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01/12/2014

Gillian Geneviève

 

Triste monde

 Que j’abhorre faussement

 Triste siècle

 Que je parcours 

A rebours du néant

  

 in Ode au chaos

 

 

Marguerite Duras

 

ça rend sauvage l'écriture. On rejoint une sauvagerie d'avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c'est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que soi pour aborder l'écriture, il faut être plus fort que ce qu'on écrit.

  in Écrire, 1993

 

 

Diane Meunier

 

Alors j’ai choisi un rocher pour m’y coucher

 Toutes les nuits

 Et j’ai répété tous les bruits que l’obscurité me chantait

  Puis j’ai mangé toutes les fleurs et vomi

 Des petits oiseaux

  

 in L’hurluberlue

 

 

30/11/2014

Leo Perutz

 

Les signes à partir desquels vous formez les mots [...] renferment les grandes forces et les puissances qui veillent sur le cours du monde. Et sache que tout ce qui est exprimé par des mots sur terre laisse une trace dans le monde supérieur.

 

in La Nuit sous le point de pierre

 

 

29/11/2014

Christian Bobin

 

Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière. 
 

in La plus que vive

 

 

Kazimierz Dabrowski

 " Je vous salue névrosés !

Parce que vous êtes sensibles dans un monde insensible, n’avez aucune certitude dans un monde pétri de certitudes

Parce que vous ressentez les autres comme si ils étaient vous-mêmes

Parce que vous ressentez l’anxiété du monde et son étroitesse sans fond et sa suffisance

Parce vous refusez de vous laver les mains de toutes les saletés du monde, parce que vous craignez d’être prisonniers des limites du monde

Pour votre peur de l’absurdité de l’existence

Pour votre subtilité à ne pas dire aux autres ce que vous voyez en eux

Pour votre difficulté à gérer les choses pratiques et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu, pour votre réalisme transcendantal et votre manque de réalisme au quotidien

Pour votre sens de l’exclusivité et votre peur de perdre vos amis proches, pour votre créativité et votre capacité à vous extasier

Pour votre inadaptation à « ce qui est » et votre capacité d’adaptation à « ce qui devrait être », pour toutes vos capacités inutilisées

Pour la reconnaissance tardive de la vraie valeur de votre grandeur qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous

Parce que vous êtes humiliés alors que vous veillez à ne pas humilier les autres, parce que votre pouvoir immense est toujours mis à bas par une force brutale; et pour tout ce que vous êtes capable de deviner, tout ce que vous n’exprimez pas, et tout ce qui est infini en vous

Pour la solitude et l’étrangeté de vos vies

Soyez salués! "
 


 
 

 

Thomas Vinau

 

La solitude est une nourriture qui nous mange

 

 

 

 

28/11/2014

Louis Savary

 

Poussé à bout

le mot

devient cri

 

in Mots de passe

 

 

26/11/2014

Luce Trembley

 

J’ai reçu de toi 

 - caresse révélée - 

 Ma vie, en plein visage 

Je t’aime 

Et mes mains 

Sont trop petites

 

 

 

 

Jean-Marie Gourio

 

 

L'eau conduit l'électricité,

mais si tu mets du vin dedans,

elle a plus le droit de conduire.

 

in Brèves de comptoir

 

 

 

Louis Savary

 

 la poésie du désert

 ne tarit pas de mots

 pour chaque grain de sable

 

in Mots de passe

 

 

24/11/2014

Jean-Marie Gourio

 

Il est tellement timide,

il ne parle même pas à lui-même dans sa tête.


in L'intégrale des brèves de comptoir 1992-1993

 

 

Buckminster Fuller

 

On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante.  Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle

qui rendra inutile l’ancien.

 

 

Marc Bonetto

 

Tu déflores le néant de la page avec l’arme illusoire des mots. Mais pourrais-tu désigner par leurs petits noms la ribambelle de monstres velus, goulus, ineptes et narquois qui te rongent la face et le ventre ?

 

in Disparates

 

 

Luce Trembley

 

La véritable nudité est d’hiver

 La peau se rétracte, se fendille et découvre

 Les fissures…

 Les derniers migrateurs désertent

 Transforment l’espace en une page blanche

 Il ne reste que la mort temporaire

 Faite d’écriture et de griffures d’ongles sur les vitres

 Je vous éloigne…

 Mais garde contre ma peau

 Ce petit édredon de plumes

 Pour conjurer le vol trop lourd des corbeaux.