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09/09/2015

Marie-Florence Ehret

 

 

Je laisse derrière moi

 à la fécondité du vent

 des champs brûlés.

 

Et sur les eaux du temps

 je marche

 en tremblant.

 

in Que la musique

 

 

 

08/09/2015

François Cheng

 

Toi le féminin

Ne nous délaisse pas

Car tout ce qui n’est pas mué en douceur

Ne survivra pas

 

 

 

 

Jean-Marie Kerwich

 

La douleur était mon professeur de lettres. J’étais le premier des derniers, au fond de la classe. Je me revois les bras croisés sur mon pupitre. Sur mon cahier j’écrivais des pensées qui ressemblaient à des chemins de blé. Chaque phrase était pareille à une feuille morte ou un caillou qui devenait un poème — quand je ne savais même pas ce qu’était un poème.

 

 

 

Jean-Marie Kerwich

 

LA TRACE 

De la poubelle coule une longue traînée d'huile qui serpente sur le quai de livraison. Elle semble danser tant elle se déhanche sur le sol. Dans le soleil elle prend des allures de princesse déchue. Parfois sa partance vers l'égout devient sacrée car elle sent que sa mort est proche. Vous devez vous demander en lisant ces lignes de quoi je veux parler. Quelle importance, cette huile qui coule d'une poubelle ! Pour moi ça a de l'importance car je suis pareil à elle. On a utilisé son âme pour faire frire l'indifférence des bureaucrates de la cantine comme on utilise la grâce si précieuse d'un grand poète pour agrémenter la vie des puissants. Je coule de cette poubelle qu'est le manque d'humanité des hommes. Je me laisse couler sur la page, mon écriture se déhanche : je vais vers l'égout des nantis, je m'apprête à mourir comme cette huile ondoyante si gracieuse dans son cheminement sur ce quai. C'est fait : sa tête est tombée dans l'égout, mais elle laisse sur le quai l'infatigable trace de sa grâce.

 Marseille, terrain des voyageurs

 

 

 

07/09/2015

Marie-Florence Ehret

 

Un train de vie va rentrer en gare

 éloignez vous de la bordure du quai.

  

in Que la musique 

 

 

 

 

Jean-Marie Kerwich

 

J’ai vu un ange qui boitait. Il m’est apparu simplement : j’étais assis sur un banc et je voulais allumer du tabac. L’ange me vit et vint allumer mon tabac. Je sais maintenant que tous les hommes devraient boiter. Mais qui en ce monde mériterait d’avoir cette magnfique démarche ? Les prétentions, les audaces, les parades sont à présent à mes yeux les vraies infirmités.

 

 

 

Marie-Florence Ehret

 

Ni enviée, ni envieuse

en vie malgré un décalage certain

 

 in Que la musique

 

 

 

 

 

 

06/09/2015

Jean-Pierre Chambon

 

 

Aucun versant ne me retient.

 

Je n’appartiens à aucune rive.

 

 

 

Henri-Louis Mencken (surnommé le sage de Baltimore ou le Nietzsche américain)

 

 

L’amour est le triomphe de l’imagination sur l’intelligence

 

 

 

Jean-Damien Roumieux

 

Sagesse de l’épine sous le faste des roses. Ici, les cris d’orfraie, là-bas, le rire et l’indolence de la mer. S’abandonner au vent. Le sentier sur le roc conduit à satiété.

 

 

in Veille le vent

 

 

Ewa Lipska


 Notre ordinateur
est couché entre nous.
Formatés exactement
pour notre bref amour
nous ouvrons une fenêtre de dialogue.

 

 

05/09/2015

Marie-Florence Ehret

 

J’ai rêvé qu’un dieu cruel

 clouait à grands coups de marteau

 des étoiles dans la chair d’ébène du ciel.

 

 in Que la musique

 

 

04/09/2015

Abdelmadjid Kaouah

 

Je plante mon arbre
là où l’eau broie la chevelure du soleil
écartelé entre deux ateliers de violence
et c’est l’amour sur les chemins parallèles
des hommes
 

 

in Par quelle main retenir le vent

 

 

 

Lao Tseu

 

Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.

 

 

Antoine Boulad

 

Pour tout bien,

 J’aurais emporté une faim de loup

 A la mesure du monde et des mots dont on entend battre le cœur