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11/03/2015

Nathalie Nabert

La proie sommeille

 sur la paroi,

 festin d’alouettes

 dans le rougeoiement

 de l’ordre.

  

Et ma voix crie

 entre les cernes

 de la bête sacrifiée.

 Je suis la voix

 qui ne se tait pas, glaneuse ajourée

 dans le plomb de la nuit.

  

in Eclats

 

09/03/2015

Louis Savary

  

assez

 du va et vient

 sans savoir

 où il va

  

 in Tabous de nous

 

 

 

Anatole France

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Jean-Paul Gavard Perret

 

Une poussière d’image et d’ange jusqu’à ce que du vieux sexe ne demeurent que ses plis en éboulis de cercles. Conjuguer le moite au fond du reflet. Le jour sommeille. Mouvement de repli. Coupure, couture, clôture. Sutures au plus profond et la perle du nom – un peu de sperme ou de sang. Blanc de culotte et le dénuement. Alors vider le ciel du jus de son corps. Isoler l’histoire. Tenir encore, tenir, dans ce blanc de métal ou les embruns de sa rouille.

 

 

07/03/2015

Nathalie Nabert

 

De nos mains sèches

et frileuses, qu’avons-nous fait 

du jardin d’argile 

et de la prouesse du lys ? 

Gardien fantoche de l’enclos, 

qu’avons-nous fait 

de nos corps visionnaires 

rêvant de lunes incertaines ? 

 

in Eclats

 

 

06/03/2015

Claude Caillot

 

 

Dans la nuit où couvent des rêves de dérive,

les lampadaires ont des yeux de bêtes malades.

 

 in La solitude du poète

 

 

Delphine Geste

 

C’est difficile de manger la vie

 Quand l’amour n’a plus de dents

 

 

Alexandre Vallasidis

Quand écrire ne suffira plus, ni sa clarté, ni son fouillis, ni les images retournées du corps à secourir. Quand j’aurai raté de peu la vie délicate dans ce coin du monde, ce trottoir doucement inquiet, les jeunes gens, le soleil de biais, la marche lente.

 

 (…)

 

Quand je serai cloué pour de bon à cette ville, lavé de toute enfance, nu, cherchant dans la grande avenue commerçante un morceau de ma clavicule ou de mon sein ; criant, marmonnant, parlant…

 

 (…)

 

Et que j’aurai rejoint dans le plus grand des silences cette confrérie, dans ma ville, des sans logis, sans famille, sans merveilles de l’orient en poudre et sachets, sans guenille, sans histoire. Quand je serai cette ville. Quand je sauterai de haut, et disparu, démuni du fiel, et cousin du safran ou du pin, aimé, chéri.

 

 Quand je gisant menu…

 

 

 

 

05/03/2015

Jules Supervielle

 

Ne touchez pas l’épaule du cavalier qui passe,

Il se retournerait et ce serait la nuit.

 

  in L’allée

 

 

04/03/2015

Keltoum Staali

 

Alger jette sa baie de lumière

 Au ciel effilé d’éclats

 Parenthèse d’azur la mer

 Courtisane aux pieds lascifs

  

Je cherche des pinceaux pour déjouer la brume

 A l’horizon laiteux

 Cette démangeaison du ciel au goût de fruit

 

 in Lumière

 

 

 

Fiston Nasser Mwanza Mujila

 

Seigneur, les mitraillettes marmottent à tue-tête.

 Nos dents n’ont rien mâché depuis belle lurette.

 Depuis dix mille ans le sourire s’est exilé de nos visages

 Car avec rage des roquettes font des commérages

 

 

in Prières aux dieux

 

 

Werner Lambersy

 

Ma vie est assez pleine : rien de spécial : quelques mensonges qui se prennent pour des vérités afin de survivre, sidéré, stupéfait, tétanisé devant la beauté du monde et la médiocrité féroce du genre humain. Mauvais genre d'ailleurs

 

 in La nostalgie de l'hérésie

 

 

Diane Meunier

 

 Il y a dans ma tête

 Une bête

 Qui ricane quand je parle

 Aux gens

 Intelligents

 Sans bête

 Dans leur tête

  

in Poèmes en poche

 

 

Diane Meunier

On fera la course en sabots de cheval, les pieds dans le même sac d’étoiles

 On fera de grandes fêtes en l’air pour faire lever toutes les têtes

 On jettera nos épluchures sur les toitures et des confettis de papier-toilette

 Aussi des plumes bien dures pour faire tomber les maisons et libérer les rues

 Et que les arbres dansent tout nus pour ne pas qu’on les voie

 Nous chercherons d’autres pays qui n’existent pas

 (alors on en inventera)

 Et aussi des endroits sucrés où on se lèchera les pieds

 En bouquet de violettes

 Ça sera chouette !

 

in Poèmes de poche

 

 

03/03/2015

Patrick Devaux

 

lune

 

  

poudre blanche

 nocturne

  

 

ombragée

 d’une chouette

 

  

et

 comme

 impalpable

 

  

l’éclatante

 lumière