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06/05/2015

Moki Mioke

Moki Mioke. (12).jpg

 

Ryokan

 

au onzième mois, l'hiver est sombre,
la pluie et la neige sont abondantes
mille montagnes, une même couleur
dix mille sentiers, de rares passants
mes voyages d'autrefois sont tous devenus des rêves
ma porte en herbes bien fermée,
toute la nuit brûle une bûche de bois blanc
tranquillement je lis les poèmes des anciens

 

 

 

Proverbe soufi

 

Considère le grain de poivre et l'ampleur de l'éternuement.

 

 

Lu Yu (1125-1210)


je balaie le sol, allume de l'encens et ferme la porte pour dormir
 la natte, comme des rides dans l'eau, la tenture comme de la fumée
 ici en étranger, je me réveille, où suis-je?
je soulève le store de la fenêtre à l'ouest, les vagues rejoignent le ciel

 

 

05/05/2015

Patrick Devaux

calme

 nuit

 de

 transparence

 

 tellement

 calme

 

 et

 tellement

 grise

  

que

 j’écoute

 mes tempes

 

 

 

in Ecailles de nuit

 

 

 

 

Patrick Devaux

humains

 

 il y avait

 du monde

 dans les cercles

 le long des routes

  

ou alors

 il y avait

 

 comme

 ce désir

  

de retourner

 à Stonehenge

 

in Ecailles de nuit

 

 

 

 

Ryokan

 

pour faire du feu
 le vent m'apporte
 assez de feuilles mortes

 

 

Jean Joubert

 

Ah ! Nuit plus que nuit,

 Parfum de gouffre

 Et souffle bas d’un spectre.

 

 Et l’égaré,

 Au creux de l’insomnie,

 Supplie en vain le coq

 De convoquer le jour.

  

 in Eternité de la rose

 

 

 

04/05/2015

Bashô (1644-1694)

 

   les montagnes et le jardin
 aussi s'invitent
 dans le salon d'été

 à Kyoto rêvant de Kyoto

 

 

Su Tung po (XIème s.)

 

décrivant ce qui se passe

 
bientôt la fin des prunes jaunes, le son de la pluie se fait rare
 le sentier est couvert de mousse, le vert gagne mon vêtement
 un vent violent se lève, la petite fenêtre n'a pas été fermée à temps
 pétales de fleurs et manuscrits de poèmes ensemble s'envolent

 

 

Wang Wei (701-761)

 la villa de la rivière Wang

 
bientôt un an que je ne me suis rendu sur la montagne de l’est
 de retour juste aux semailles des champs au printemps
 sous la pluie la couleur verte des herbes semble teinte
 au-dessus de l’eau les fleurs rouges des pêchers sont sur le point
    de s’enflammer
 Yu lu, le moine mendiant, érudit des soûtras,
 et le Vieux bossu, le sage du village !
 je m’habille à la hâte, sandales à l’envers, pour aller les voir
 joyeux ensemble nous parlons, nous rions, devant mon humble porte



 in le plein du vide

 

 

Poème de Lu Tung (IXème s.), surnommé le "Fou du thé"

 

la première tasse humecte lèvres et gosier
 la deuxième tasse chasse solitude et mélancolie
 la troisième tasse va fouiller mes entrailles desséchées
 n'y trouvant que cinq mille rouleaux d'écrits
 à la quatrième tasse transpire une légère sueur
 les contrariétés de toute ma vie,
 par tous les pores de ma peau, se dissipent
 la cinquième tasse purifie chair et os
 la sixième tasse me fait communier avec les immortels
 la septième tasse, peut-être n'aurais-je pas dû la boire
 aussitôt un vent frais naît sous mes aisselles

 

 

Bashô (1644-1694)

 

automne profond

mon voisin

comment vit-il ?

 

 in à Kyoto rêvant de Kyoto

 

 

 

 

03/05/2015

Tao Yuan ming (4ème s.)

 

consultant le Classique des montagnes et des mers

 

c'est le début de l'été, herbes et arbres poussent
 les arbres prospères qui entourent la maison étendent leur ombrage
 les oiseaux se réjouissent d'y trouver refuge
 j'aime ma hutte moi aussi
 comme j'ai déjà labouré et même semé,
 j'ai du temps pour lire mes livres
 mon allée est à l'écart, loin des grandes avenues,
 même les carrosses des vieux amis font demi-tour
 joyeux je bois le vin printanier,
 et cueille des légumes dans le potager
 une pluie légère vient de l'est,
 un bon vent arrive avec elle
 je feuillette l'Histoire du roi de Chou,
 promène mon regard sur les gravures des montagnes et des mers
 le temps de baisser la tête et de la relever, j'ai parcouru l'univers
 pour se réjouir, que faut-il de plus ?

 

 

Po Chu yi (772-846) "celui qui jouit du ciel"

 

on laisse sortir poulets et chiens, ils dansent
on laisse faire les enfants, ils s'amusent
assis oisivement, à l'ombre des sophoras,
le poitrail à l'air face au vent du soir
le chanvre trempe dans l'eau de l'étang
les dattes sèchent au soleil
hommes et chose, quelle harmonie!
c'est là que demeure le vieillard de la campagne