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CITATIONS - Page 49

  • Martin Caparrós

     

    (…) Le Niger compte un million de kilomètres carrés, dont seuls 40 000 cultivables. Partout ailleurs vivent  des bergers nomades qui gardent quelques 20 millions de têtes de bétail : chèvres, moutons, ânes, chameaux, zébus. Le prix des médicaments pour ces animaux ˗ antiparasites, vaccins, vitamines ˗ est monté en flèche depuis que le Fond Monétaire  a obligé le gouvernement à fermer son Office national vétérinaire, ouvrant son marché aux multinationales. Depuis, les bergers, de plus en plus nombreux à perdre leur troupeau, ont dû fuir vers les faubourgs de Niamey ˗ ou des capitales alentour : Abidjan, Cotonou. C’est encore le Fond monétaire qui a obligé le gouvernement nigérien à fermer ses dépôts de grains ˗environ 40 000 tonnes de céréales, principalement du mil ˗, lesquels servaient  à intervenir lorsque les sécheresses répétées, les invasions de sauterelles ou la soudure annuelle affamaient la population. Le Fond considérait que ces interventions faussaient le marché ; le gouvernement, pris à la gorge par sa dette extérieure, dut plier.

     

    Le Niger est le deuxième producteur mondial d’uranium : ses réserves au milieu du désert sont immenses ˗ et l’uranium est l’un des minerais les plus convoités. Pourtant, le pays n’en tire pas beaucoup de bénéfices : l’entreprise d’Etat française Areva a toujours eu le monopole* de son exploitation et la redevance qu’elle payait à l’État nigérien était dérisoire.

     

    in La faim

     

    * jusqu’en 2007, depuis les Chinois ont rejoint la partie, l’auteur en parle plus loin

     

     

     

  • Martin Caparrós

     

    Au commencement, il y eut la chasse et le trafic d’esclaves : à partir du XVe  siècle, certains Arabes et certains Européens décimèrent une bonne partie de la population d’Afrique : la moitié, affirment certains historiens. Ensuite, l’invasion européenne à la fin du XIXe siècle démolit ce qui restait des économies africaines. Les industries locales furent démantelées, le commerce ruiné, les terres occupées, les cultures vivrières remplacées par des produits convoités par les métropoles.

     

    in La faim

     

     

     

  • Noam Chomsky

     

    Pour être un tant soit peu civilisés, il nous faudrait dire : - Nous avons commis des crimes odieux et nous en avons profité. Une grande partie de la richesse de la France vient des crimes dont elle s’est rendue coupable envers Haïti et les Etats-Unis se sont enrichis aussi. Nous allons donc verser des réparations au peuple haïtien. – Nous verrons alors les débuts de la civilisation.

     

    in La doctrine des bonnes intentions

     

     

     

  • Max Stirner

     

    L’insubordination et l’entêtement de l’enfant ont autant de droit que son désir de savoir. On met tout son soin à stimuler ce dernier ; que l’on provoque donc aussi la force naturelle de la volonté, l’opposition. L’enfant, à ne pas apprendre à sentir ce qu’il est, manque précisément le principal. Que l’on ne réprime pas sa fierté, sa franchise […].

    Que l’éducation universelle de l’école soit éducation à la liberté, et non à la soumission. Être libre, telle est la vraie vie. 

     

    in Du faux principe de notre éducation

     

     

     

     

  • Seattle, chef indien Suquamish

     

    Nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même.

     

     

     

     

  • Bert Hellinger


    Les moutons noirs d’une famille sont en fait des libérateurs de leur arbre généalogique.

    Les membres de la famille qui ne s’adaptent pas aux règles ou aux traditions familiales, ceux qui cherchent constamment à révolutionner les croyances.

    Ceux qui choisissent des routes contraires aux chemins tout tracés des lignées familiales, ceux qui sont critiqués, jugés et même rejetés.

    Ceux-là sont appelés à libérer la famille des schémas répétitifs qui frustrent des générations entières.

    Ces soi-disant « moutons noirs », ceux qui ne s’adaptent pas, ceux qui hurlent à la rébellion, en réalité, réparent, détoxifient et créent de nouvelles branches florissantes dans leur arbre généalogique…

    D’innombrables désirs non réalisés, de rêves inachevés ou de talents frustrés de nos ancêtres se manifestent à travers cette révolte.

    Par inertie, l’arbre généalogique fera tout pour maintenir le cours castrant et toxique de son tronc, ce qui rendra la tâche du révolté difficile et conflictuelle…

    Arrêtez de douter et prenez soin de votre ‘’rareté’’ comme étant la fleur la plus précieuse de votre arbre.

    Vous êtes le rêve de tous vos ancêtres.

     

     

     

     

  • Martín Caparrós

     

    La principale cause de la faim dans le monde, c’est la richesse : le fait qu’un petit nombre accapare ce dont un grand nombre a besoin, y compris la nourriture.

     

    in La faim

     

     

     

  • Martín Caparrós

    Plus de la moitié de l’argent qui transite par les bourses du monde riche est confié au HFT – High Frecuency Trading -, la forme la plus extrême de spéculation algorithmique ou automatisée. Un nom à rallonge pour quelque chose de très compliqué et de très simple à la fois : des ordinateurs surpuissants qui réalisent des millions d’opérations en quelques secondes ou millisecondes ; ils achètent, vendent, achètent, vendent achendent ventent vachètent achentent vachendent véchendent sans trêve, tirant parti d’infimes changements des cours qui, en pareilles quantité, se transforment en montagnes d’argent. Ce sont des machines qui opèrent beaucoup plus vite que n’importe quel être humain, indépendantes de quiconque. (…)

    Le HFT, c’est de la spéculation à l’état pur : des machines qui ne servent qu’à gagner toujours plus d’argent. Ce sont des opérations que personne ne réalise sur des contrats qui ne sont pas faits pour être honorés concernant des marchandises dont personne ne verra jamais la couleur : achat et vente de néant en quelques secondes, marché pur sans l’intrusion de quelque réalité que ce soit. Argent sur de l’argent, fumée produisant du feu, la fiction la plus rentable.

     

    in La faim

     

     

     

  • Martín Caparrós

     

    Leslie – appelons-le Leslie - est courtier dans une des quatre ou cinq grandes compagnies céréalières du monde, une entreprise qui brasse plusieurs milliards de dollars par an (…)

    (…) - Tout de cela peut-être synthétisé de manière très simple : tous ces gars veulent gagner de l’argent. Comment font-ils pour gagner de l’argent ? Aujourd’hui il existe beaucoup de manières. Il faut les connaître, être capable de les manier : prendre des positions à moyen et long terme, prendre et liquider ces positions en l’espace de deux minutes. Il y a de plus en plus de manière de gagner de l’argent avec ces opérations là.

    Dans certains pays du globe – tels que celui-ci -, on peut dire qu’on fait quelque chose dans le seul but de gagner de l’argent. Dans d’autres, non. Mais, en règle générale, il n’est pas facile de dire qu’on fait monter le prix des aliments dans le seul but de gagner de l’argent. On agite des justifications : qu’en réalité le grain augmente en raison de la hausse de la demande chinoise, la pression des agro carburants, les facteurs climatiques. (…)

    - Et vous arrive t-il de penser au coût de ce que vous faites dans le monde réel ?

    - À quel genre de coût fais-tu allusion ? Le coût économique, le coût social ? De quel coût parles-tu ?

     

    in La faim (à la Bourse de Chicago)

     

     

     

  • Martín Caparrós

    (…) «  L’histoire de la nourriture prit un tournant abominable en 1991, à un moment où personne n’était très regardant. Ce fut l’année où Goldman Sachs décida que notre pain quotidien pouvait devenir un excellent investissement. (…) en 1991, ils avaient déjà fait main basse sur presque tout ce qui pouvait être transformé en abstraction financière. La nourriture était à peu près tout ce qui restait. Ainsi, avec leur soin et leur précision habituels, les analystes de Goldman se sont employés à transformer la nourriture en concept.

    (…) La transformation de la nourriture en moyen de spéculation financière dure depuis plus de vingt ans. Pourtant nul ne semblait l’avoir vraiment remarqué jusqu’en 2008.

    (…) Quelques gouvernement tombèrent, les prix finirent par chuter, des millions de personnes basculèrent dans l’extrême pauvreté

     

    in La faim

     

     

     

     

  • Frederick Kaufman

     

    (…) alors que 200 milliards de dollars atterrirent sur le marché alimentaire, 250 millions de personnes tombèrent dans l’extrême pauvreté. Entre 2005 et 2008, le prix de la nourriture augmenta de 80 % et personne ne fut étonné lorsque The Economist annonça que le prix réel de la nourriture avait atteint son niveau le plus élevé depuis 1845, l’année où le magazine l’avait calculé pour la première fois »

    in son article : « The food bubble : How Wall Street starved millions and got away with it » Harper’s 2011