Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

FUSIONS POÉTIQUES - Page 107

  • Liana Nakashidze

    Liana Nakashidze1_.jpg

     

     

    Nos mains dépliées

     Les dés d’argile roulent

    Comme des perles

    Les bêtes de potence

    Sautent des falaises

    Nous jetons leurs os

    Dans les vasques de brume

    Là où les crapauds boulimiques

    Mangent des braises d’orage

     

    cg in Mordre les temps de morts, 2013

     

     

     

     

     

     

     

  • Josef Sudek

    josef sudek-miche-de-pain.jpg

     

     

    Nous ne cherchons qu’à combler le manque et nos béances ne sont pas les mêmes. Nos pains d’ennui, nos charges de nuit, les journées entonnoirs où filtre l’espoir.

     

    cg in Chroniques du hamac, 2008

     

     

     

  • Jan Mankes

    JanMankes.jpg

     

     

    « Combien ça dure une poule », me demande ma fille,

    et je m’entends lui répondre « ça dépend des piles ».


    cg in Calepin paisible d'une pâtresse de poules

    (Ed. Nouveaux Délits - Coll. Les Délits Vrais n°2, 2012)

     

     

  • Stephan Fürnrohr

    Stephan Fürnrohr 96.jpg

     

     

    Contempler jusqu'à renverser le monde, passer de l'autre côté du fameux miroir. Le verre conjugué à la lumière est une porte, l'eau mariée au ciel est une porte également. Le reflet devient réalité à part entière et l'autre dans le reflet, c'est moi, mais ce n'est pas moi. Cela me ramène encore à l'idée du double dans le miroir qui se met à vivre d'une vie propre. Où finit le conte et où commence le cauchemar?

     

    Et si le double du miroir possède lui aussi un miroir ? Et nous voilà, multipliés à l'infini, un sens au mot éternité.

     

     

    cg in Journal 1997

     

     

     

     

     

  • Stephan Fürnrohr

    Stephan Fürnrohr 25.jpg

     

    Tant de bouches assoiffées, d’offrandes transparentes à la coupe du monde.

    Oublier les mots, manger les mots. Chamade des nerfs. Neige majuscule.

    Césure magicienne, le geste qui ouvre la mer.

     

    cg in Le poulpe et la pulpe

    (Cardère éd. 2011)

     

     

     

     

  • l'oeil & la plume : complainte des mendiants de la Casbah & de la petite Yasmina tuée par son père ( fragment VII )

    à lire sur : http://jlmi22.hautetfort.com/

     

    casbah ismail-ait-djaferneg VII.jpg
    texte de ismaël ait djafer  1951                                                                  collage jlmi  2014

     

    Je vous insulte

    Hyènes et chacals

    Avec toutes les injures de mon

    Alphabet

    Et je vous jette au crâne

    toutes les potiches de mon

    impuissance

    Car

    Hyènes et chacals

    Vous meublez le long tunnel de votre ennui

    Des dimanches et des jours creux

    Avec le casse-croûte des faibles

    Et vous en tapissez les murs avec la chair

    De poule des gens qui dorment dans les

     

    Igloos des nuits d'octobre

    Parlez-moi

    De plaisirs quand les gens criant famine et

    Désolation

    Mettent en marche le phonographe de leurs plaintes

    Et battent

    Les tambours de leur misère

    Sur une place publique

    Personne

    Ne s'arrête

    Rien ne compte plus

    Que ce vide des ventres

    A combler qui résonne comme une orgue

    Dans les crânes des abrutis satisfaits

    Comment pouvez-vous vivre, gens de l'argent et de caviar avec ces poux

    Que vous ne grattez pas?

    Comment pouvez-vous avaler la pâtée

    Gens de cravates et parfums que les cravates

    N'étranglent

    Pas et que le parfum

    N'étouffe

    Pas?

    Comment pouvez-vous caresser vos femmes, lisser votre moustache,

    Hausser les épaules, acheter un timbre, applaudir le Cid au théâtre

    Des vies, distiller l'anis de vos satisfactions dans l'alambic de vos

    Gosiers de pierre, marcher les pieds au sec et la tête dans un chapeau

    Curer les ongles de vos chiens, avoir des enfants, tambouriner

    Des doigts sans honte, aller la tête haute et le coeur lourd, rire du rire

    Faux

    Des gens sans conscience, mâcher le chewing-gum des ânes désabusés,

    Décortiquer la croûte

    D'un poème

    Ou la coque d'une chanson pour en avaler sinistrement le fruit

    Se dire comblé

    Se dire ravi

    Se dire heureux

    Se dire bon

    Se dire humain

    Quand les saltimbanques de la misère

    Chantent

    Et dansent

    Le ballet des petits pains devant des banquettes vides

    Quand les clowns

    poussifs

    Epoumonés

    Tuberculeux

    De la charité

    Soufflent dans le tube de leur intestin grêle

    Pour bien vous montrer qu'il est

    Vide

     

     

    (d'après, Editions Bouchène, Alger, 1987. N° d'édition 001/87. Dépôt légal 1er trimestre 1987. Re-publié  par le n°10 de la revue Albatroz, Paris, janvier 1994).

     

    Source   http://albatroz.blog4ever.com/ismaal-aat-djafer-complaint...