Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

CATHY GARCIA-CANALES - Page 810

  • Pascal Perrot

     

    Faudrait voir à cesser de nous prendre pour des cons

     Bon, bien-sûr, je ne dis pas que quelquefois, peut-être…

     Hier, on est allé à la chasse aux poètes

     Faut pas croire, ça giboie, et en toute saison

     

    Ce qui vole à douze pieds, c’est pas d’la petite bière

     C’est du gibier, mon gars, qu’on prend plaisir à voir

     Les ailes déployées pour cinq minutes de gloire

     Entre nous, on le surnomme « les beaux de l’air »

      

    in La chasse aux poètes

     

     

     

  • Auteur inconnu - Monument to the Great Fire of London

    spiral-staircase-fish-hill-london.jpg

     

     

    Je me protège, car c’est dangereux. Je me protège de l’autre et de moi-même. Le cercle me ramène à lui mais comme sur le tour, le cercle est en fait une spirale et l’infini c’est moi, l’infini c’est l’autre.  Nous ne faisons que monter et il est toujours possible de recommencer, à l’infini nous sommes malléables. Matière première.

     

    cg in Calepins voyageurs et après ?

     

     

     

  • André Laude

     

      

    J’ai toujours peur

     de mon visage

     dans le regard de l’autre

     J’ai toujours peu parce qu’obscurément je sais

     que je suis coupable de tout

     

      

    Pensez :

     Je viens d’ailleurs

     Ma voix est rauque

     je suis différent

     Mon sang

     a coulé d’un feuillage inconnu

     ici

     j’ai toujours peur

     Et pourtant

     j’aimerais avec chacun

     parler

     de la pluie

     et du beau temps

     leur montrer à tous

     les vieilles photos jaunies

     de là-bas

    du pays

     

    Mais je ne peux pas

     faire le premier geste

     car j’ai toujours peur

     Mais je vous demande

     Pardon

     

     

    in Avec ma gueule de métèque

     

     

     

     

  • Joshin Luce Bachoux

     

    « Que fais-tu grand-mère, assise là, dehors, toute seule ? »

    Eh bien, vois-tu, j’apprends. J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente, à regarder au lieu d’être regardée. J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du cœur qui bat trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

    « Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ? »

    J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux, j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place, et à vivre dans le silence. J’apprends à garder les yeux ouverts et à écouter le vent, j’apprends la patience et aussi l’ennui ; j’apprends que la tristesse du cœur est un nuage, et nuage aussi le plaisir; j’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser.

    « Grand-mère, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ? »

    Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains, à accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée ; parce qu’avec l’élan de la vague et le long retrait des marées, j’apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux. J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs. J’apprends qu’on avance mieux en se donnant la main, que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille. Que la route est sans fin, et pourtant toujours exactement là.

    « Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu donc grand-mère ? »

    J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant, j’apprends à être vieille !

        in J'apprends