Marc Tison
Le sommeil t’attend. Tu n’en veux pas. Pourtant les draps frais sentent si près la mélancolie de l’enfant. Cet état qui t’apeure.
Comme un licol sur l’encolure d’un mustang.
in Des abribus pour l’exode
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Le sommeil t’attend. Tu n’en veux pas. Pourtant les draps frais sentent si près la mélancolie de l’enfant. Cet état qui t’apeure.
Comme un licol sur l’encolure d’un mustang.
in Des abribus pour l’exode
Tu écris des poèmes
lorsque tu sens le réel se dérober
dès l’instant où personne ne te comprend
et vice et versa où tu ne comprends personne.
in Tu écris des poèmes
Il y a tant d’espaces délabrés que tu revisites plein d’espoir, incrédule.
L’avant ne s’est pas peint d’éternité.
in Des abribus pour l’exode
Toute disparition fera un renouvellement.
in Des abribus pour l’exode
Notre pas, ce qu’il déplace, est silencieux
in Nous, les poètes
Haïssez celui qui n’est pas de votre race
Haïssez celui qui n’a pas votre foi
Haïssez celui qui n’est pas de votre rang social
Haïssez, haïssez, vous serez haï.
De la haine, on passera à la croisade,
Vous tuerez ou vous serez tué
Quoi qu’il en soit, vous serez les victimes de votre haine
La loi est ainsi :
Vous ne pouvez être heureux seul
Si l’autre n’est pas heureux, vous ne le serez pas non plus,
Si l’autre n’a pas d’avenir, vous n’en aurez pas non plus,
Si l’autre vit d’amertume, vous en vivrez aussi,
Si l’autre est sans amour, vous le serez aussi.
Le monde est nous tous, ou rien.
L’abri de votre égoïsme est sans effet dans l’éternité.
Si l’autre n’existe pas, vous n’existez pas non plus.
Les notes juteuses - qui touchent le corps – se sont tirées des clips maniérés. Parties continuer la fête ailleurs. (…) Nous appelons alors musiques les dérangements sonores qui habillent les cliquetis des caisses enregistreuses des supermarchés.
in Des abribus pour l’exode
Les animateurs des émissions d’actualité et de divertissement des chaines de télévision ont des trous dans leurs mots. A travers passent d’immenses tristesses de rien. Alors les téléspectateurs tombent dedans.
Ceux qui n’ont pas de parachute s’écrasent méchamment le dedans de la tête.
in Des abribus pour l’exode
Nos peaux sels soleils et sales. On pose une carte sur la table. On prononce le nom des villes. Le nom des lieux. On cherche le nom des vents. On monte un campement. Graminées. L’eau est tiède. Les lendemains ont le nom des routes. Tout s’embrase.
in Je suis un monstre des chemins
le poème et toi vous êtes beaucoup de noir sur un peu de blanc
in Tu écris des poèmes
Partout où nous posons l’œil, nous rencontrons un savoir dense qui fait le cosmos. Nous seuls, les hommes, ne savons pas nous comporter et dédaignons de l’apprendre.
Pourtant, certains jours, le corps que nous méprisons de façon si hautaine nous rappelle à l’ordre. Alors que nous flânons dans les vastes solitudes de notre inconnaissance, nous gaussant des coqs et des ânes, notre corps fait soudain appel à nous.
in Marguerite Porète
Les corps chauds
brillent ensemble dans l'obscurité,
la main s'avance vers le centre
de la chair, la peau tremble
de bonheur et l'âme vient
joyeuse à l’œil
in Song

Nul horizon
Pour enfouir la blessure silencieuse
Et l’azur noué,
Comme un linceul de lumière.
in Fragments