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26/10/2015

John Steinbeck

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Werner Lambersy

 

  Quand

  Le soleil montre

  Les dents de sa tête

 De mort

 

  Quand

Les morts montrent

 Les dents

 Debout dans la ville

 Quand

 On plante des fleurs

 Au bord des fenêtres

 

 Tellement

 Tout est gris

 Et sourds les voisins

 

 

Que la fiente

 De pigeon fait un fond

 De teint

 Aux carreaux des jours

 

  Quand

 Le ciel n’a plus de pneu

 De rechange

 

 Que les nuages

 Roulent sur des essieux

 Rouillés

 

 Et qu’on rechape

 Les vieux dessins creux

 Des constellations

  

 C’est qu’un poème passe

 Comme on dit

 D’un ange

  

 Durant une conversation

 

  in Te Spectem

 

 

 

Alain Di Meglio

 

Le figuier s’est dépouillé :

 Ses branches nues

 Laissent ici et là

 Quelques fruits ahuris.

 

 

 

25/10/2015

Vladimir Maïakovski

 

Je sais la force des mots, la force des mots tocsin.

Pas de ceux-là qui savent ravir les foules.

Des autres, qui de terre feraient sortir les morts,

Et les cercueils défilent d’un pas de chêne sonore.

Souvent, ni lus, ni imprimés, les mots tombent au panier,

Mais ils en sortent et ils galopent le mors aux dents,

Tonnant pendant des siècles et les trains viennent en rampant,

Lécher leurs mains calleuses.

Je sais la force des mots. Moins que rien.

Moins que des pétales sous le talon d’une danse.

Et l’homme pourtant, de toute son âme, des lèvres, de la carcasse…

 

 

Jean-Michel Bongiraud

 

mais combien de fois ai-je oublié mon nom

 combien de fois me suis-je oublié parmi vous

 

je suis parfois si loin de tout

 un vagabond enjambant son humanité

 

 in Sang & Broussailles

 

 

 

Jean-Michel Bongiraud

 

Les morts éclaboussent les ruines.

 

J’apprends les songes et les cailloux.

 

 

 

in Sang & Broussailles

 

 

 

Werner Lambersy

 

L’incendie de créer n’appartient qu’à ceux qu’un désert peut nourrir

 

in Architecture nuit

 

 

 

Michel Voiturier

 

 

 ne pas dire le cri

 déjà sorti des gorges tranchées

 

 seulement étancher sur le sable

 le sang non encore bu

 

 

 

 

24/10/2015

Patrick Frégonara

 

 

La guerre a toujours 

 Sur le tableau de l’histoire

  Reçu la consigne

 

  D’effacer

 

 

Bashô

 

 

 

Ce sentier, personne

Ne s’y aventure, sinon

  Le couchant de l’automne.

 

 

 

 

 

 

 

Werner Lambersy

 

La vie ! La vie !

 Comme un buvard

 Qui boit le ciel

 

  

in Te Spectem (Traversées n°56)

 

 

 

 

Moez Maged

 

J’aimerais traîner, la nuit, perdu dans la misère, arpentant les pavés d’un bidon ville à Buenos Aires. Et sentir soudain le tranchant d’une lame qu’enfonce un gamin dans le creux de mes reins.

 

 

Et me dire enfin : « c’est fini ». M’effondrer sur le sable, la nuit…

 

 

 

in Les rêveries d’un cerisier en fleurs (Décharge 147)

 

 

 

 

23/10/2015

Cathy Garcia

 

Écouter les oiseaux, une machine ronfler au loin, le coucou. Rejeter cette dégueulasserie humaine, ce grand n’importe quoi à devenir fou et folle. Puisque tout est permis, participer aveuglément en brandissant mon grand n’importe quoi à moi, comme flamboyante vérité.

 

cg in A la loupe

 

 

Louis Savary

 

Pour apprivoiser la folie

 rien ne vaut

 un grain de poésie

 

 

in Opium de personne

 

 

 

Jean-Louis Bernard

 

porter à incandescence

 le sarment du signe

 pour l’incendie

 des neiges à venir

 

 in Au juste amont du songe