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06/02/2015

Proverbe khmer

 

Le poisson attrapé est toujours petit,

le poisson échappé est toujours grand.

 

André Laude

 

 

 

Un enfant marche en sifflotant aux limites du visible

il n'a pas du tout l'air craintif.

 

A ses tempes des boucles de neige doucement tremblent

Il est du pays d'au-delà des moissons déchiquetées

par les pics d'au-delà les grands murs lépreux qui se taisent

Il est du pays des alchimistes et des brûleurs de souches pourries

 

 

in 19 lettres brèves à Nora Nord

 

 

04/02/2015

Jean-Yves Vallat

 

Souffles jumeaux de la marche et du métier de se taire. Celui de renoncer au silex des mots, à leur envie de puissance, à leur impatience de torrent, eux qui devraient toujours se cantonner à la source, où l’ombre porte encore nourriture et secret. 

 

in Itinéraires vers le silence

 

 

03/02/2015

Alain Suied

 

Nous perdons toute chose

 Et le rêve à chaque

 Instant

 Se recompose

 

 

01/02/2015

Jean Gédéon

 

Une ouverture sombre et à l’intérieur,

 des siècles de fantômes dépenaillés

 grimpant à l’assaut du pays de cocagne.

 

in La peur

 

 

Eric Simon

 

Tout est devenu d’une incroyable simplicité 

Même les montagnes on peut les voir à plat 

De temps en temps pourtant la mer se soulève 

Et rappelle qu’il reste encore des innocents

 

 in Chose Dite

 

 

Michel Talon

 

Parfum 

Comme un éclair 

Dans les rues à rimmel. 

 

Dans les fin fonds du ciel, 

tout s’ouvre, tout se ferme : 

Un brouillard d’anges 

donne le ton, dessine un visage. 

 

On va vers le sommeil

Sans laisser d’adresse. 

On ne sait déjà plus pourquoi.

 

  in Paris : les Halles

 

 

 

 

Keiko Niwa

 

Foulant les ombres,

 Je marche d’un arbre d’hiver

 à un autre arbre d’hiver.

 

 

Seishi Sagawa

 

Les feuilles de ginkgo

 tombent

 en forme de clair de lune.

 

 

 

31/01/2015

Jules Supervielle

 

Cependant mille moutons usés par les clairs de lune

Disparaissaient dans la nuit décocheuse de hiboux.

 

  in Débarcadère – Le Gaucho

 

 

Jules Supervielle

  

Je suis si seul que je ne reconnais plus la forme exacte de mes mains.

Et je sens mon cœur en moi comme une douleur étrangère.

 

 

30/01/2015

Régis Belloeil

 

Oui, le temps presse de se souvenir 

Que rien n’a changé 

Mais que tout est 

autre

 

 in Nostalgie

 

 

Charles-Ferdinand Ramuz

 

Il n’y a plus de solitude là où est la poésie.

 

 

29/01/2015

Charles Baudelaire

 

Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. 

 

in Le spleen de Paris

 

 

André Laude

 

un seul visage qui s'avance avec les pépiements
d'oiseaux les brindilles sèches de l'aube
et le sang exalté fourbu fracture majestueusement les tiroirs
des marées
une fiancée touchante danse dans le globe de la lampe
une loutre bleu tend son long cou de fenouil
le plus clair de mon temps scintille aux tempes du matin neuf
un seul visage qui s'empourpre de gestes d'amour de baisers fluides
un seul visage un rire cassant la glace le reflet dans une vitrine
d'un Passage d'une mouette qui proclame la fonte des ombres
une brouette chargée de soleil roule le long de l'avenue
contemplée par des fillettes en tabliers de silence
un seul visage qu'on accueille avec cette inquiétude de l'adolescence
griffée par les rumeurs et les appels
qu'on accueille avec des fleurs de neige et de mutisme
qu'on soulève au creux des paumes jusqu'à la lumière vraie qui
coule des pierres des métaux des corps humains
dans la ville les fêtes se rassemblent et convergent vers
une poitrine de feu
les morts se dissolvent dans l'éther léger de l'instant

 

in 19 lettre brèves à Nora Nord