Isabelle Stibbe
Les parents quand ils faisaient la grève, c’était pour des augmentations de salaire.
Les fils, aujourd’hui, ils font grève pour continuer à travailler.
in Les maîtres du printemps
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Les parents quand ils faisaient la grève, c’était pour des augmentations de salaire.
Les fils, aujourd’hui, ils font grève pour continuer à travailler.
in Les maîtres du printemps
Toutes ces mères dévorant leur progéniture, bout de chair pour bout de chair qu’elles n’en finissent pas de digérer. Tous ces pères aux abonnés absents ne voyant pas plus loin que leur couilles. Hoquets des peurs enfouies. Recoudre les morceaux de soi. Rapièçage sans fin pour éclopés du divan. Oublier tout ça. Vivre.
in Grand arbre rouge
faire bonne figure, s’accommoder
d’infinitifs qui ont le style
d’une serpillière
je suis fatigué
comme tout le monde
tout le monde trop-plein
de trop de choses
in Démolition
En vieillissant l'on aimerait faire l'amour à une âme.
Et ne plus rien écouter de ce qu'ils disent de l'aube...
Une douce lenteur, le goût de l'instant célébrant sa chute.
Une neige à l’extrême bleu de l'air, tel pourrait être notre âme.
J’ai volé l’oiseau jaune
Qui vit dans le sexe du diable
Il m’apprendra comment séduire
Les hommes, les cerfs, les anges aux ailes doubles,
Il ôtera ma soif, mes vêtements, mes illusions,
Il dormira,
Mais moi, mon sommeil court sur les toits
Murmurant, gesticulant, faisant l’amour violemment,
Avec des chats.
J’emmerde les proverbes
Quant on veut, on peut
mais quand on peut
souvent, on ne veut plus
Les murs ont des oreilles je leur susurre des mots doux
ça doit leur plaire car ils ne trouvent rien de mieux pour me répondre
que de suinter d'humidité à grosses gouttes
À la crinière des algues se mêlait le miaulement des flots
Et la marée féline se frottait aux écailles des raffineries poisseuses
in La mère Michel (Poids Plume 2016)
Dans la baie engorgée autrefois poissonneuse
On ne croise plus un chat, la mer s’y est noyée.
in La mère Michel (Poids Plume 2016)
J’ai traversé des frontières au goût de vent, des ports sentant le poisson mort
in L’âme de la grande ourse
j’exhale une ville
qui n’a pas le temps
L'endoctrinement n'est nullement incompatible avec la démocratie. Il est plutôt, comme certains l'ont remarqué, son essence même. C'est que, dans un Etat militaire, ce que les gens pensent importe peu. Une matraque est là pour les contrôler. Si l'Etat perd son bâton et si la force n'opère plus et si le peuple lève la voix, alors apparaît ce problème. Les gens deviennent si arrogants qu'ils refusent l'autorité civile. Il faut alors contrôler leurs pensées. Pour se faire, on a recours à la propagande, à la fabrication du consensus d'illusions nécessaires.
in un interview à la radio étudiante American Focus
La propagande est aux démocraties
ce que la violence est aux dictatures.
Cette société durera, avec ses souffrances et ses injustices, tant et aussi longtemps qu'on prétendra que les engins de mort créés par les hommes sont limités, que la Terre est inépuisable et que le monde est une poubelle sans fond. A ce stade de l'histoire, il n'y a plus qu'une alternative. Ou bien la population prend sa destinée en main et se préoccupe de l'intérêt général guidée en cela par des valeurs de solidarité ou bien c'en sera fait de sa destinée tout court.
le poète rendra l’oreille
à tout homme
qui la lui prêtera