Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/03/2015

Werner Lambersy

 

Ma vie est assez pleine : rien de spécial : quelques mensonges qui se prennent pour des vérités afin de survivre, sidéré, stupéfait, tétanisé devant la beauté du monde et la médiocrité féroce du genre humain. Mauvais genre d'ailleurs

 

 in La nostalgie de l'hérésie

 

 

Diane Meunier

 

 Il y a dans ma tête

 Une bête

 Qui ricane quand je parle

 Aux gens

 Intelligents

 Sans bête

 Dans leur tête

  

in Poèmes en poche

 

 

Diane Meunier

On fera la course en sabots de cheval, les pieds dans le même sac d’étoiles

 On fera de grandes fêtes en l’air pour faire lever toutes les têtes

 On jettera nos épluchures sur les toitures et des confettis de papier-toilette

 Aussi des plumes bien dures pour faire tomber les maisons et libérer les rues

 Et que les arbres dansent tout nus pour ne pas qu’on les voie

 Nous chercherons d’autres pays qui n’existent pas

 (alors on en inventera)

 Et aussi des endroits sucrés où on se lèchera les pieds

 En bouquet de violettes

 Ça sera chouette !

 

in Poèmes de poche

 

 

03/03/2015

Patrick Devaux

 

lune

 

  

poudre blanche

 nocturne

  

 

ombragée

 d’une chouette

 

  

et

 comme

 impalpable

 

  

l’éclatante

 lumière

 

 

 

Paul Février

 

Entends le vent violet

 Qui parcourt le port désert

 Fait vibrer les cordages

 Sur les hauts mats nus

A jamais sans voile désormais

 

 in Minotaure Obscur

 

 

Lucien Becker

 

La nuit se couche au bord des routes

 comme un grand chien très doux

 et tu cherches à apaiser les étoiles

 en les prenant dans tes cils.

  

in Plein d’amour

 

 

Perrine le Querrec

 

Je ne veux pas finir dans des réunions voutées à lire des poésies grises d’hommages Je ne veux pas qu’on me lise une fois morte en disant comme elle était folle comme elle écrivait et quelles solitudes et comme elle a souffert oh découvrez-la maintenant qu’elle est brûlée et lisez-la maintenant qu’elle est lointaine

Muette

Dispersée

 

 

02/03/2015

Georges Perros

 

Je ne pense pas qu’il faille vivre très longtemps pour s’apercevoir

qu’il n’y a d’issue à notre condition que poétique.

 

 in Papiers collés II

 

 

Werner Lambersy

 

C'était sans importance
On écrirait là-dessus
Comme sur le reste et cela suffit
Sauf peut-être pour certains
Qui eux non plus ne savaient plus
Et restaient sans rien dire
Lorsque le chant ne chantait pas

L'univers attendait
La voix qui entrerait en lui
Comme la lumière dans un fruit
Ou l'eau
Dans le pis des racines
Et comme de l'air
Dans les poumons d'un nouveau-né

L'univers attendait
Le danseur immobile de l'âme
Le rêveur d'interdits
Derrière les barbelés du verbe
Des camps de la peur
Et cette folie entre deux corps
Encordés par leurs souffles

 

 

 

Werner Lambersy

 

La beauté est le dernier obstacle
à opposer aux dictatures.
Elle est irréductible aux lois en
cela que sa loi se réduit au
besoin qu'on en ressent.
la liberté est l'espace qu'elle
exige pour son ambassade.
L'espérance, aussi amère soit-elle,
en demeure la forme initiale et
primitive
L'amour, aussi désespéré soit-il,
en reste le fondement principal.
La beauté n'a pas de visage et
peut les prendre tous sans rien
changer à sa nature propre.
Son mystère est fraternel, son
énergie originelle et fondatrice.

in Journal d'un athée provisoire 

 

 

Frédéric Perrot

 

Nos vieilles vanités ont été retirées de leur cadre.

Des objets transis, pâles et maladifs

hantent nos appartements

où nos reflets étonnés se frôlent et se fuient…

 

 in Nature morte

 

 

Franz Bartelt

 

Une pomme en plâtre peinte par un enfant

Et un stérilet rouillé au fond d’un compotier.

  

Assiettes pleines, assiettes creuses, souvenirs,

Calendriers périmés, vénérable poussière

Dans laquelle du doigt on signe son nom.

 

 

 

 

01/03/2015

Yekta

 

La pureté d’une voix dont

 La prière me met en pièces

 Les présages d’une ville

 A jamais puits de signes

 Où clapotent pêle-mêle

 Les continents et les siècles.

 

 in 40° 58’ Nord – 28° 49’ Est

 

 

 

René Bourdet

 

N’oublie pas, on meurt de faim

 Et tes mots sont très pauvres.

 

 

Irma Bonfillon

 

Il ne vivait plus de soleil mais de néon.

 Dans son néant détonnaient tous les violons.

 Le plaisir exaspérait sa crécelle

 Mais l’amour s’enfuyait à l’horizon.

 

  in Fugitives