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21/07/2019

Dorothea Lange - Corn Boy, Southwest - Usa - 1920's

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Martín Caparrós

 

L’éthanol nord-américain est fabriqué à partir de maïs, une de leurs principales cultures. Les Etats-Unis produisent 35 % du maïs mondial, plus de 350 millions de tonnes par an.  Selon une loi fédérale, la Renewable Fuel Standard, 40 % de cette céréale doit être utilisé pour remplir les réservoirs des voitures. Cela représente près d’un sixième de la consommation mondiale d’un des aliments les plus consommés dans le monde. Avec les 170 kilos de maïs nécessaires pour remplir un réservoir d’éthanol-85, un enfant zambien ou mexicain ou bangladais peut survivre toute une année. Un réservoir, un enfant, un an. Et l’on remplit chaque année près de 900 millions de réservoirs.

in La faim

 

 

 

 

 

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Dorothea Lange - Un métayer de l’Arkansas expulsé s’installe à Hill House, Mississippi - 1936

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19/07/2019

Pedro Laza - Cumbia Del Monte

 

 

 

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Sid Grossman - Guatemala, 1945

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Pablo Neruda

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Yves Bassot - Manaslu, Népal

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Şehmus Altay - 1981

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Jg Tartar(e)

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Jg Tartar(e)

 

 

- TARTAR(E), A QUOI TU PENSES ?


- Vite dit ? Aux chants du monde, aux drapeaux de prières tibétains, aux talismans gravés d’incantations : abraxas, ostracas, phylactères et autres pierres que les ancêtres glissaient entre les mâchoires des morts. On les appelle Loungta, ces drapeaux flottant sur les temples de l'Himalaya où les analphabètes passent courbés sous l'étagère de livres saints, où l'étudiant nettoie sa tablette d’écriture puis boit l’eau mêlée d’encre pour que les sons sacrés ne subissent pas l’outrage de l’égout, son maître a le corps tatoué du nom de son dieu répété 108 fois. Je pense aux Dogons, aux signes qu’ils dessinent sur le sol et qu’un renard transformera en récit divinatoire, je pense à l'Australie, au shaman assis en tailleur qui chante l’univers en lisant les veinures d’une pierre affleurante tandis qu’à Bora Bora, un Ariori enseigne l'astronomie à grand renfort de coquillages.

Je pense au cosmos tapi dans la lettre, fœtus lové dans le signe, et je m’interroge : le vent, le chant, la lettre, l’encre boisson, l’homme livre, le renard devin, le signe noir et son homonyme blanc. Le signe... le son « signe », le mot « signe » et son anagramme, « singe », je m’interroge sur la copulation des signes et la peau de banane sémiologique, je pense à cette famille amérindienne scalpant un typographe yankee pour lui piquer son matériel et inventer une nouvelle écriture, les mouches tournent autour du cadavre, combien d’alphabets sont morts, combien de fois la violence accoucha-t-elle de sublime dans les tempêtes de l’Histoire ? On s’en fout, comme dit Bruno, 20 ans : « chaque question est une apocalypse ». 
« Qui est lettré ? » demande Gengis Kahn aux vaincus de Samarcande. « Moi, je prends des cours » répond opportunément un malin qui craint la décapitation promise aux analphabètes... 
Me trouver face à un objet sans nom me rend perplexe, mais me trouver face à une définition sans nom, me rend fou ; qu’un seul mot m’échappe et je m’acharne, je veux tous les mots, tous les outils de la langue, les mots clefs, les mots à molette, les mots de serrage, à pipe, le mot de 13, mots crocodile, les mots dynamométriques, à griffes, à douille ou à mâchoires dentées. 
A mesure que se remplit ma boîte à mot, que s’équipe mon atelier de mocanique, mon fictionnaire, je trouve ça et là des brimborions, des machins inutiles mais que j’aime bien, j’ai trouvé "philtrum" et là... Je ne sais pas où il est, le nom de la chute de reins, j’ai trouvé sérendipité, périzonium et hapax, ça y est, la lordose, la chute des reins, c’est la lordose, et la taroupe qui buissonne sur la glabelle...

« Je suis épuisé » dit le grand lettré Littré ayant achevé son dictionnaire, épuisé d’avoir rameuté les mots, le troupeau est au complet. Oui... mais il manque pour nourrir son vertige d’autiste, de Noé sauvant les ani-mots, il manque les mots exotiques, 7000 langues, 100 000 mots par langue, 700 millions de mots, soit 1 milliard avec les mots disparus des langues connues, les mots des langues disparues, inconnues et inventées, novlangues pérennes, néologismes éphémères, protolangues évanouies, idiolectes secrets bavardages de aras, argots et jargons. Le dictionnaire universel pèsera 3 tonnes de papier, soit 60 000 arbres, un bois carré de 244 mètres de côté, 6 hectares de peupliers de 10 ans plus une étagère de 180 mètres linéaires soit deux sapins que l’on aura eu soin de planter à distance des peupliers pour leur éviter un stress acide. A raison d’un mot par minute, huit heures par jour, il faut mille ans pour achever cet ouvrage de 60 000 volumes et plus d’un siècle pour le lire, sans les citations qui pour faire complet ce dictionnaire devront être exhaustives, en rapportant tout ce que les hommes ont dit depuis qu’ils disent. Or chaque homme prononce 150 millions de mots dans sa vie. Multiplié par 14 milliards en ajoutant les morts, cela fait, soustraits les muets, les chartreux et autres profanateurs de boucan : à 15 mots par citation cela fait 15 fois 10 puissance 17 citations, divisé par 10 puissance 5 mots : 1500 milliards de citations par mot ce qui est excessif, on en conviendra, dommage que les hommes ne pratiquent pas l’antelogosheptagyrolingus, nom masculin, néologisme signifiant « tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ». Ne nous laissons pas impressionner par ces nombres faramineux, l’infini est encore loin et une approximation nous révèle que ce qu’a dit l’humanité à raison de 3 postillons par mot remplirait à peine un volume de 1000 mètres cube, soit l’équivalent d’une mare de salive que j’imagine peuplée de rainettes en symposium, séminaire, colloque, coloc, coloc, coloc, batraciens suppliant l’homme, leur gargouille, de remplir leur mare de grenouille : coloc, coloc, parle, bavarde, babille, bavasse, bagoule, fais-en des tonnes, enfume embrouille endort étonne, cause débat discours jacte conférence, meuble le silence, clame réclame acclame déclame blâme, slame enflamme l’âme, roucoule chantre libéral, cigale du capital. Théorise rhétorise terrorise rhéteur retors, rétorque pied à pied, en prose ou vers à pieds. Harangue tribun, invective, parlemente, qu’importe pourvu que tu mentes ! Foudre d’éloquence et trait d’esprit, logorrhée loquace, boutade la répartie, patrocine ratiocine, sois épique et pique et calligramme, pointe parole et loquèle l’épigramme ! Coasse, sermonne, apologise en éloge volubile, faconde abstruse et verve féconde, scande scalde logographe aède abscons, laïus prolixe, verbum parnasse versificato logos, amen... ta fraise !

« Tu te souviendras et tu n’en finiras pas de raconter », tel est le sens du mot hébreu zakkor.

Mémoire et narration, zakkor, d’accord, je suis là, chauffé par une colère contre les CMPS, les couilles molles de la pulsion sécuritaire, vigiles qui m’ont brisé la mâchoire dans un festival de poésie. Il me fallait des mots contre ces vigiles, ces cerbères qui confient l’éthique aux chiens, des pierres contre leurs caméras de surveillance mais on ne dit plus caméra de surveillance, on dit caméra de protection et bientôt on dira caméra de survie, ce sera comme au Chili sous Pinochet, mais on ne dit plus Pinochet, on dit « sextoy ». Sextoy, c’est un xénisme, synonyme de pérégrinisme, signifiant « mot qui voyage », exemples : « dollar », « dealer », « harakiri » ou « Samlekhana », suicide par inanition, mot qui m’est tombé dessus à Sravanabelagola, Etat du Karnataka, en Inde, auprès d’un ascète mourant.

Assis en tailleur, n’ayant rien mangé depuis des semaines, il approche son visage du mien et parle : chaos de langue, humections, sussions de joues creuses, dentition en ruine, salivation brune, une haleine d’épouvante, exhalation de charnier, cliquetis, mâchouillage, mâchonnage de berblication, il ouvre, cale, aspire, renifle et crache !

Il... parle, mû par quelque urgence, en trahison de silence, en contorsion de langue qui bondit, colle au palais, racle une gencive, replace une dent et disparaît dans la béance de sa gorge où je m’engouffre, et je suis tout entier là-dedans, dans l’ahurissant slam de l’âme, d’où je m’arrache pour aussitôt me fracasser dans son regard de cobra millénaire. Œil pâle, étang de douceur… Bulle d’éternité. Mort. J’observe cela... Cette dépouille, me voici face à une définition... me manque le mot. C’est Shankar, l’épicier du village qui me l’a offert : Samlekhana, et depuis ce mot m’accompagne, il voyage jusqu’en cet instant, dans mon Zakkor qui se vide malgré moi, dans le non agir, Wu Wei disent les chinois, encore un pérégrinisme que je chevauche, comme la devise d’un FDM fouteur de merde ou, si vous préférez « fauteur de mésintelligence » qui se bat les couilles de toute préciosité, atticisme, artistisme, gongorisme, maniérisme, marinisme, mignardise, pétrarquisme et autres pindarisme cavalcadour.

Ainsi je définis les mots, je confesse que « définir » m'est le mot le plus précieux puisque je l’entends comme dé-finir, libérer un mot de sa fin, entendue comme but de l’auteur précipitant la fin du mot.

Je libère les mots de leur page, de leur cage. Page et cage étant voisins, j’appris par hasard qu’ils étaient paronymes, et je me mis à collectionner ces jumeaux : ataraxie/ataxie, sondage/bondage, chresmologie/chrestomathie, conjoncture/conjecture, escapologie/eschatologie, florilège/sortilège, idiologie/idéologie, périœcien/ périscien, copuler/poculer, subvention/subversion et puis je trouvai ces triplés : chéromanie, chiromanie et chironomie qui signifient masturbation, conduite d’un orchestre et gaité excessive, j’ai oublié dans quel ordre. 
Lautréamont me souffle : récolte et révolte. 
Me croirez-vous si je vous dis que mon ordinateur corrige automatiquement « chants de Maldoror en « chants de Marlboro » ?

Faut-il que je change d’ordinateur ou de siècle ? Peut-être de pays, ce qui est mon lot : errer en gyrovague.

Gyrovague : nom masculin, sorte de clochard céleste, nomade qui préfère donner de la paille au cheval que du blé au notaire. Le gyrovague a pour ancêtres le moine Chan, l’orphéotéleste grec, le yogin tibétain, le tantriste indien friand d’impureté anti sociale, le goliard, moine défroqué protestataire et libertin. Parmi ces musards des siècles et autres pérégrins de la planète, on rencontre encore l’Ariori tahitien, le rishi de purana dravidien, le baguenaudeur Baul, le bellure de hudhud, le griot niamakala guinéen, le flâneur de Namsandang Nori, le punake de lakalaka, le Babalawo Ifa, le griot burkinabé, le lybon massaï, le asik tatar, le saltigué Sérère et la folle de Toulouse ; tous trôleurs, galfâtres et frelampiers plus ou moins oracles métaphrastes, ovates parémiologues ou chrysologues déipnosophes comme le iourodivy yacoute tolstoïen tous aux semelles de vent comme le gymnosophiste, ascète jaïn, qui vagabonde nu...
destination le silence.

 

Jg T.

 

 

 

  

  

 

  

  

  

17/07/2019

Senem Diyici Quartet - Dolama Dolamayı

 

 

 

 

 

 

 

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Şehmus Altay

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Les Hurleurs - Pigeon

 

 

 

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Georges Brassaï

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16/07/2019

MA DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

Je suis une artiste autodidacte, n’ayant suivi aucune formation artistique spécifique mais pratiquant depuis toute jeune, pour ainsi dire depuis l’enfance, de façon très intuitive toutes sortes d’activités manuelles : peinture, collage, dessin, modelage, etc.… Et c’est exactement à la façon de l’enfant que je continue à m’extasier en maniant matières, couleurs et textures. C’est une passion et une impérieuse nécessité, et si œuvre il y a, elle est l’aboutissement d’un cheminement qui se suffit à lui-même. Ensuite vient le plaisir de partager, plus que celui d’exposer, partager et recueillir avec toujours le même étonnement et toujours autant d’émotion, la réaction, la sensation de l’Autre : chaque réaction raconte quelque chose à propos de cette brève, mais jamais anodine, rencontre entre une création qui a jailli entre mes doigts et celle ou celui qui la regarde, la touche, la questionne.

 

Les matériossages sont une expression concrète de mon profond amour de la nature, des années et des années de glanage au coup de cœur : une pierre, une racine, une branche, un coquillage, une graine, un morceau de verre poli qui m'appellent...  Trésors. Puis vient le travail d'assemblage et pour cela je me laisse plonger dans un état baigné d'une sorte de magie primitive, ce sont les matériaux eux-mêmes qui me guident et à travers eux la nature qui me les a généreusement confiés. C'est un travail très intuitif et je suis persuadée que chacune de ces créations se charge d'une énergie spécifique et bénéfique. Parfois un apport extérieur vient s'y rajouter comme une évidence, issu de récupération et de recyclage.

 

Dans ma pratique artistique générale, j’use autant que possible de matériaux récupérés et de médias non toxiques pour l’environnement, ce qui limite d’une certaine façon les possibilités mais la contrainte est aussi un matériau que j’aime utiliser, contourner, transcender. C’est un jeu. J’aime également expérimenter sans me mettre de barrières, sans jamais être (ou presque) sous la pression d’un résultat et encore moins la nécessité d’ « avoir un style ». Tout ce que je considère comme raté, devient matière première de futures créations, rien n’est jeté. C’est un besoin de cohérence avec une certaine éthique que j’applique par ailleurs dans ma vie quotidienne et c’est ce que j’aime transmettre aussi aux enfants à travers mes ateliers.

 

De la même façon que je considère la poésie comme une des multitudes de formes possibles d’art, dont la matière première serait ici les mots et les sonorités, je considère ma pratique artistique comme une forme de poésie. Les deux ont en commun une quête, un questionnement sur notre véritable essence.

 

L’art est donc pour moi un espace de totale liberté, une bouffée d’air ludique, ma création est spontanée, c’est un art irréfléchi, une sorte de transe : n’étant en aucune façon technicienne en ce domaine, je tente simplement de donner forme à ce qui me traverse et cela me met en résonance avec des dimensions qui échappent à toute tentative d’explication. Ce qui m'importe : quand le faire fusionne avec l’Être.

 

De créature à créateur, quelque chose est là, immense.

 

Cathy Garcia Canalès

 

 

 

Mes blogs qui présentent l'ensemble de mon travail artistique :

http://materiossagesartnaturel.hautetfort.com/

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...

https://gribouglyphesdecathygarcia.wordpress.com/

 

 

Une partie de mes créations est en expo permanente à la boutique Fourmillard 60, rue du Portail d'Alban à Cahors (Lot)

 

 

 

Un article à mon propos (2009) et une interview sur le site d’Arts-up :

http://www.arts-up.com/JPGP/JPGP_Cathy_Garcia.htm 

http://www.arts-up.info/interview/interview_cathy_garcia....

 

 

 

Carl Orff - O Fortuna ~ Carmina Burana

 

 

 

 

 

 

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