Alain Di Meglio
Le figuier s’est dépouillé :
Ses branches nues
Laissent ici et là
Quelques fruits ahuris.
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Le figuier s’est dépouillé :
Ses branches nues
Laissent ici et là
Quelques fruits ahuris.

Je sais la force des mots, la force des mots tocsin.
Pas de ceux-là qui savent ravir les foules.
Des autres, qui de terre feraient sortir les morts,
Et les cercueils défilent d’un pas de chêne sonore.
Souvent, ni lus, ni imprimés, les mots tombent au panier,
Mais ils en sortent et ils galopent le mors aux dents,
Tonnant pendant des siècles et les trains viennent en rampant,
Lécher leurs mains calleuses.
Je sais la force des mots. Moins que rien.
Moins que des pétales sous le talon d’une danse.
Et l’homme pourtant, de toute son âme, des lèvres, de la carcasse…

La sève ruisselle. Son chant écorce l’univers
et la nuit frissonne en songeant au festin.
cg in Les mots allumettes (Cardère 2012)

mais combien de fois ai-je oublié mon nom
combien de fois me suis-je oublié parmi vous
je suis parfois si loin de tout
un vagabond enjambant son humanité
in Sang & Broussailles





Les morts éclaboussent les ruines.
J’apprends les songes et les cailloux.
in Sang & Broussailles

L’incendie de créer n’appartient qu’à ceux qu’un désert peut nourrir
in Architecture nuit





ne pas dire le cri
déjà sorti des gorges tranchées
seulement étancher sur le sable
le sang non encore bu
La guerre a toujours
Sur le tableau de l’histoire
Reçu la consigne
D’effacer
