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04/10/2014

Arnold Böcklin - The chapel (1898)

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Par des nuits sans lune

Dans l'église en ruines

Les lanceuses de runes

Consultent les ombres

Lisent dans le vent

Le destin des hommes

 

in Le nectar des mandragores (1993)

 

 

 

 

02/10/2014

Auteur inconnu

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L’homme est doué pour écraser l’intelligence, la bomber sinon.

 Eradication, purification.

 

Exigeons la récréation !

 

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

Pawel Kuczynski

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La terre grasse s'empiffre

 Au festin des choses mortes

 

cg in Novembre (1998)

 

 

 

 

 

01/10/2014

Christos Magganas

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Au cercle des silures

Les larmes sont pointues

La cervelle en toupie

Les veines trempées

La violence des virgules

Dans un grain de beauté

 

cg - In extremis, 2013

 

 

Jeane Myers

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SUTURE

 

Lunes de cire

Echo des frontières

Tracées au khôl

Nuit émaciée

Aux éclats de souffre

 

La langue des anges

Dérange les nerfs

Prend la douleur

Trois fois nouée

 

Mots souillés

Paupières éparpillées

Aux portes

 

Langues humaines

Langue de la soif

Première

Obstinée

 

Rapprocher les lèvres

Recoudre le mot

La plaie le meurtre

Par un baiser

Ou le silence

 

cg in Mystica perdita, 2009

 

 

 

 

 

 

18/09/2014

Annik Reymond

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Une goutte d’encre noire est tombée dans chacun des nuages qui masquent le soleil. Il fait plutôt froid et mes pensées sont comme les nuages, chacune est tâchée d’une goutte d’encre noire. 

 

cg in Calepin paisible d'une pâtresse de poules

Nouveaux Délits, coll. Les Délits vrai, n°2, 2012

 

 

 

 

 

Ryuijie

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  Le vent délice ô mon air, mon amour, nectar de mes poumons.

L’amour est le combustible, nous brûlons.

Ce qui demeure, je cherche à peine.

 

 cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

17/09/2014

Chiharu Shiota - A room of memory

Chiharu Shiota - A Room of Memory (2009).jpg

 

Je suis un être de verre cent fois recollé.

L’écriture est un panneau « attention fragile ».

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

 

 

Greg Dunn - Japanese maple

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Souffle, eau, sang, sève, mouvement.

La lumière comme la pensée, des impulsions.

 

 

cg in Chroniques du hamac, 2008 

 

 

 

 

 

Tadashi Kawamata

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CHAISE CONTRE BALAI

 

LA chaise, sur laquelle se pose et se repose notre partie la plus charnue, LA chaise, une sorte de cul de remplacement en somme. Objet commun d’entre tous, objet d’une telle évidence et qui s’offre si généreusement « Prenez-donc une chaise. ». Quatre pieds bien ancrés, entre terre et ciel, nous offre une position qui n’a pas toujours été la nôtre, et qui d’ailleurs ne l’est toujours pas dans bien des endroits de notre planète. Quatre pieds bien arrimés, qui n’empêchent pas pour autant les enfants de s’en balancer, au risque de valdinguer, chaise et enfant confondus, six pieds en l’air. Serait-ce à dire que les enfants ont moins de respect pour ce si noble objet que nous, adultes, grands et responsables ? Les enfants préfèrent, à l’image de nos ancêtres et de nombreux peuples encore aujourd’hui, s’asseoir par TERRE. La chaise finalement ne serait-elle pas plus convenable que confortable ? Ce n’est pas Pharaon qui me contredirait qui fut sans doute le tout premier à vouloir affirmer sa puissance, en dominant un peuple accroupi aux dépends de son propre confort. En effet, les premiers sièges nous les devons aux Égyptiens, avant la klismosdela Grèce Antique, qui innove avec le siège ergonomique.

 

À l'origine donc, la chaise était un privilège réservé aux élites. Les gens du peuple, chez nous par exemple, utilisaient le coffre, le banc ou le tabouret. Autant dire que de la chaise au pouvoir, il suffit de prendre place, et le must ce sont les chaises portées par d’autres, la sedia du Pape (habemus !) et autre chaises à porteur qui sont souvent vite devenus le symbole de l’oppression dans les pays colonisés. Et nous pouvons pousser la réflexion jusqu’à l’inversion du symbole, quand la chaise fait déchoir l’être au plus bas, elle devient alors celle du condamné, la chaise punitive par excellence, la chaise électrique.

 

Mais revenons à nos chaises à nous, nos chaises toutes simples, si familières dans les foyers même les plus modestes. Si pratiques certes, mais sont-elles vraiment à ce point, indispensables ? Si nous n’avons pas la grosse tête en y posant nos fesses, ne seraient-elles pas pourtant comme un obstacle immiscé entre notre rondeur postérieure et la rondeur de la Terre ? Nos fesses ne se plairaient-elles pas mieux au sol finalement et n’y aurait-t-il pas quelque chose à apprendre à s’asseoir de cette façon ? Quelque chose qui aurait à voir avec un peu d’humilité. Agenouillés, en tailleur, voire en lotus, est-il impensable d’imaginer que cela puisse nous libérer l’esprit ? Nous ramener à une plus juste mesure ? A une gymnastique à la fois morale et physique qui nous serait bénéfique ? Les Asiatiques semblent en savoir plus que nous en ce domaine et pour avoir pratiqué, je pourrais même dire que la posture assise au sol, lotus ou zazen, peut nous être extrêmement bénéfique, de même que tout simplement s’asseoir plus souvent dans l’herbe.

 

J’écris tout ceci en buvant mon café, assise bien évidemment sur une chaise, une chaise en bois tout ce qu’il y a de plus classique. Alors plutôt que de bavarder plus longtemps, passons à la pratique justement. Me voilà assise sur le ciment de la terrasse. Première observation : il est frais et c’est agréable. Deuxième observation : le sol est sale. J’en arrive donc à cette conclusion, je vous l’accorde un peu hâtive, mais c’est un fait : si nous n’avions pas de chaises, nous passerions plus souvent le balai !

 

 CG, juillet 2010

 

 

 

 

 

Kostya Lupanov

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 J’emmerde les artistes et les poètes qui se pensent à part.

Le mot ART ne devrait pas exister, à la place il faudrait lire VIE.

 

Pulvériser ces ghettos qui font que les poètes ne fréquentent que les poètes. Tracer, tresser des ponts, se faire passeurs d’ailes.

 

Que le poète s’enivre avec le plombier, que le plombier danse avec les ballerines, que les danseuses recoiffent les infirmières, que les infirmières peignent les maçons, que les maçons bâtissent des charpentes d’étoiles,     

que les étoiles fassent des confitures, que les grand-mères fassent la révolution, que les révolutionnaires fassent du yoga, que les yogis fassent des plans sur les comètes qui ouvriraient des bars pour les poètes qui s’enivreraient avec les policiers en tricotant des alouettes pour faire rire les plombiers.                                   

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

 

Greg Dunn

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Tant mieux si vous êtes délibérément inutiles, joie de moucheron, beauté des pelages,

petite cuillérée de mondes extravagants.

 

cg in Qué wonderful monde

Nouveaux Délits, Coll. Les Délits vrais, n°1 - 2012

 

 

 

 

14/08/2014

Elizabeth Wilson - Sunset, Greenport - 2013

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 Lisse absolu, la richesse est une double protection, rose sur mesure. Alors osez les reflets de surfeuses, balayage bord de mer et le sable en tube. Et n’oubliez pas, dîner en blanc, c’est élégant.

 

cg in Un vanity de vanités (Asphodèle 2012)

 

 

 

13/08/2014

Veronica Ebert

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Obligée de m’asseoir.

 

L’imposture abstraite saigne le quotidien.

 

Tomber à genoux sur un grincement de parquet.

La langue plantée avec joie tisonne la gorge.

L’averse mouille la chapelle.

Passe la nacre d’un ange.

 

L’usure sent le vieil or, le charme des croix d’automne.

Un lierre a muselé les muses.

 

Territoire entrebâillé, chaos de chiendent, douce fêlure.

Le pain d’abeille prépare l’érosion des cathédrales.

 

Ce qui trouble les anges, est-ce un parfum de foudre ou bien de foutre ?

 

cg in Fugitive (Cardère 2014)

 

 

Andrea Floris

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Ma lèvre tremble, le ciel est tombé en cataracte de verre.

En granit fracassé à la mer.

Tant de pêcheurs encombrent la rive et le soleil veut sa part de crème géologique.

 

Je glisse, toboggan, vers l’abime entraperçu sous la couture des océans.

 

cg in Fugitive (Cardère 2014)