n°82
L’homme à Montagne Froide
Sorti se rafraîchir
Glisse au sentier tombe tombe
Nulle branche avant le torrent
in Homme Montagne
Ma grand-mère m'a un jour donné un conseil: dans les moments difficiles, fais de petits pas. Fais ce que tu as à faire, mais petit à petit. Ne pense pas à l'avenir ou à ce qui pourrait arriver demain. Lave la vaisselle. Retire la poussière. Écris une lettre. Fais une soupe. Tu vois? Tu avances pas à pas. Fais un pas et arrêtes toi. Repose-toi. Félicite-toi. Fais un autre pas. Ensuite un autre. Tu ne le remarqueras pas, mais tes pas grandiront de plus en plus. Et le moment viendra où tu pourras penser à l'avenir sans pleurer.
La mort a des égards envers ceux qu’elle traque :
Elle enivre d’azur nos yeux, en les fermant,
Puis passe un vieux frac noir et se coiffe d’un claque
Et vient nous escroquer nos sous, courtoisement.
Notre civilisation est un cloaque.
Et nous sommes au fond de ce cloaque comme autant de bêtes immondes en rut d’amour ou d’argent, d’orgueil, d’ambition ou de puissance, comme autant de démons imbéciles acharnés à se violer de l’âme au corps, à se dominer, à se contraindre, à se pressurer, à se dépecer dans une épouvantable sanie de pensées rongeantes, de théories truquées, de fausses sciences, de théologies sans ciel, de doctrines à double fond et de dogmes morts…
Comment s’évader de cette prison de boue ? Comme rompre nos chaînes, culbuter nos barrières et renverser notre fatalité ?...
A coups de compromis politiques ou de replâtrages d’idées ? A coup de codicilles d’articles subsidiaires et de clauses résolutoires ?
Le mal est trop profond.
Les remèdes extérieurs ont fait faillite. Ils sont comme autant d’emplâtres de papier mâchés sur des cancers à leur dernier degré. Tous les arbres de la forêt humaine sont malades et c’est la sève qu’il faut soigner.
Mais comment ? Comment ?
Il fait sombre parce que tu essayes trop fort.
Doucement, mon enfant, doucement.
Apprends à tout faire légèrement.
Oui, goûte avec légèreté même si tu ressens profondément.
Laisse les choses arriver légèrement et ainsi fais-leur face.
Jette donc tes bagages et avance.
Il y a des sables mouvants tout autour de toi, ils essayent de t'aspirer vers la peur, l'auto-apitoiement et le désespoir.
C'est pourquoi tu dois marcher si légèrement.
Légèrement, mon très cher enfant...
in L'île
Nous étions l’un devant l’autre dans ce lac enchanté et la toison rougie de la forêt nous encerclait. On aurait dit que le cosmos entier voulait s’amuser dans nos corps.
in Marguerite Porète
« Si ta révolution ne sait pas danser, ne m’invite pas à ta révolution »
Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles
mais uniquement par manque d'émerveillement.
Le pré est vénéneux mais joli en automne
les vaches y paissant, lentement s'empoisonnent.
in Alcools, Les colchiques (1913)