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14/09/2015

Diane Meunier

 

Oh dis ! Tu nous embêtes la folle ! Tu vas nous lâcher oui ?! Tiens, prends donc une pilule magique ou un grand verre d’alcool pour les folles ou pends-toi avec tes regrets ou va te noyer dans tes larmes n’importe-quoi mais tais-toi !

 

Taisons-nous dans la tête et vide ta valise

 

déjà, tu n’iras nulle part, tu le sais bien et qu’est-ce que tu pourrais bien faire hein ?

 

Où pourrais-tu aller ?

 

Si Si et Si ! je veux partir je vais partir avec ou sans toi sans rien et à poil dans ma tête

 

Ça t’apprendra !

 

 

 

 in Abattre les cathédrales

 

 

 

 

13/09/2015

Dominique Caetano

 

 

Je suis monté sur les hauteurs, je vois toute la ville et ses toits gris,

on dirait de la peau d’éléphant et je suis le cornac pleurant son salaire.

 

 

 

 

 

 

Ewa Lipska

 

 Bla-bla-bla sa photographie téléphone.
Un voyage de noces traverse l’écran.
Elle dans un fichier de robe blanche. Lui dans des icônes de tennis.

 


 

Tristan Cabral

 

c’est pourquoi, il ne faut plus jamais,

 donner de Nom au Grand Silencieux des Ténèbres !

 car tant qu’il fera Dieu, le monde pleurera !

  

Ramallah, noël 2008

in On Gaza’s strip

 

 

 

 

Claire Hexer

 

Les artistes doivent s’agiter. Et ne me parlez pas encore du sens. Ici, c’est d’énergie dont il s’agit. Le travail au bout du compte, dans le tracé circulaire, est égal à zéro.

 

 

in L’artiste

 

 

 

12/09/2015

Gilbert Joncour

 

puis, dans le pourpre, le sang, le vomi, la crasse et les giclures,

on lèche son assiette et son vide et ses doigts.

 

in Hors les murs

 

 

 

Diane Meunier

 

Et moi aussi j’ai peur

 

le cri reste dans ma bouche et mes jambes faillissent

 

et les chiens me reniflent, excités

 

je m’habille de fleurs pour les dérouter et je hurle de la poésie

 

mais je ne suis pas sûre qu’ils aiment les poètes, les chiens, ni les fleurs

 

 

 

 in Abattre les cathédrales

 

 

 

11/09/2015

Sven Lindqvist

 

Vous le savez déjà.

 Moi aussi. 

 Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. 

 Ce qui nous manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons 

 et d’en tirer les conséquences. 

 

in Exterminez toutes ces brutes

 

 

 

Robert Edward Hart

 

Le poète congénital et incurable, résiste, on ne sait en vertu de quel sortilège, à toutes les tentatives de destruction méthodique, ou méthodiste, que la société multiplie contre lui (...) Ce perpétuel dissident, cet être anachronique : le poète, a trouvé le moyen de survivre au dodo et à la liberté, que l'homme sociable a fini, et non sans peine, par exterminer.

 

 

09/09/2015

André Louis Aliamet

 

Ces feux qui bourgeonnent, bientôt nous brûlent.

 Reste une épave, aussi frêle qu’une mouette

 sur l’abîme des flots.

 

 

Saïd Dib

 

Attendre la bataille

 pour noter mes déserts.

 Suffoquer d'avoir cru

 qu'entre noirceur et nuit

 la sente était solide.

 

 

in Tranquillement tranchant

 

 

 

Marie-Florence Ehret

 

 

Je laisse derrière moi

 à la fécondité du vent

 des champs brûlés.

 

Et sur les eaux du temps

 je marche

 en tremblant.

 

in Que la musique

 

 

 

08/09/2015

François Cheng

 

Toi le féminin

Ne nous délaisse pas

Car tout ce qui n’est pas mué en douceur

Ne survivra pas

 

 

 

 

Jean-Marie Kerwich

 

La douleur était mon professeur de lettres. J’étais le premier des derniers, au fond de la classe. Je me revois les bras croisés sur mon pupitre. Sur mon cahier j’écrivais des pensées qui ressemblaient à des chemins de blé. Chaque phrase était pareille à une feuille morte ou un caillou qui devenait un poème — quand je ne savais même pas ce qu’était un poème.

 

 

 

Jean-Marie Kerwich

 

LA TRACE 

De la poubelle coule une longue traînée d'huile qui serpente sur le quai de livraison. Elle semble danser tant elle se déhanche sur le sol. Dans le soleil elle prend des allures de princesse déchue. Parfois sa partance vers l'égout devient sacrée car elle sent que sa mort est proche. Vous devez vous demander en lisant ces lignes de quoi je veux parler. Quelle importance, cette huile qui coule d'une poubelle ! Pour moi ça a de l'importance car je suis pareil à elle. On a utilisé son âme pour faire frire l'indifférence des bureaucrates de la cantine comme on utilise la grâce si précieuse d'un grand poète pour agrémenter la vie des puissants. Je coule de cette poubelle qu'est le manque d'humanité des hommes. Je me laisse couler sur la page, mon écriture se déhanche : je vais vers l'égout des nantis, je m'apprête à mourir comme cette huile ondoyante si gracieuse dans son cheminement sur ce quai. C'est fait : sa tête est tombée dans l'égout, mais elle laisse sur le quai l'infatigable trace de sa grâce.

 Marseille, terrain des voyageurs