Banksy - The Migrant Child

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La toute-puissance des mots est toujours là, mais c'est une toute-puissance ayant fait la preuve que les mots lorsqu'ils perdent toute authenticité, donc leurs racines viscérales, peuvent devenir les instruments indifférents, ou radicaux, d'une déshumanisation bien réelle. Sous la dictature, nous savons ce qu'il en est du langage : resserré sur son mensonge, calibré pour emprisonner soit l'âme, soit le corps ou les deux. En démocratie, le langage est vidé de ses sens importants. Il est désincarné, réduit à une parlote donc l'efficacité n'a d'égale que la médiocrité de ceux qui en commercialisent ou en politisent l'usage. La démocratie nous donne l'impression que la parole s'y libère. En fait, la parole ne libère que des pensées dont l'aventure est déjà terminée, qu'elles s'appellent préjugés ou à priori, issues du grand bazar des concepts immuables, à vocation dogmatique.
in La libération de la parole
Lettres vives éd., Coll. Entre 4 yeux, novembre 2000

Roule, grande boule, fourmilière de consciences, terre,
roule, teintée d'aurore, chapée de crépuscule, d'aplomb
sous les soleils, nocturne,
roule dans l'espace abstrait, dans la nuit à peine éclairée,
roule...
in Poésie d'Alvaro de Campos

probablement importée du Grand Nord
elle essaie de me dire quelque chose
avant de repartir d'où elle vient
et certains abusent :

Quand il n'y aura plus rien
qu'une terre nue
un chemin ascendant
vers le néant
que les nuages
ne seront plus
gorgés de pluie
que les corbeaux
s'entretueront
pour un grain
imaginaire
nous nous partagerons
le vent sec
à la table du silence

Trois cabanes blanches aux Saintes-Maries (1888)

Entrée d'une carrière près de Saint Remy de Provence (1889)

Jardin à Arles (1888)
