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24/04/2014

Sarah Hermans

Sarah-Hermans4.jpg

 

CÉLÉBRATION

 

Sève de joie

Jouir encore

C’est se réjouir !

 

Alors célébrons ! Célébrons nos ennuis

Ces cieux qui nous tombent sur la tête

 Tous ces maux qui nous éreintent

 Ces manques qui fragilisent

 Célébrons les blancs à remplir

Les fosses à combler

Les oiseaux qui n’ont pas encore

Appris à voler. 

 

Célébrons la colère, la rage, la peur

La jalousie, le dégoût et la rancœur.

 

Respirons à plein poumons

le grand air du rire

 

Sève de joie

Soyons cette lumière qui danse

Entre les herbes folles.

 

 

cg 2000

in Philosovie

 

 

 

David Uzochukwu - Return

David Uzochukwu return_n.jpg

 

SIMPLEMENT

 

 Ce serait pourtant facile de venir au monde chaque matin, avec un regard neuf et le cœur gai comme un jour de fête, plein de vive curiosité. 

 

Quel trésor vais-je découvrir au seuil de la maison ? Au bout de la rue ?

 

Quels seront les bonheurs du jour ? Quelles couleurs auront les mots ?

Quels chants, quels rires ? Quelles odeurs et combien de larmes ?

 

Avec quelle ferveur parlera-t-on d'amour ?

Quel sera le degré de sa brûlure ?

 

Avec quoi la vie caressera-t-elle ma peau ?

Soleil, pluie, vent ?

Ou bien tes mains ?

 

Y aura-t-il un arc-en-ciel ?

 

 

cg 1997

in Philosovie

 

 

 

 

 

Valerio Boncompagni

Valerio Boncompagni4.jpg

 

 

Battre des plumes

 

Le travail que chacun d'entre nous accomplit sur lui-même fonde le socle d'un monde plus équilibré.

L’art et toutes formes d'expression permettent de transcender la douleur ou tout au moins d’évacuer le pus des blessures. C'est pourquoi les cultures qui connaissent de grandes souffrances les ont exprimées si intensément d'une façon ou d'une autre.

C’est un combat permanent que de se réapproprier son originalité, son intégrité, sa différence.

Les formes de domination sont innombrables. Puissent les résistances ne faire qu'une et unir la multitude de richesses qu'elles contiennent.

L’humain est en guerre contre lui-même, contre son alter ego déconsidéré. Personne ne peut prévoir l'issue de cette guerre, mais on peut décider de désobéir, de poser les armures et les masques... Chaque jour, gagner une petite seconde d’attention supplémentaire.

 

Il nous faut battre des plumes si nous voulons voler.

 

cg 2008

in Philosovie

 

21/04/2014

Albert Renger-Patzsch - Fungi Parasolpliz - vers 1930

Albert Renger-Patzsch Fungi Parasolpliz 1920 1950.jpg

 

Je frotte mes ailes de cigale, ventre contre terre, fesses solaires. J’ai tellement retourné les mots en tous sens, goûté leurs chairs, sucé leurs os, il y en a peu finalement qui apaisent ma faim. Je cherche l’au-delà des mots, la sensation pure, violente parfois, une pénétration totale par ce que certain nomme le divin.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

 

18/04/2014

Andrew Wyeth

Andrew Wyeth.jpg

 

SILENCE

 

Silence épinglé sur le mur

Murmures des poches trouées

Sourires égrainés sur les routes

Pour petits poucets égarés

 

Il y a là-haut sur la colline

Une chatte qui met bas

Le clocher a sonné douze fois

La nuit s'enroule dans un drap

 

Silence épinglé au ciel

Boutons d'étoiles mal cousus

Aux vestes des poucets

Chuchotis de rivière

Soupirs des fossés

  

Silence

Un doigt

Posé sur le monde

Frisson de lune

Soupirs de brume

 

Salamandres écrasées

Poucets bâillonnés

Sur le cœur

Silence épinglé

 

 

cg in Au fond du tiroir (LivrArt n°2, 2012)

http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2012/11/27/livr...

 

 

 

 

 

 

 

 

16/04/2014

Albarran Cabrera - Japan #164 - 2013

Albarran Cabrera Japan #164 2013.png

 

SIMPLE COMME AU REVOIR

 

Il a rêvé de tortues stellaires

Et s’éveille convaincu

De détenir la vérité :

L’univers a des crocs de dinosaure

Dans une bulle close par un cadenas

Dieu est un feu follet.

 

cg 2002

 

 

 

 

Albarran Cabrera - Japan - 2013

Albarran Cabrera Japan 2013.jpg

 

 

Tout ce qu'elle lui a donné

A fini en buée

Sur la vitre de son

 Aquarium à lui

 

 

cg in Le baume,  le pire et l'essence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John Atkinson Grimshaw

John Atkinson Grimshaw .jpg

 

 

En ces temps de lune bleue, lune noire, lune douce, lune aigre…

 

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

 

 

13/04/2014

Alfred Kubin

Alfred Kubin 0.jpg

 

EN NERFS ET EN BOSSES

BIEN EN CHAIR

COMBLER LA FOSSE

 

 

Mordre

Les grappes de nuit lourdes amères

Mordre

Jusqu’au sang le soleil

Mordre la peau

Punir les marques

Du temps irrespectueux

 

 

Abîmer pour abîmer

Creuser le vertige

Sculpter un scalpel

Dans le silex des os

 

 

Fendre le fruit

Profaner sa chair

D’un rite animal

D’un rire rupestre

 

 

Injecter au cœur

Un virus de vie

 

 

Clarté sereine

Éblouissement

Orageuse beauté

De l’entraperçu

 

 

Gravir un bout d’éternité

Était-ce bien la peine ?

 

 

Plaie obscure de la nuit

Dans nos paumes accolées

Rêve bu au carreau du destin

 

 

Est-ce en creusant que l’on ouvre un espace ?

 

 

À coup de langues de pioche

Tirer du sensible un semblant de sens

Ou tout au moins l’essence

Le sacre du réel

 

 

L’homme qui brûle

Dit à l’homme qui pleure :

 

Elève-toi !

 

Jette la dépouille du monde

Et danse !

 

 

cg in Mystica perdita, 2009

(in Eskhatiaï, Ed. de l'Atlantique 2010)

 

 

12/04/2014

Co Rentmeester - Nu photographié avec un Polaroid SX-70 camera - 1972

Co Rentmeester A nude photographed with a Polaroid SX-70 camera (with a 15-second time exposure), 1972.jpg

 

Se séparer. Les pissenlits en graines, réfractaires aux vœux, nous manquons de souffle. Se séparer. Être dans l’instant d’un bourdonnement qui passe, faire taire les pensées, l’espoir, le désespoir. Se séparer. Arrêter les pensées ? Impossible ! Elles tournent, tournent, infernal manège, on n’en veut pas, on n’en veut, à l’autre. Un bourdon sur ma peau, doux, mais aussitôt la peur, ancestrale peut-être, de la piqûre.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

11/04/2014

Auteur inconnu

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POÈME NOIR

 

Poème aux rimes noires

Poème d'un monde écorché

Monde de paix illusoire

De rêves assassinés

 

Toutes les nuits sont les mêmes

Autant de joies que de haine

Tous les soleils se ressemblent

Trempent dans un même sang

Aux pieds de cités qui tremblent

Jusqu’à la mort elles dansent 

Tous les peuples savent sourire

 

Ils savent tous tendre la main

Tous ces peuples qui chavirent

Avec des armes sur leur sein 

Leurs enfants jouent dans les rues

Qu'il tombe de l'eau ou des bombes

Ils aiment tous courir pieds nus

Même s'ils trébuchent sur des tombes

 

Poème aux rimes noires

L’espoir est un supplice

Le monde à l'abattoir

Et l’amour s’éclipse

 

 

cg 1995

in Guerre et autres gâchis

 

 

10/04/2014

Hideyuki Katagiri

Hideyuki Katagiri (2).jpg

 

Depuis quelques jours, des parfums suaves m’arrivent soudain de je ne sais où, des parfums fleuris. C’est étrange. C’est un phénomène qui a commencé il y a quelque temps maintenant, et qui revient soudain, comme ça. Des parfums flottent dans les airs. Parfois la sensation qu’un autre monde est là, tout près, de l’autre côté d’un voile de plus en plus fin.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

 

 

Raphael Macek

raphael macek photography6.jpg

 

 

Tu es mon fou dans la caverne

 Je suis ta chair de paille

Ma rondeur est ma force

Ouvre-moi

Sois mon cheval nu

 Réveille le chaos entre mes cuisses

Onction vive de seins chatte limpide

Creuse-moi baise-moi enchante-moi !

 

Rend à mon âme en maraude

Sa suave abondance

L’orchidée du fond des yeux

Mon amour, fait-moi à la folie

Ce très vieux plaisir humain

La danse inspirée

Des anges épidermiques

 

 

cg in Tisonne, 2013

 

 

 

 

 

09/04/2014

l'oeil & la plume : Juste un peu de poussière ?

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texte cathy garcia                                                                          photo © ludovic florent  série poussières d'étoiles

 

 

Les mouches fermières ronronnent sur la peau de lait. Déguisé en mendiant, un bleuet part en fumée. Sur les toits, une pie s’effarouche et dans les herbes hautes, les cailles s’endorment en rêvant à des nids sur la lune. Une guêpe allumée dessine des jarretelles sur les pattes d’une musaraigne. Les laitues sont aux champs, les biches aux abois. Les murmures pourrissent sur des chemins d’épines.

 

Aux portes de la ville, valse de muses infécondes. Cantiques de murailles à faire froid dans le dos. La langue râpeuse de l’étranger, sa langue hachée, servie juste trop cuite à ceux qui pensaient pouvoir l’avaler. Des gorgones, des maux de têtes apparaissent les soirs de grand vent. Ces soirs où les passants passent comme des mortes-feuilles, où les enfants s’accrochent aux lampadaires qui urinent sans façon sur des chiens vêtus de noir.

 

Dans les jardins publics, qu’il vente ou qu’il pleuve, les mantes non religieuses sucent des fourmis à miel. Cela offusque et excite les vieilles coquettes, chapeau, gants, eau de violette. Diamants concassés dans leurs regards éteints.

 

Oui, juste un peu de poussière.

 

cg 2000

in Trans(e)fusées

 

En ligne sur http://jlmi22.hautetfort.com/

 

 

 

08/04/2014

Odilon Redon - Centaure

Odilon Redon-centaure.jpg

 

La laideur nous fait subir un interrogatoire. Hantise de nos forêts ténébreuses, de nos landes glauques. Nous devons réintégrer nos monstres, qu’ils cessent d’errer seuls, désespérément cruels. Laisser s’exprimer le réprimé, le refoulé, l’exilé. Nos migrations intimes, nos frontières, nos gardes chiourme, gardes chiottes. Toute cette merde en nous, ordure ou fumier ?

 

cg in Vous avez dit satyre ?

in Qué wonderful monde (Nouveaux Délits 2012)