Auteur inconnu

appel d’eau
sensation de me faire
déborder de partout
je cherche la solitude
comme un poisson cherche l'eau
in Petit livre des illuminations simples
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appel d’eau
sensation de me faire
déborder de partout
je cherche la solitude
comme un poisson cherche l'eau
in Petit livre des illuminations simples

Je prends le fleuve
comme il me prend
et même si ce n'est pas gai
je pagaie je pagaie
je sais les rochers cachés
les vortex les dangers
j'ai l'instinct affûté
depuis le temps
depuis le temps
je connais le goût
et la chaleur du sang
le fer qui tord
et la flèche qui fuse
la balle qui siffle
pour mordre le cœur
Je prends le fleuve
comme il me prend
et même si ce n'est pas gai
je pagaie je pagaie
in en cours

Ciel d'orage
sur les prairies électriques
que le vent griffe
comme un chat en colère
la chaleur d'un foyer
aux yeux phosphorescents
couve un secret qui résiste
à toute destruction
in en cours

JAZZ
A pas feutrés
Sur la chaussée luisante
Les ombres noctambules
Chaloupent nonchalantes
Fièvre aux lèvres
Swing dans la peau
A la pointe de l'aiguille
Sur leurs talons de cuir
Les bêtes fauves
Lèchent la ville
in Claques et boxons

le lait vert
de la peur
à genoux la vérité
la queue de la ciguë
j’ai sucé
in Ombromanie

Une fille, un tabouret
un bar
heure des solitudes
à diluer
on the rocks
ils parlent fort
ne disent rien
le vide abyssal
d'une chasse vaine
pour s'enfiler dans les veines
quelques grammes à peine
de plaisir pipé
une fille, un tabouret
le zinc qui tangue
le cœur stroboscope
quelques grammes à peine
avant la nausée
in en cours

frontières ouvertes fermées
le souffle de l’autre assigné à marcher
chair humaine à découper
suivant les pointillés
monde crédule étonné n’imaginant le ciel
rêves brisés arabesques
soumises à l’exil
sur un sol surface
de cendres d’homme
in en cours

Un wagon pour l’exil me fait signe.
Je ne me retourne pas.
in Fugitive

La pluie bat
le train s'en va
le temps balaie la voie
le cœur bat
le temps s'en va
la brume boit
ce qu'il reste de soi
mélancholia
l'amour coule
en pluie sur la vitre
le temps est un aller
sans retour

Je marche.
Je dois marcher.
Le ciel a mordu. Les chiens sont lâchés.
Dans les poitrines, les cœurs s’épavent.
On offre les hirondelles aux crocs du boucher.
Partout, s’installent des cirques funèbres.
Les ébréchés se font berner par les miroirs.
Torpeur... Foutoir irrespirable.
Je dois marcher.
in Fugitive

Je suis restée longtemps bloquée entre la lunaire hypersensible et la lunaire révoltée et là je tends je crois, j'espère, vers la solaire. L'énergie masculine de la femme solaire, l'animus, est mise au service de l'expression de ses qualités féminines, elle ose enfin être elle-même, douce et forte à la fois, sans contradiction. La femme solaire est une femme spirituelle branchée sur le cœur rayonnant, les pieds bien ancrés à la Terre où elle prend Source.
in Universelle

sorcière
face à la lune allongée
sur son hamac de nuage
elle parle avec les chouettes
et hume les longues nuits
qui s'approchent à pas de louves
affûtant leurs crocs
sur des pierres d'étoiles
in Petit livre des illuminations

Lacérations lumineuses
les signaux de détresse
des naufragés silencieux
des jetés par-dessus bord
des noyés du désamour
in en cours

J'irai la puiser
dans tous les creux de la terre
et puis je la boirai
à en épuiser la soif
la lumière
in en cours

Docteur, mes veines sont peuplées de dauphins, de sirènes déchirantes et déchirées.
Je n’écrirai plus beaucoup de paroles. Des mots, juste comme bol frêle étoile.
Quelques mots pour allumer un feu, nourrir un oiseau.
Des sons de montagne et d’eau.
Des sons pour guérir, des chants pour vivre. Docteur…
in Le poulpe et la pulpe