James Noël
si je viens nu
ouvre ta nuit
portes et fenêtres
in Le pyromane adolescent suivi de Le sang visible du vitrier
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si je viens nu
ouvre ta nuit
portes et fenêtres
in Le pyromane adolescent suivi de Le sang visible du vitrier
Une grande partie de ma sensualité ne se perd t-elle pas dans les extases que me procure l’écriture, la beauté et autres sensations sans paroxysme ? Est-ce que je ne passe pas le plus clair de ma vie suspendue au-dessus du monde ou en marge de lui ? Ne suis-je pas peut-être un autre Rimbaud, qui ne fut que toute innocence ou toute obscénité, incapable de nuances humaines ?
Ceux qui ont vécu savent que l’ombre n’est là que pour un temps ; le matin apporte avec lui sa lumière.
in Illska
Et la tête s'incline,
Et les membres s'excluent.
Sommeil
Et je suis seul
- Comme un oiseau -
Au bord d'un linceul
- Avec un trou dans le carreau.
Il y a deux jours, j’ai renoncé à descendre chercher le pain ; l’ascenseur pue la pisse.
C’est peut-être pour ça que les gens se jettent par-dessus les rambardes…
De toute façon, l’escalier est une torture, il n’y a plus de rampe et plus d’humanité.
C’est ici que les gamins déchirent leurs cahiers et que les semelles glissent sur des seringues.
C’est moi ton air dément, ton noyau psychotique, ton royaume exotique
in La grande tueuse
in Traction Brabant 65
Temps mort
Caillou rouge
un bouillon
une écume
une averse
II tangue des minuits bleus comme
des matrices
un envol
un froid sourd
Quelle liesse en vous
Que vous fûtes cruelles
roses des lents jardins
mes gifles
mes canons
mes orgasmes
mes crânes
Latentes tragédiennes
mes louves
mes crépons
mes ongles
mes encens
J'ai bu J'ai bu
Je bois
ces laitances de mort
Je m'ivre à vos maigreurs
sereines cantatrices
mes couvents
mes fourrures
mes folles
mes courroux
Roses
harpons de chair
mes pépites de soie
Une fugue
Un fracas
La longue nuit de gel se brise sur ma tempe
On s'y perdait partout...
Que vous fûtes lascives
outrages à midi
mes dragons
mes drapeaux
mes vierges
mes indiennes
Voici, la vague vient
la vague de si loin venue
À plus tard ou jamais mes enfances déçues
in Rag-Time, suivi de Londoniennes et de Poèmes ébouillantés
Avec le temps, j’ai appris à montrer beaucoup plus que mon corps. J’ai exposé mes blessures, exhibé mes émotions. J’ai dévêtu mon corps puis déshabillé mon âme.
in Chambre 2
la moitié des pommes étaient gâtées. En les triant, elle s’était aperçue qu’elles aussi pourrissaient à partir du point de contact avec d’autres fruits : c’était comparable à ce qui se passe entre les êtres humains
in La voleuse de fraises
j’aligne les mots les signes
les hameçons
Qui ne pêchent rien
j’aligne
in Démolition
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un cœur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement.
in La Liberté des mers
C’est un soir un autre
le cri comme de l’or
des ruelles à flaques
le ciel feuillu pierraille
l’étoile buissonnière
les vaisseaux vagues blancs
le vent inévitable
il pioche aveugle il pioche
il défouit défouit
il ricoche écorche
fouette fou les lampes
il grouille aux lessives
le vent c’est
du vent
un chien mâchonne
soudain la lumière s’enflamme aux placards
vers la mer furieusement sobre
vieille boutique herseuse
berceuse cambuse
un vierge athlète a pissé bleu
sur le roc à gaillet
les noirs cressons
le dernier corbeau grince
il a plu sur les bêches
et la lande où j’étais
assez couru assez
où la douceur le gîte
où l’hivernage
l’innocence désormais ?
(21 octobre 1995)
in Noir sur blanc
Ce visage qui vous sourit tristement mais avec douceur et tendresse de l'autre côté de la réalité. Là où l'amitié et l'amour existent pour de vrai. Avec des mots qui, quand on les prononce, ont ce pouvoir magique comme les fées, de faire exister ce dont on parle: le bal, la danse, et les habits de fête pour tous ceux qui veulent qu'on les laisse libres. Sans ces cache-misère que sont toutes les bonnes raisons d'être dur et sévère. Sans le silence des reproches. Sans les accusations criardes. Sans les coups qu'on inflige aux autres quand on a peur de souffrir.
in l'impossible séjour
la poésie est une idée X
« Je me demande bien Tchoubaïka, pourquoi on traite la bourgeoisie libérale de libérale. Elle est porteuse d’une idéologie totalitaire extrême. Si on l’y regarde de près, tout son libéralisme se réduit à la permission donnée aux travailleurs de s’enculer à volonté pendant leurs heures de repos. » et Tchoubaïka répondait : « Excusez-moi Zouzia, mais c’est un grand pas en avant si on compare avec le régime qui percevait même cette activité comme sa prérogative.»
in Les nombres